dimanche 18 novembre 2012

L'histoire d'un type qui s'appelle Weed

L'histoire d'un type qui en moins de quelques mois est devenu le symbole mormon pro-acceptation de l'homosexualité, puis de l'homophobie pour redevenir finalement celui de l'acceptation.



Josh Weed vit à Washington, est mormon, marié, père de trois filles et thérapeute familial. Le phénomène commence le 7 juin 2012 quand il fait son coming-out sur son blog (lien en anglais bien sûr). Un père de famille mormon qui fait son coming-out ce n'est pas nouveau, c'est même la réalité assez tragique de nombreuses familles qui explosent quand un des conjoints arrête la mascarade et quitte le foyer. Mais là où commence la fascination c'est que sa femme était au courant quand ils se sont mariés et que oui il fait son coming-out, mais non ce n'est pas pour la quitter et refaire sa vie avec un homme. Il sort du placard le jour de son dixième anniversaire de mariage et exprime tout l'amour qu'il a pour son épouse qui avant de l'être était sa meilleure amie. Elle prend la plume d'ailleurs pour s'exprimer dans cet article.

Une des choses dont il parle souvent est l'acceptation et le besoin de réconfort des gays qui font face à quelque chose de très dur.

L'article répond aux questions suivantes :

1) Pourquoi avoir voulu partager cette information ?
réponse en résumé : En tant que thérapeute il se doit d'être honnête avec ceux de ses patients qui sont homosexuels, il veut ajouter sa pierre à l'édifice de la compréhension de l'homosexualité en racontant la façon dont il le vit et enfin il pense que ça l'aidera à être plus authentique avec ses amis et connaissances.

2) Que veux-tu dire par "je suis gay" ?
réponse en résumé : Il s'agit de son orientation sexuelle : Il est sexuellement attiré par les hommes et pas sexuellement attiré par les femmes.

3) Quand as-tu su que tu étais gay ?
réponse en résumé : Vers 12/13 ans.

4) Si tu t'es marié avec une femme, comment peux-tu être vraiment gay ?
réponse en résumé : Il donne là son avis de thérapeute familial certainement : le sexe c'est plus que de l'envie et des pulsions. La sexualité qu'il a construit avec sa femme est l'expression de la connexion de deux personnes qui s'aiment. Parce qu'ils n'avaient pas les bases d'un amour "chimique", ils ont dû construire sur la base de l'intimité, la communication, l'amour authentique et l'affection.

5) Est-ce que ta femme savait que tu étais gay quand vous-vous êtes mariés
réponse en résumé : Oui

6) Pourquoi ta femme a choisi d'épouser une personne gay ?
réponse en résumé : Là sa femme prend la plume et raconte leur histoire. Elle l'a d'abord soutenu quand il lui a dit qu'il était gay mais qu'il voulait se marier et avoir des enfants. Elle lui a dit que la solution était peut être qu'il trouve une femme pour qui le sexe n'avait pas d'importance. Des années plus tard elle s'est rendu compte que Josh avait toutes les qualités qu'elle recherchait pour son futur mari.


7) Pourquoi ne décides-tu pas d'être vraiment toi même et de vivre selon le mode de vie homosexuel ?
réponse en résumé : Il est gay, donc ce qu'il vit est par définition le mode de vie d'un gay. Il explique que le choix qu'a à faire un gay qui veut une famille est de toute façon horrible : Construire une "fausse" famille dans le fait que les parents qui élèvent les enfants ne sont pas les deux parents biologiques. Ou ne pas avoir d'enfants. Il a choisi de construire un couple sur des bases différentes que la majorité des couples.

8) Est-ce que tous les gays mormons ou chrétiens devraient se marier avec quelqu'un du sexe opposé ?
réponse en résumé : Non, la dessus Josh Weed est très clair : C'était sa voie, la sienne, il l'a su après des années de prières et de questionnement. Chacun doit rechercher pour lui-même ce qu'il doit faire et il reconnait que les mariages contractés par des gays se soldent très souvent par des échecs.

Vous me direz, fantastique, l'histoire est atypique et touchante. Elle parle d'un parcours, d'amour et d'acceptation. Parce que Josh Weed assume complètement ce qu'il est et clame qu'il est gay malgré son mariage, que ça ne se guérie pas, que ça fait partie de lui et qu'il l'assume encore et encore.

Sauf que... Sauf que non.

Le phénomène est relayé et des parents s'emparent de son cas pour dire que quand on veut, on peut. La communauté homosexuelle déteste ce gars et son mariage contre nature. C'est un faux, un paria, un vendu... Et quand la conférence annuelles "Circling the wagons" arrive c'est la panique : Cette conférence regroupant des mormons est l'occasion pour les familles d'homosexuels de mieux comprendre. On y rencontre des auditeurs très différents : des homosexuels qui ont fait le choix de l'abstinence, des homosexuels qui ont fait le choix de vivre avec leur partenaire tout en gardant la foi, de parents d'homosexuels, de conjoints divorcés d'homosexuels qui ont gardé de bons contacts...

Et devinez quoi, Josh Weed est invité. Il viendra de Chicago à Salt Lake City pour parler. Et non seulement il est invité, mais il fait parti des orateurs majeurs. Certains déclarent qu'ils ne viendront pas, d'autres se contentent de grommeler. Du côtés LGBT (Lesbien, Gay, Bisexuel, Transexuel) c'est pas la joie.

Et là à lieu le deuxième discours : Josh Weed s'excuse. Il s'excuse de la façon dont son message a été utilisé et dit "Si vous entendez quelqu'un utiliser mon nom et mon message pour mettre la pression ou blesser un homosexuel, sentez-vous libre de dire que vous avez entendu de ma bouche que je suis contre".
Son discours se nomme "une leçon d'amour inconditionnel". Quelque soit le choix de la personne concernée, c'est son choix, pas le vôtre. Vous ne devez que l'aimer, c'est la seule façon de le soutenir correctement.

Il relate une des histoires qui l'a profondément attristé : Une famille a envoyé le lien de son article à un enfant homosexuel en lui disant que c'était un exemple de ce qu'on faisait quand utilisait correctement son libre arbitre et que si il le faisait, ils lui parleraient à nouveau. Mais qu'en attendant ils ne voulaient plus le voir.

C'est tout le contraire de ce qui s'est passé pour Josh, et il l'explique :

Son mariage aurait probablement échoué si il était basé sur l'envie de faire plaisir à son entourage et c'est seulement parce que son père lui a dit que QUOI QU'IL FERAIT, IL L'AIMERAIT, qu'il a pu prendre cette décision. Il fait le parallèle avec un de ses meilleurs amis qui a décidé de quitter l'église. Alors que cet ami l'avait aimé sans condition quand il lui avait avoué qu'il était homosexuel, lui s'était permis de le juger et de le sermonner quand il avait décidé de quitter l'église. Cette attitude est motivée par la peur, pas par l'amour.

Enfin il conclue en disant que le vœux de chacun est certainement celui-ci : 

1.     Nous voulons que nos proches homosexuels se sentent acceptés dans leur famille. 
2.     Nous voulons que nos proches homosexuels se sentent acceptés dans les chapelles si ils choisissent d'y venir, et plus largement par la culture mormone si ils ne le font pas.
3. Nous souhaitons de tout notre cœur que les suicides s'arrêtent.*

A ce moment c'était fini, l’icône anti-homosexuelle était redevenu une icône homosexuelle mormone : Une illustration de la diversité qu'on trouve dans ce milieu. J'ai vu des messages enthousiastes sur facebook, ceux qui l'avaient condamné lui disaient merci, se réjouissaient de cette participation.

Extrait de son discours :
I said the following to that group of mostly believing LDS gay people: “If someone is pressuring you to marry heterosexually saying that they think this is the ‘answer’ for you or will ‘fix’ you, they are likely motivated by fear instead of love and don’t actually have your best interest, or the best interest of a potential spouse, in mind . . .  please don’t weigh yourself down with that expectation for yourself if it is something you don’t want for your own future. Marriage to the opposite sex might not be a part of your journey here in life, and that’s okay.”

(Traduction : J'ai dit ceci à un groupe composé majoritairement d'homosexuels mormons : "Si quelqu'un fait pression sur vous pour que vous fassiez un mariage hétérosexuel et dit qu'il pense que c'est la "réponse" pour vous et que ça vous "réparera", cela est probablement motivé par la peur plutôt que l'amour et n'a à l'esprit ni votre intérêt, ni l'intérêt de votre potentiel conjoint. S'il vous plait, ne vous dévalorisez pas avec cette attente si ce n'est pas ce que vous voulez pour votre propre avenir. Le mariage avec le sexe opposé ne fera peut être pas partie de votre parcours, et ce n'est pas grave.)

*On estime qu'un adolescent gay ou bisexuel a entre 7 et 13 fois plus de chances de tenter de se suicider qu'un adolescent hétérosexuel (Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pid%C3%A9miologie_du_suicide). Cela s'explique par la crainte que leur secret soit découvert et la honte qu'ils éprouvent à ne pas être "normal". Je crois qu'on peut parler ici d'homophobie dans le sens littéral du terme : La peur d'être homosexuel. De la bouche d'un homosexuel d'âge mûr j'ai entendu "je ne souhaite à personne d'être homosexuel"

mardi 13 novembre 2012

Islam

On est en train de laisser pourrir un truc, j'ai l'impression qu'autour de moi c'est de plus en plus normal de dire qu'on est contre l'Islam, contre ses signes extérieurs, contre sa doctrine. La dernière fois j'ai entendu "l'islam n'est pas compatible avec la démocratie, on devrait l'interdire" et ça m'a fait mal parce que je savais que quoi que je puisse dire, ça ne ferait pas avancer le débat. Alors j'ai fermé ma bouche, sachant que le combat était perdu d'avance. Mais je n'aurais pas dû. Parce que "qui ne dit mot conscent".

Alors je profite de pouvoir l'ouvrir sans être interrompue pour dire ce que j'en pense et je prend aujourd'hui la décision solennelle de ne plus jamais fermer la bouche quand j'entendrai une remarque islamophobe. Je n'argumenterais peut être pas longuement, mais je dirais "Moi je crois que cette religion foncièrement bonne".

1) "L'islam devient de plus en plus envahissant, marre de ces barbus qu'on voit partout et de ces filles voilées".

Oui, l'islam est présent en France, et oui, ça se voit. Oui, on peut se sentir soudain envahi parce que ce n'est pas notre religion. Mais la liberté de culte est un bien précieux. Et le port de la barbe pour les hommes et du voile pour les femmes ne veut pas dire extrémisme, mais pratique d'un culte. Il s'agit bien d'une religion. On n'accuse pas les bonnes sœurs de polluer notre paysage visuel. Essayez de voir les musulmanes voilées comme de sympathiques bonne sœurs, vous allez voir, vous les trouverez même mignonnes comme une carte postale à la fin.

2) "C'est une religion qui appelle au djihad depuis le début, c'est foncièrement violent".

Si on lit l'ancien testament on a des récits absolument cauchemardesques de massacres des Cananéens où hommes, femmes, enfants et animaux devaient être tués, tous sans exception. Une personne mal intentionnée pourrait très bien utiliser les textes de la Bible pour appeler au meurtre, d'ailleurs c'est ce qui a été fait pendant les Croisades, l'Inquisition, les guerres entre Catholiques et Protestants, le massacre des Cathares. A-t-on déjà entendu quelqu'un dire que le christianisme était foncièrement violent ?

3) "C'est une religion qui a toujours rabaissé la femme".

Le fondateur de l'Islam lui-même a dit "Le meilleur d'entre vous est celui qui est le meilleur avec les femmes" et ce à une époque où la femme n'étaient rien.

Mais on peut aller plus loin : La civilisation arabo-musulmane est celle qui est à l'origine du phénomène de l'amour courtois. Dans une Europe barbare où on violait son épouse et où l’Église réprimait sévèrement la sexualité et les femmes, lors des premières croisades et au contact de la culture andalouse, les seigneurs européens ont découvert une culture raffinée où les hommes adoraient littéralement leur femme. Fascinés par ce qu'ils avaient découvert, ils ont tenté de reproduire ce qu'ils avaient vu à leur retour. Il y a peut-être aujourd'hui un problème culturel, et je dis bien culturel, mais les musulmans ont un héritage de respect envers les femmes qu'on ne peut pas nier si on se penche sur son histoire. Et si vous vous en donnez la peine, vous rencontrerez plein de musulmanes fortes et libérées et pleins de musulmans respectueux.

4) "Ils prennent la mouche, un rien et le monde musulman crame tout".

Bon, d'abord ils s'en prennent plein la tête tout le temps. Même les plus calmes sont à fleur de peau. Que les plus influençables et que quelques gourous décident de répondre par la violence à toute provocation est une des conséquences directe. Et puis quand on gratte, on se rend compte que pour l'immense majorité des musulmans pratiquants, il n'y a pas plus de réaction que des communiqués de profonde indignation. Arrêtons d'appeler le monde musulman les pays arabes. Pour commencer la majorité des musulmans sont maintenant asiatiques. Ensuite arrêtons d'appeler le monde musulman les manifestations de quelques centaines d'individus (au sein des pays arabes même aussi d'ailleurs).

5) "S'ils veulent vivre selon la charia, qu'ils retournent chez eux"

Ben justement, c'est ici chez eux. Oui oui, il y a des musulmans français. Même plutôt pas mal en fait.



Et comme l'islamophobe est quelqu'un de très courageux, c'est aux femmes qu'il s'en prend majoritairement. Pas au fameux barbu qui fait peur, mais à la mère de famille qui a pour seul tord d'avoir mis son plus beau foulard pour sortir dehors. Les agressions physiques à caractère islamophobes sont pour la plupart commises sur des femmes (84% des agressions rapportées pour ce qui existe comme chiffre) et pour avoir côtoyé des filles voilées je peux vous dire que ça va de la brûlure de cigarette qui a bousillé le foulard qu'on remarque une fois de plus quand on vient de rentrer chez soit, aux violences sexuelles. Et puis il y a les remarques, les regards en biais et l'exclusion. Comme à la maternelle, j'ai vu des gens mettre à l'écart les élèves voilées de mon école d'ingénieur.

En France on cherche à voir ce qu'il y a de pire et forcément on trouve. Cherchez ce qu'il y a de meilleur et vous trouverez du bon et même du très bon.
Je sais que ce n'est pas facile, je n'ai pas toujours eu un regard bienveillant sur l'Islam, mais le jour où je lui ai donné une chance, j'ai découvert qu'il y avait un monde riche et beau caché derrière tout ça.


vendredi 9 novembre 2012

Le gygy, meilleur ami de votre vava

Vous l'aurez peut être deviné, mais le terme gygy me sort par les trous de nez... Bref...

Je vais peut être basculer vers un gynécologue pour mon suivi de grossesse et j'aime pas ça. J'aime pas ça parce que ça voudrait dire que je passe en grossesse pathologique et bon, personnellement, j'ai jamais aimé être malade.

Et puis aussi parce qu'il va falloir que j'explique à celui qui va prendre la relève pourquoi je voulais pas de lui dès le début.

Cher gygy...

Gygy versus sage femme


La grossesse n'est pas une maladie. Oui, on le dit tout le temps, alors dis moi pourquoi je devrais aller voir un médecin si je ne suis pas malade ? Parce que tu es médecin toi, et spécialiste en plus, non ? Il y a une profession toute trouvée pour m'accompagner dans mon état de grosse pas malade, c'est celle des sage-femmes.

Ah, mais oui, mais vous savez ma petite dame, on peut dire qu'un accouchement s'est bien passé que quand il est terminé, avant on ne sait pas, hein, il y a toujours un risque. OK, alors dis-moi pourquoi le fameux gygy s'est pointé quand mon fils était sorti, que la sage femme avait accompagné mes 10h de travail, les poussés et le petit soucis du bébé qui ne respirait tout simplement pas. Et puis moi tu vois, je suis hyper égoïste : je préfère les 35 minutes de consultation moyenne des sages femme, aux 10 minutes des consultation moyenne du gygy. Et la sécu aussi, parce que les deux consultations ont légèrement pas le même prix.

En fait si je vais voir un/une sage femme quand à priori tout va bien c'est parce que :
1) C'est son métier
2) Je suis une sale égoïste qui aime être écoutée (au passage, ça a permis des diagnostiques qu'avaient loupé le fameux gygy, consulté aux urgences parce que son emploi du temps est blindé de femmes qui n'ont pas franchement besoin de lui, donc que prochain rendez-vous disponible, c'est dans quatre mois madame)
3) Je suis patriote (haha) et j'aime la sécurité sociale qui a mal à son trou (oulà, c'est très tendancieux ce que je viens de dire)

Alors voilà pourquoi, cher monsieur gygy, je viens que maintenant : Parce qu'avant, il n'y avait pas besoin et j'avais pas envie.

Mais je vais aller plus loin, et je vais t'expliquer pourquoi non seulement j'ai pas envie de te voir quand je suis enceinte, mais j'ai pas non plus envie de te voir une fois par an. (article super neuneu sur l'examen annuel)

Le gygy est une dérive sexiste

Chez le gygy, t'as dix ans d'âge mentale


D'abord, poses-toi la question, pourquoi tu as hérité d'un surnom aussi débile que gygy. Est ce que les gens vont voir leur denden (dentiste), leur carcar (cardiologue) et leur... kiki (yey ! Kinésithérapeute). On va voir le cardio et le kiné, oui, je veux bien, parce que le mot est un peu long. Mais pour moi, le terme gygy illustre très bien ce qui se passe chez un gynécologue : La méga infantilisation de la femme, par elles-même d'ailleurs parfois.

Pourquoi ? Parce qu'on parle de sexe, et le sexe c'est gênant, alors l'attitude de 90% des gynécologues hommes c'est le paternalisme. Le paternalisme ça permet de pas sexualiser le rapport. Et puis chez les femmes gynécologues, c'est la froideur absolue. Parce que fatalement, elles, elles peuvent pas jouer les papas, alors elles trouvent un autre moyen de mettre une distance.

Donc voilà déjà pourquoi, je n'aime pas aller chez un ou une gynécologue : je n'aime pas le biais de comportement qui a été créé par la discipline. Pas votre faute, mais ce serait bien de s'en rendre compte. J'ai jamais croisé un autre spécialiste qui s'est permis de me mettre une tape derrière la tête comme si j'avais cinq ans.

Chez le gygy et que ça saute


Ensuite, la deuxième chose qui me dérange sévère c'est cette obsession du suivi. Vous connaissez d'autres spécialistes qui vous demandent de venir faire un bilan comme ça, tout les ans, au cas où ? Oui, voilà, le cardiologue, le dermatologue, l'urologue, vous allez me prendre un rendez-vous, allez, tous les deux ans, hein, on sait jamais.

En plus, je veux pas dire, mais je connais mieux mon vagin que mes poumons, mon cœur et ma rate, ben oui, fatalement, tu vois, je l'utilise à peut près deux fois par semaine avec mon partenaire sexuel, j'en essuie la sortie plusieurs fois par jour (à chaque fois que j'urine...) et j'ai même (enfin plus maintenant), l'insigne honneur de mettre mes doigts dedans une fois par mois (coupe menstruelle, mais aussi celles qui mettent des tampons quoi). Mais on ne sait jamais, même si tout va bien, que t'es réglée comme une horloge (haha, le jeu de mot moisi), il faudrait que t'aille te faire examiner...

Et oui, le vagin c'est mystérieux...

Vous savez, le rectum aussi c'est à l'intérieur du corps, si c'était ça l'excuse...

Et les messieurs alors ? On leur demande d'aller se faire observer le pénis tous les ans à partir du début de leur activité sexuelle ? Ben non, je vais pas tenter de dire que c'est sexiste, j'attends la réponse éclairée de quelques urologues qui seraient dans le coin. Doit y en avoir une.

Alors la contraception vous allez me dire... Ah, tiens, encore un truc que les sages femmes savent faire. Même le stérilet, elles peuvent le poser et le retirer (Source : ordre des sages femme).

Donc désolée, je ne vais jamais chez un gynécologue, pour ça, pour le fun. Et tiens, parlons en du fun, justement, c'est la dernière chose que j'avais à dire.

La funitude de la consultation chez le gygy

Alors qu'il a été démontré que le toucher vaginal systématique n'était même pas une nécessité en cas de grossesse (une grossesse quoi, encore pire qu'une fille qui a un vagin tout ce qu'il y a de normal !) et même que c'était quelque chose de négatif, chez le gynécologue, tu te retrouves systématiquement les jambes écartées à moitié (ou totalement d'ailleurs) à poils. Alors cher gygy, je vais t'expliquer comment ça se passe. Tu vois, quand je rentre chez toi, je suis en mode déconnectée : Mon vagin n'existe plus, dans ma tête il n'est plus à moi et c'est comme ça que je supporte assez bien les examens gynécologiques.

Et jusqu'à y a pas longtemps, je trouvais ça normal. Ca me permettait d'aller sans appréhension aux consultations (parce que pour d'autres, c'est pas aussi simple, certaines n'y vont pas alors qu'elles ont de vrais symptômes, juste à cause de cette perspective réjouissante de se faire triffouiller par un inconnu).
Et puis en lisant un témoignage d'ancienne prostituée qui décrivait très bien cet état de dissociation qui lui permettait d'enchainer les clients sans devenir cinglée, je me suis rendue compte que non, ce n'était pas normal. Ce n'était pas normal d'être obligé de mettre sa pudeur dans la poubelle, de désensibiliser toutes ses zones érogènes, d'être coupée en deux, la tête d'un côté, le corps de l'autre.
Et quand la dernière fois, tu m'as demandé d'enlever le bas pour une échographie où tu n'as fait que balader ta sonde sur mon gros ventre, je me suis dit que j'en avais raz le bol de te montrer mon vagin, comme ça, juste pour le fun.

Je sais qu'il y a des moments où on peut pas franchement faire autrement, mais demande toi si tu accepterais de te faire poser une sonde dans le derrière une fois par an, juste comme ça, pour le fun. Non, venir chez toi, c'est pas le fun, c'est d'ailleurs pour ça que je ne viens que quand j'en ai besoin.

bisous bisous

La sorcière du logis


ERRATUM : Suite à des commentaires émanant d'une sage femme et d'un généraliste, il s'avèrerait que le frottis soit quand même quelque chose d'important. Seulement c'est après les 25 ans ou 8 ans après le début de l'activité sexuelle. Les deux premiers à un an d'écart, puis tous les trois ans. Mais pas tous les ans dès 16 ans :)
Et puis aussi si on prend la pilule, un suivi particulier à faire. Bref...

mardi 6 novembre 2012

Et si Romney gagne...

Au début, j'étais enthousiaste à l'idée qu'un mormon rentre dans la course à la maison blanche. Je me disais qu'on nous verrait un peu moins comme des fermiers polygames. Et puis il est devenu de plus en plus crédible et de candidat il est passé à présidentiable. Je suivais ça d'un oeil, en France.

Et maintenant je me demande, si il gagne... Qu'est ce qu'il va se passer.

Les français l'aiment pas. La presse française clairement pas du tout. Obama est toujours le chouchou (et bon, personnellement, je le trouve très charismatique aussi), il est toujours présenté avec des photos cool, alors que bizarrement Romney a souvent une tête de crétin sur les photos. Je ne suis pas dupe, c'est le genre de détail que je remarque (comme quand DSK a été accusé à New York, soudainement, la presse n'avait plus que des clichés où il ressemblait à un vieux sénile pervers). Si l’élection américaine dépendait de la presse française, il se ramasserait.

On parle de lui pour évoquer ses bourdes (le hublot... par exemple), pour évoquer des scandales qui n'en sont pas du tout aux états unis (les patrons qui disaient que si c'est Obama qui est élu, il y aura des licenciements et faudra pas s'en plaindre)... Et pour avoir un aperçu de la campagne par mes contacts américains, je peux vous dire que les bourdes d'Obama, par contre, elles passent à la trappe.

Exemple : Quand son colistier a dit que la femme de Romney n'était qu'une fille qui n'avait jamais travaillé de ses mains, riche et complètement déconnectée de la réalité. Alors que c'est une femme qui a une sclérose en plaque, a eu un cancer du sein, qui a élevé cinq enfants et qui a passé les premières années de sa vie de femme mariée dans des conditions de pauvreté plutôt intense (trois enfants en bas âge et étudiants tout les deux, le couple Romney n'a pas toujours été milliardaire)... Ce tollé là, personne n'en a parlé en France.

Et quand le colistier CATHOLIQUE de Romney, dit des idioties sur l'avortement... Ça devient des idioties mormones. Je veux bien que ce soit pas malin, mais chacun ses boulets, hein.

Bref, tout ça pour dire que si Romney passe, il sera le nouveau Bush, la presse passera son temps à descendre tout ce qu'il fera et nous le présentera comme un handicapé mental. Et mormon par dessus le marché. Et si en plus, ce grand andouille de républicain fait des erreurs (et il en fera, il n'y a pas de doute, même sexy Obama a pris des décisions pas toujours éclairées), ça ne pardonnera pas.

Ah, un autre truc au passage, non, les démocrates (Obama) c'est pas l'équivalent du PS, c'est plutôt l'équivalent de l'UMP... Et Obama aussi est pété de tune, il a fait du droit à Harvard... C'est pas franchement le modèle du pauvre, l'avocat Harvardais

Et enfin, sur l'histoire de la fraude fiscale... J'entends encore des français en parler : C'est son ancienne entreprise qui est soupçonnée. Et pour un mormon, frauder le fisc, c'est très grave, c'est une des raisons pour lesquelles on peut vous refuser l'accès au temple. Alors soit c'est un sale mormon jusqu'aux bouts des ongles et dans ce cas, il fraude pas. Soit c'est un sale fraudeur. Point.

Voilà, plus que quelques heures pour savoir si le cadeau empoisonné Romney va gagner (et si il perd, j'entends déjà les "pfff, de toute façon, il aurait jamais été élu ce débile..." Rahhh, je sais pas ce que je veux)
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...