vendredi 22 février 2013

Les mormons, la prétrise et les femmes

Attention, article extrêmement hermétique pour les non-mormons. Vraiment, j'insiste, je vous avais prévenu.

Je viens de lire un article de féministe mormon (écrit par un homme d'ailleurs) qui m'a rendu triste. Incroyablement triste. L'article prend tous les arguments qu'on avance habituellement pour expliquer que les femmes n'aient pas la prêtrise, et les démonte (avec humour, c'est vrai). Sauf que ces arguments sont faciles à démonter, parce qu'ils sont débiles. Ce sont les arguments de gens qui cherchent des explications à un principe qu'ils n'ont pas compris.

Alors pour certains, les femmes devraient avoir la prêtrise et on nous avance le cas de la prêtrise pour les noirs. Un jour, un jour peut-être.

L'auteur plaisante en disant que si la prêtrise est l'équivalent de la maternité, on a qu'à compter le nombre de mères dans une branche qui n'a pas assez de détenteur de la prêtrise pour la changer en paroisse. Ou encore qu'il faudrait donner la prêtrise aux adolescentes à 12 ans pour la leur retirer quand elles seront mères. A moins qu'il faille leur donner un bébé à 12 ans. Et pour ceux qui disent que la prêtrise sert aux hommes à progresser et que les femmes n'en ont pas besoin puisqu'elles sont naturellement plus spirituelles, pourquoi ne pas donner la prêtrise aux femmes inactives, ou qui portent plus d'une paire de boucle d'oreille, ou qui sont abonnées à des sites féministes. C'est sensé faire rire, c'est sensé montrer à quel point les arguments sont fallacieux. Effectivement, ces arguments le sont. Alors pourquoi je ne me sens pas lésée de ne pas avoir la prêtrise ?

Je pense qu'effectivement il y a une dualité entre la prêtrise et la féminité.

Parce que oui, la maternité est un pouvoir puissant donné aux femmes. J'ai regardé mon fils âgé alors de six mois. On commençait à peine à lui donner autre chose que mon lait. Et je me suis dit que j'avais fabriqué près de dix kilos d'humain pensant. J'ai trouvé ça renversant. Devant un pouvoir si grand, comment douter de la nature divine de la femme ? J'ai acquis le témoignage personnel quand je suis devenue mère qu'aucune femme digne ne sera privée de cette part de sa divinité, que ce soit ici ou plus tard. On peut dire que la paternité est un rôle noble aussi, qu'il faut être deux, etc. Mais la maternité reste un miracle inégalable.

Mais c'est bien parce que la féminité ne se limite pas à la maternité que les femmes et les hommes sont égaux dans leur nature divine.

Oserais-je rappeler que pour rentrer dans un temple, il suffit pour une jeune fille d'être digne et d'avoir plus de douze ans. Alors qu'on attend d'un jeune homme qu'il ait la prêtrise ?
Oserais-je rappeler que les femmes officient dans le temple ?
Oserais-je rappeler que les femmes peuvent faire autant de mission qu'elles le veulent quand les hommes ne peuvent en faire qu'une ?



Du pouvoir est donné aux femmes par Dieu, tous les jours, elles reçoivent des révélations, sont guidées par l'Esprit, font du bien autour d'elles. Ne pas s'en rendre compte, penser que la valeur spirituelle d'un individu réside dans la prêtrise, c'est être aveugle à la grandeur de la féminité. Sommes-nous ou ne sommes nous pas une religion qui dit que les hommes et les femmes sont les enfants de Dieu à la destinée divine ? Sommes-nous ou ne sommes-nous pas dans une religion qui dit que l'homme n'est pas sans la femme et la femme sans l'homme ? Il y a des hommes qui pensent en dépit de cela que les femmes leur sont inférieures parce qu'elles n'ont pas la prêtrise. Et des femmes qui pensent qu'elles ne seront pas égales aux hommes tant qu'elles n'auront pas la prêtrise. La prêtrise c'est le pouvoir de Dieu au service des autres. Penser qu'elle donne le pouvoir de diriger par soit-même c'est se fourvoyer. Penser qu'elle sert à autre chose qu'à servir, c'est se tromper.

Et pour moi, ce débat du "à quand la prêtrise pour les femmes", ressemblait à une discussion de "pour ou contre le pénis". Non merci, j'ai pas besoin d'un pénis pour me sentir bien et avoir de la valeur. En fait, réclamer la prêtrise pour les femmes est hautement sexiste, c'est penser que pour exister aux yeux de Dieu, il faut avoir un attribut masculin.

lundi 18 février 2013

A quoi sert l'hymen ?

Je ne sais plus ce qui m'a amenée à faire cette prière un jour, quoi qu'il en soit j'étais très en colère... En gros, je lui ai dit ça :

"Père Céleste, j'ai une question. Je crois que tu as fait ce corps qui est le miens, qu'il est divinement organisé. Vraiment, c'est tellement complexe et il marche si bien. Tout y a une place, un rôle. Alors dis-moi, franchement, pourquoi l'hymen ? Je comprend la valeur de la chasteté. Je sais que c'est une bonne chose. Mais ce qui n'a pas de sens pour moi c'est de stigmatiser une victime de viol par exemple. Et surtout, si tu nous a donné un moyen de tester la virginité, pourquoi seulement celle des femmes ? La chasteté des hommes n'est-elle pas aussi précieuse et désirable ? Tu sais tout le mal que cause ce fichu hymen, la honte qui s'abat sur la moitié des coupables seulement, quand ce n'est pas sur une victime même. Dans l'histoire, dans le monde, des femmes ont été tuées, répudiées, humiliées. Pourquoi ?"

Voilà, j'étais en colère, je cherchais une réponse à cette injustice. Si Dieu était un Dieu parfait et juste, il n'aurait pas créé l'hymen.

Ma prière est restée sans réponse à cette époque. Pas d'explication. Il m'a fallu attendre un bon moment pour avoir la deuxième partie du dialogue. Parce que finalement, j'ai eu ma réponse. Alors, pourquoi l'hymen ?

L'hymen ne sert pas à tester la virginité. D'ailleurs, le mien n'a jamais même saigné, et il est toujours là (pourtant, avec un enfant et demi, je crois que la question de ma virginité ne se pose plus). Sa présence, comme son absence ne veut rien dire. Le fait qu'il puisse être déchiré n'est la plupart du temps la preuve que de la bourinerie du premier amant (à qui de toute façon on a enseigné, et cela encore aujourd'hui, que c'est normal de faire souffrir une femme la première fois). Et quand il est impossible de pénétrer un vagin sans déchirer son hymen, c'est chirurgicalement que cela devrait être fait. En fait, la forme la plus rependue d'hymen, est dit hymen annulaire. Ce dernier se détendra pendant un premier rapport qui ne se fait pas en force. Il peut également se rompre à d'autres occasions. On parle souvent de l'équitation. La très vierge Marie-Charlotte qui a fait son catéchisme et qui aime les dauphins et passe son troisième galop a donc des chances d'avoir un hymen rompu... Bref, admirez, des jolis dessins d'hymen stylisé (le gris, c'est l'abime sans fond que représente le vagin, pas l'hymen, hein)



Alors dans cette belle machine, faite par Dieu (ou l'évolution pour les non-croyants, avouez quand même que quelque soit la théorie, on s'en fiche, le résultat est quand même fichtrement parfait), à quoi sert l'hymen ? Ben oui, parce qu'en fait il sert à quelque chose d'autre que "emballage d'origine faisant foi". Il sert à protéger l'orifice vaginal des selles de la nouvelle née (classe)... Chez la baleine, il empêche l'eau de rentrer (et les baleines en ont strictement rien à faire de la virginité). Voilà quoi, rien à voir avec la chasteté en bref.

samedi 9 février 2013

7) Je ne fais JAMAIS un sport qui me saoule dans l'espoir de perdre du poids

Ceci est un article de la série Zermati l'anti-régime.

Ça faisait un bail que j'avais pas parlé Zermati... Alors allons-y. J'aime bien le sport, quand je peux en faire, j'en fais, mais il y a une chose à laquelle je ne me suis jamais astreinte, c'est le fameux footing. Enfin si, une fois ou deux. [...]

Alors pourquoi ne faut-il pas faire un sport qui nous saoule pour répondre à une problématique de poids ? Zermati a une comparaison très sensée à ce sujet :

Est ce que l'un d'entre vous a pour habitude de faire rouler sa voiture pour vider le réservoir ?

Ok, personne. Merci, la folie des Hommes n'a pas encore touché cette partie là de notre quotidien. Quand on fait du sport, les diététiciens et autres nous font croire que c'est mathématique, on brûle des calories et donc, on participe à la fonte des graisses. Sauf que oui, bien sûr, on brûle des calories, mais le corps nous en réclamera d'autres si il juge que nous avons trop pompé sur les réserves. C'est la raison pour laquelle les gens qui font du ski ont plus envie de tartiflette que de salade verte (hey, ça rime !)

Et c'est là que ces grands andouilles sortent l'argument magique : Haha, il faut faire du sport ET ne pas se goinfrer comme un porc (notez la subtile façon de vous dire que si vous écoutez ce que vous dit votre corps, vous êtes un porc)... En fait, si vous suivez ce conseil, vous serez en permanence assailli de pensées dégoulinantes de calories. Donc si vous avez fait un sport que vous n'aimez pas (au hasard, ce fameux footing de mes deux...) juste pour perdre du poids, vous vous infligez la double punition de la frustration (sport pourave ET faim de malade).

Donc faire du sport pour faire l'équation magique calorie/dépense énergétique, non.

Par contre là où il y a un intérêt, c'est quand vous aimez le sport que vous pratiquez. Non seulement vous allez prendre votre pieds parce que vous-vous amusez, mais vous allez aussi bénéficier des endorphines créées par l'activité sportive (donc bonheur en barre) et vous allez augmenter votre estime personnelle en trouvant une forme d'accomplissement dans votre progression et vos succès. Et le résultat dans tout ça ? Oui, vous allez avoir besoin de plus de nourriture pour couvrir vos dépenses énergétiques, mais vous n'aurez pas besoin de nourriture pour être heureux, vous le serez déjà. Donc vous mangerez exactement ce dont vous aurez besoin, et pas plus à cause de la frustration.

Parce qu'en fait, la bonne nourriture (trop grasse, trop sucrée, trop salée) nous fait produire des endorphines. Et si il nous arrive de compenser notre contrariété par de la nourriture (dont nous n'avons pas énergétiquement besoin, et qui donc rentre dans le processus de prise de poids), ce n'est pas parce qu'on est faible, mais parce que sur le moment, c'est le seul moyen d'être un peu moins malheureux. Et le corps nous pousse naturellement à rechercher cette hormone qui nous rend heureux. Ce n'est pas être dépendant, ce n'est pas être faible, vouloir être heureux c'est plus que le but de la vie de chacun, c'est aussi le but de notre corps.

Et c'est là qu'on peut mesurer l'efficacité d'un sport comme la Zumba. Les gens qui le font adorent ce sport. Réellement. Une lectrice disait dans un précédent article que depuis qu'elle s'y était mise, elle mangeait tout ce qu'elle voulait, sans grossir. C'est bien qu'elle a noté qu'elle mangeait plus qu'avant. Et si le fait qu'elle ne grossissait pas venait simplement du fait qu'elle mangeait juste ce dont elle avait besoin, parce qu'elle ne mangeait plus par frustration, mais pour couvrir ses besoins énergétiques ?

Alors certains adorent le footing, et grand bien leur fasse. Mais pour tous les autres, si vraiment vous avez envie de faire du sport, trouvez en un que vraiment vous aimez, et pas juste un qui est pas cher ou qu'on vous a dit très efficace pour perdre à tel endroit...

Et si vous n'aimez pas le sport, il y a plein d'autres activités qui vous permettent de vous sentir bien et fier de vous... [...]

samedi 2 février 2013

Petits conseils aux pères en ce qui concerne l'accouchement

Les cours de préparation à l'accouchement sont l'occasion de rencontrer d'autres futurs parents. Parmi ceux que je fréquente depuis maintenant quelques mois, il y a un couple qui a l'air de partager un fantasme très particulier : Celui du père qui se fait tabasser pendant l'accouchement. Il ne se passe pas une séance sans que monsieur nous raconte une histoire d'un ami qui s'est fait mordre/taper/arracher la chemise/insulter ou broyer la main (pendant que sa femme opine en rigolant). Notre sage-femme a beau lui expliquer que dans toute sa carrière elle n'a que très rarement vu des agressions physiques de mamans sur des papas désespérés, il nous dégotte une nouvelle histoire à chaque fois. A croire qu'il ne fréquente que des hommes battus (ou un club SM... Je me pose toujours la question).

Alors pour tous les papas, ou potentiels futurs papas, voici une liste de petits conseils pour ne pas se faire assommer avec le monitoring et garder l'amour de votre moitié après cette difficile étape.

Pendant des années, que dis-je, des siècles, l'accouchement était une affaire de femmes. Les médecins n'étaient même pas conviés, c'était la sage-femme, la guérisseuse, la servante, la mère, la voisine, enfin, rien qui ne porte la moustache (quoi que), qui gérait tout ça. Aujourd'hui, vous avez la merveilleuse chance, le privilège infini d'avoir le droit de venir. Alors pour commencer, quelques bases sur ce qu'est un accouchement.

Bases pour newbie et autres nullipares (gens qui sont nuls parce qu'ils ont jamais eu d'enfant... Ou gens qui ont un nombre nul d'enfant, à vous de voir) :

L'accouchement ça dure en moyenne 8 heures (pour certaines qui ont un très mauvais karma, jusqu'à 70h, ça se voit parfois et puis après y a les petites veinardes qui accouchent en deux heures top chrono). Mais attention, l'accouchement c'est pas juste l'expulsion du bébé (sinon, on est d'accord, 8 heures d'expulsion, l'espèce humaine ne serait plus).

En gros, pendant une journée, la mère va avoir des contractions régulières. Puis à la fin, pouf, en une demie heure, poussez madame, félicitation c'est une fille.

Alors pour info, la douleur des contractions à été évaluée au niveau d'une fracture ouverte, donc oui, pendant une journée en continue, l'amour de votre vie va avoir une fracture ouverte pendant deux minutes, toutes les dix minutes. Au mieux à la moitié de la journée on lui proposera une péridurale, qui ne marchera pas toujours (genre elle marche à moitié : Vous n'avez une fracture ouverte que sur le côté droit, mazel tov !). Donc oui, ça fait mal et ça fatigue, et pas vraiment parce qu'un bébé énorme passe par un vagin finalement assez étroit. Ça en fait, c'est presque anecdotique.

La mère peut crier (fort, OK, bon très fort, on a entendu des hurlements à glacer le sang pour notre numéro 1, ça peut être flippant), mais il semblerait que ce soit plus un mécanisme qui l'aide à s'ouvrir un peu plus efficacement qu'une réponse directe à la douleur. Dans tous les cas, laissons les patientes crier, c'est on ne peut plus légitime.

Maintenant que vous savez tout ça, je peux vous dire ce que vous pouvez faire et ce que vous ne devez pas faire (au risque de rejoindre le club SM de mon copain de préparation).

A l'arrivée :
Oui : Porter le sac, les papiers, poireauter devant le secrétariat, l'aider à avancer si elle vous le demande.
Non : Préparer une bassine d'eau chaude (c'est un mensonge des films, ça ne sert à rien on vous dit).

Pendant le travail :
Oui : Faire remonter les demandes de la mère au corps médical ("elle dit qu'elle a très mal et qu'elle veut savoir où ça en est", "Nooooon ! On avait dit pas d'épisiotomie, tu lâches ce ciseau ou je te fais une prise de judo", ou "Y a quelqu'un dans le service ? Ça fait deux heures que personne n'est passé voir si ça allait")

Non : Transmettre les indications de la sage-femme qui vient elle-même de le dire à voix haute ("Allez, la dame elle a dit qu'on va devoir pousser !" c'est le moment où un des amis de SM-boy s'est fait arracher ses fringues "Tu vas fermer ta g*****, oui ?!? T'as qu'à pousser espèce de branquignol !")

Oui : Lui faire la discussion entre les contractions.

Non : Commenter le diagramme du monitoring pendant une contraction. (A ce moment, vous la fermez, c'est tout, compris ?)

Oui : Répondre à toutes ses demandes, même les plus saugrenus ("Tu peux appuyer sur le haut de ma fesse pendant que je me met à quatre patte, je te jure, ça calme la douleur")

Non : Lui donner des conseils que votre mère ou vos collègues de travail vous ont donné ("Tu sais, maman m'a dit qu'il fallait souffler très fort avec le nez et imaginer des bateaux")

L'expulsion :
Oui : Vous la boucler. Vraiment.

Non : Jouer les coach ("pousse, pousse, pousse, pousse !")

Oui : Restez bien à côté de votre chérie pendant l'expulsion

Non : Regarder de l'autre côté... Traumatisme très probable, entre le sang, la transformation en autoroute à bébé et d'autres trucs que je ne dirai pas ici. Pour l'honneur de votre femme qui compte quand même redevenir un jour un sex symbole à vos yeux et pour votre propre psychisme, DON'T ! (Même si personnellement je m'en fichais, un rapide sondage me confirme qu'une fille normal n'a pas envie d'avoir un caméscope braqué sur la sortie du bébé)

En cas de problème :
Oui : Lui tenir la main ou vous écarter pour laisser la place aux médecins
Non : Courir partout en hurlant, demander qu'est ce qui va pas, si elle va mourir, tomber dans les pommes...

Avant, pendant, après :
Et alors, ce qui me parait évident, mais qui apparemment n'a pas effleuré l'esprit de certains crétins déjà croisés dans la vraie vie :

NE PAS DIRE QUE CA FAIT PAS SI MAL QUE CA, que la péridural anesthésie très bien de nos jours, qu'il faut arrêter le délire, que c'est pas si terrible.

Bref :
L'accouchement en fait, ça reste une histoire de femmes, l'histoire de votre femme, elle sera toute seule avec son corps, son enfant, sa douleur, sa joie ou ses déceptions, vous pouvez l'aider un peu (oui, un peu seulement) mais laissez la choisir, demander, changer d'avis. Finalement vous pouvez être un spectateur utile ou un gros boulet, à vous de voir.
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