jeudi 30 juillet 2015

htgawm (murder) le sexe et le consentement : le cas de l'alcool

La saison 1 de murder sur m6 est finie (et je suis triiiiiiste). Et il y a eu un détail qui m'a profondément marquée parce qu'il est génial de pédagogie.

Je parle de Connor et Oliver (j'avais prédit qu'ils finiraient mariés avec une maison et un chien. Et ça en prend le chemin). Pour ceux qui n'ont pas suivi la série : Connor est gay et volage. Ultra volage. Au test VIH, l'infirmière lui demande combien de partenaires il a eu l'année passée.
- à peu près ? Vingt...
- ça fait moins de deux par mois.
- Ah, heu... Ben un peu plus alors. Trente. Ou quarante.

(j'ai pas trouvé l'auteur de ce cool fanart :( )

Vous voyez le tableau. En plus il est beau. Et Oliver est sensé être moche (dans le scénario et les dialogues. Mais pas à l'écran). Leur relation est profondément asymétrique : Connor (le beau volage) l'aime bien. Olivier (le moche stable) est fou amoureux de lui.
A la fin de la saison on en est à un stade où Connor tente de re sortir avec Oliver. Qui lui dit que c'est dur, mais qu'il ne veut plus être en couple avec lui.


Et puis ils rentrent d'un dîner. Connor n'a rien bu. Oliver est saoul comme une barrique. Et pendant qu'Oliver essaye de déshabiller Connor en lui disant qu'il a envie de lui, Connor répond :
Moi aussi, mais pas quand tu es saoul
Il l'aide à se coucher et part.

Soyons claire. Ce n'est pas un "pas quand tu es saoul, ça me dégoûte", mais un "pas quand tu n'es pas capable de faire un choix éclairé"
Je veux entendre plus de message comme celui-la : qu'une personne bien n'accepte pas de coucher avec quelqu'un qui a un jugement altéré.

Et ça me rappelle une autre scène. Qui aurait pu être ma préférée si elle n'impliquait pas également un rapport sous emprise de l'alcool. Je parle de Bonnie et Asher.

Eux aussi dans une situation asymétrique : Asher est amoureux de Bonnie, jeune (et bête, Oh Mon 2 qu'il est bête). Et Bonnie est son patron. Bonnie débarque saoul et Asher émet des réticences, que Bonnie envoie bouler en disant qu'elle est une grande fille et sait ce qu'elle veut. Et en l’occurrence, elle se comporte très mal avec Asher.
Bref, cette scène laisse un goût amer (même si j'aurais adoré adorer cette première fois maladroite, touchante tant elle est misérable).

Oh oui Bonnie, moi aussi je le trouve insupportable

En tant que mormone, je n'ai jamais bu. Mais la notion de consentement me parait fondamentale et on en parle encore trop peu (et vive Connor et Oliver)

vendredi 17 juillet 2015

Murder sur M6, des noirs, des femmes, des gays. Pas une histoire de quotas.

En tant que femme blanche, j'ai tendance à réclamer de la diversité, mais je ne suis pas très douée pour la créer moi-même quand j'écris des histoires. Et dans les faits, je suis souvent déçue de l'aspect quota : quand un personnage est là parce qu'il fallait un black et que son perso est tout niais et sans épaisseur.
J'ai regardé Murder sur m6 parce qu'un second rôle de Harry Potter jouait dedans. Je suis restée accrochée parce que... parce que c'est génial. Mais je ne vais pas parler de l'intrigue. Je vais parler de la révolution qu'est Murder en terme de diversité.

Murder est une série racontant l'histoire d'étudiants en droit qui sont embauchés à l'essai dans le cabinet de leur professeur. Et qui se retrouvent impliqués dans un meurtre.

Des noirs, pleins de noirs, et pas qui meurent tués par le sadique psychopathe aux 10 premières minutes.

Pour commencer il y a des tonnes de personnages noirs. Déjà le personnage principal, Wess, étudiant en droit. Mais franchement, mon préféré, c'est Annalise, avocate surdouée, professeur géniale et noire et j'ai le droit de dire grosse ? Dans notre monde, elle serait pas vraiment en surpoids (juste hyper plantureuse), mais dans le monde de la TV, c'est juste génial d'avoir un tel personnage féminin. Bref, Annalise, mon crush, mon méga méga crush de la série. Un personnage complexe, fort et redoutable, mais pas un robot. Elle a des failles (et elle pleure... Beaucoup et très bien, avec de la morve et tout et tout)



Elle est capable des meilleures valeurs morales, comme quand elle reprend le dossier de sa jeunesse pour défendre un cas d'injustice qui l'a révoltée (saison 1 épisode 6 : Habeas Corpus). Elle donne alors un discours puissant sur les inégalités sociales et la communauté noire américaine pendant lequel j'ai ressenti un léger malaise. Droit dans mon petit coeur.
Mais ce qui est aussi délicieux, c'est qu'elle n'est pas non plus le chevalier blanc, quand elle fait par exemple acquitter un meurtrier sans aucun remord (saison 1 épisode 2 : Tel père, telle fille).

Mais il y a également Micaela, gosse de riche (ah ben non en fait, en fin de saison on comprend que non) brillante et ambitieuse, un peu pénible sur les bords : enfin un personnage noir qui n'est pas soit un criminel, soit un gentil super charismatique (bonjour le rôle-quota avec un noir irréprochable et cool). Micaela n'est pas cool. Elle est attachante mais loin d'être parfaite.

Des femmes !

Des femmes de pouvoir (la juge est une femme ! Le procureur est une femme -bon, je l'aime pas, mais c'est une femme) et on retrouve une foule de personnages féminins complexes en second plan. Mais je vais parler en particulier de Laurel qui (SPOILER !) trompe son copain. Oui parfaitement. Et elle n'est pas présentée comme un monstre ou une fille torturée par son état de pécheresse ! Elle est pas très fière d'elle et fait de son mieux pour gérer la situation, mais ça s'arrête là.
Cette fille a trompé son copain. Et on s'en fout.

Je ne suis pas en train de dire que tromper c'est bien. Mais le film est non jugeant et juste. On évite le slut shaming. Et Laurel n'est pas définie par sa sexualité. Elle est d'ailleurs consternée au début de la série quand elle constate qu'elle a peut-être été recrutée uniquement parce qu'elle a tapé dans l’œil d'un des employés.

Des gays, et oui, bon, un peu de cliché

Connor. Connor quoi. Le gay beau-gosse. Et il y a des scènes de sexe gay. Contrairement à d'autres scènes de sexe de la série, celle de Connor ont pour la plupart une véritable raison d'être dans le scénar. (bon, la série est moyennement mormon-proof. On voit pas une fesse, mais c'est bien suggéré). Le cliché au début du gay volage évolue vers un arc un peu prévisible : A mon avis Connor finira marié, avec un chien et une maison. J'adore son petit copain qui est juste... normal. Et ils sont loin d'être les gays flamboyants et efféminés du cinéma. Bref, j'aime Connor. J'aime son histoire d'amour.
Puis le fiancé hétéro-flexible de Michaela. Je le trouve un peu useless. Mais il est là. Pas de lesbienne en vu par contre. Mais bon. On va pas cracher dans la soupe.

Le petit détail des cheveux noirs

Dans de nombreuses scènes, on peut voir Annalise sans perruque. J'ai une petite obsession sur la façon dont les femmes noires n'ont pas le droit d'aimer leur cheveux. J'ai donc surkiffé cette scène. J'ai adoré voire cette femme sans maquillage, enlever ses faux-cil le soir et retirer son postiche. Combien de fois avons nous vu cela dans un film ?

Les couples mixtes, petit bémol

Il y a deux couples mixtes dans la série : Wes et Rebecca. Et Annalise et son mari. 
Wes et Rebecca, le couple bizarre et maladroit de la série

Si le couple de Wes et Rebecca est très validé, celui d'Annalise et son mari est catastrophique. D'ailleurs, Annalise a un amant qui est noir comme elle et son mari a une maîtresse qui est blanche comme lui.  Si cette situation particulière a une raison d'être dans le scénario, je m'interroge. La sexualité d'Annalise est même décrite comme trash par son mari (le cliché de la femme noire à la sexualité animale), mais c'est plutôt dit pour nous rendre son mari antipathique (je l'ai jamais autant détesté que quand il dit à sa femme qu'elle est une traînée parce qu'elle couche avec lui). Bref, je n'ai pas vraiment de recul pour analyser la représentation des couples mixtes dans cette série. Je pointe seulement les différences de traitement : On a un homme noir et pauvre qui a bénéficié d'une ascension sociale importante (Wes) et sort avec une fille blanche et pauvre (qu'il protège en permanence) et une femme noire, riche et populaire (Annalise), dont le mariage avec un homme blanc, riche et populaire, sombre d'une manière glauque et misérable et qui ne se sent bien qu'avec son petit copain noir.

Je finis là mon analyse. Après avoir réalisé tout ça et réfléchie à l'immense richesse de ces personnages, je suis allée voir qui s'occupait de la production (en gros, qui a mis son blé pour faire vivre ce super scénar) : Shonda Rhimes... Une grosse femme noire, scénariste de Grey's Anatomy accessoirement.
Shonda Rhimes, productrice de MURDER
Quelle surprise, si on veut plus de diversité dans les films, il faut plus de diversité du coté de ceux qui les font :)
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...