mercredi 17 octobre 2012

L'affaire des tournantes de Créteil

Ça me déprime rien que d'y penser. Mais allons-y (après je vous jure, le prochain billet sera sur un sujet plus rigolo).

Recette pour une tournante tout ce qu'il y a de plus normal :

-Plusieurs racailles convaincues que la vie c'est comme dans les porno
-Une fille
-Menace de représailles sur la famille si elle parle
-Menace de représailles si elle ne revient pas
-L'argument "elle est consentante", "d'ailleurs elle est revenu".

Voilà, vous avez ce qu'on retrouve dans quasiment toutes les affaires et les gens s'étonnent. Ça fait plus de dix ans qu'on sait comment ça se passe. Parfois la fille est la petite amie d'un des agresseurs, parfois c'est juste une fille qu'on croise dans la rue une fois et qu'on fera revenir indéfiniment.

Et je peux vous dire que ce phénomène est courant. Pourquoi ? Une fois ma sœur a entendu une dizaine de mecs préparer un viol collectif quand elle prenait le bus. Ils étaient tellement sûr que c'était normal qu'ils n'ont même pas pris la peine de se planquer pour en parler. Une grosse cité bien crade ? Marseille nord ? Non, Colomiers, petite ville de 30.000 habitants. Et qu'a fait ma sœur à l'époque, qu'aurait-elle pu faire ? Elle ne connaissait pas les personnes. Elle aurait été incapable de les identifier. Elle peut juste dire qu'elle a été témoins auditif d'un plan pour attirer une fille dans une cave, elle ne sait pas où, par elle ne sait pas qui.

Mon frère lui a entendu un récit de viol collectif par une ancienne connaissance de l'école primaire. Il avait juste envie de vomir devant ces mecs qui rigolaient en décrivant le calvaire de la fille, il a juste eu envie de se flinguer quand on lui a demandé si il pouvait pas faire tourner sa petite amie qui l'attendait plusieurs mètres plus loin. Encore une fois, qu'aurait-il pu faire ? Je n'en sais rien.

Donc 1) les viols collectifs sont un phénomène courant et récurant. C'est le quotidien de nombreuses cités.

Et il faut bien se dire quelque chose, c'est que dans la tête des violeurs, c'est normal de faire ça, les femmes sont comme ça dans les films, les femmes on s'en fiche et de toute façon, les copains font pareil.

Et la justice maintenant ?

Et bien, c'est très simple : Prenez une victime qui parle des années plus tard quand elle parle. Prenez quinze témoins qui seront tous là pour dire que oui, à la limite ils ont eu un rapport sexuel. Mais qu'elle était consentante.

Aucune preuve, quinze témoins qui soutiennent la même version.

Alors oui, dans la tête de n'importe qui, on ne croit pas un instant cette bande de violeur. Mais au niveau de la justice, l'avocat n'aura pas de peine à prouver qu'il n'y a aucune preuve que le rapport était non consenti.

Donc 2) La justice ne peut pas juger ce genre d'affaire, même si le mode opératoire et la défense seront toujours identiques.

Alors il faut faire quoi ? Je n'en sais rien. Ce que je sais c'est que le système ne sait pas gérer ça. Ce que je sais c'est que moi j'ai la chance de ne pas être obligée de vivre dans une cité, mais que si c'était le cas, je ne lâcherais pas mes filles (potentielle victime) et mes fils (potentiel agresseur) d'une semelle. Et qu'en aucun cas je ne ferais confiance à la justice qui n'a absolument rien de juste.

Bref, pour qu'on se pose la question, qu'on réfléchisse à la manière dont cette horreur peut être traitée...

samedi 6 octobre 2012

leadership féminin mormon

Je ne pouvais pas laisser passer cette occasion de parler d'égalité entre l'homme et la femme. Aujourd'hui j'ai assisté à la conférence mondiale de la société de secours, il s'agit de la réunion annuelle des instances dirigeantes féminines mormones à l'attention des femmes mormones.

Carole Stefens, deuxième conseillère de la présidence de la société de secours - conférence de 2012


Je voudrais parler de leadership féminin et de ce que m'inspire les dirigeantes de ma religion. Avant de continuer plus loin il est important de connaitre trois choses à propos de ces leader.

-Dans l'église de Jésus Christ des saints des derniers jours, les dirigeants ne sont pas rémunérés. Il y a certes des indemnités pour certains postes qui permettent de couvrir les frais de déplacement, mais cela ne constitue pas un métier.

-On ne brigue pas un appel (poste de dirigent). C'est très mal vu et même impossible à dire en public sans passer pour un illuminé. L'appel est sensé être une décision qui est inspirée par Dieu lui même, pour un certain temps. Tirer orgueil d'un appel montre généralement qu'on n'a rien compris. Un appel est même plutôt considéré comme un moyen qui nous est donné de progresser.

-Avoir un poste de dirigent, c'est un appel à servir autrui et généralement, plus il est haut dans la hiérarchie, plus il vous prendra du temps et de l’énergie.

Pour ces trois raisons, je ne peux pas comparer cela à un accomplissement professionnel : Ces gens n'ont pas travaillé dur pour y arriver, ne sont pas rémunérés et ne tirent pas de gloire personnelle à être à ces postes.

Alors qu'est ce que m'enseigne cette réunion d'une heure et demie sur ma position de femme ?

Tout d'abord j'ai été enseignée par des femmes, qui ont parlé de l’Évangile. J'ai été nourrie spirituellement par des femmes. 

Ces dernières ont parfois été de simple mères au foyer, mais elles sont toutes allée à l'université dans un pays où on ne fait pas ça juste pour passer le temps puisque ça coûte un bras. Ces dirigeantes renvoient l'image qu'une femme doit se donner la peine de faire des études, même si elles décident de ne pas faire de carrière. D'autre part, dans un monde où les femmes au foyer ne sont rien socialement, je suis reconnaissante d'avoir des modèles de femmes fortes et influentes qui ont occupé cette tâche sans honte (parce que oui, pour l'intégralité des femmes dans l'église, leur influence est indéniable et elles participent à beaucoup d'instances qui ne concerne pas que les femmes, mais les membres en général) .


Ensuite, comme vous devez le savoir, la musique a une place importante dans notre culte (le chœur du tabernacle mormon est un des chœurs les plus connus du monde)... Ce fût l'occasion pour moi de voir UNE chef de choeur. Je ne connais pas les chiffres aux états unis, mais en France, 95% des concerts sont dirigés par des hommes. Donc dans la vie civile et culturelle, les femmes ne sont pas que celles qui dansent en tutu et jouent de la clarinette. Elles sont aussi parfois directement aux commandes.


Choeur féminin, dirigé par une femme lors de la conférence de la société de secours 2012

Enfin, si cette conférence était celle du changement puisque nous avons changé de présidence, cela a été pour moi l'occasion de me rappeler une autre leçon que la présidence précédente m'avait donnée. Il faut savoir que les trois dernières personnes à former la présidence comptaient une femme célibataire et en surpoids qui avait une maîtrise et une carrière derrière elle et une femme d'Amérique latine qui avait étudié les mathématiques.

Pour moi cette présidence incarnait le fait qu'une femme pouvait : ne pas correspondre aux canons de beauté, n'être liée à aucun homme, étudier des sujets qu'on qualifierait de masculins, faire partie d'une minorité ethnique dévalorisées (les sud américains sont un peu aux états unis ce que sont les maghrébins chez nous du point de vu de la ségrégation et des clichés) et être choisie pour représenter la féminité et exercer son influence dans le monde.

Présidence de la société de secours de 2007 à 2012, dans l'ordre : Sylvia Henriquez Allred, Julie Beck et Barbara Thomson

J'aime quand ces femmes s'adressent spécialement aux femmes du monde entier, j'aime quand elle parlent pendant les conférences qui s'adressent à tous les membres. Et j'aime le message qu'elles transportent : Chacune de nous sommes des filles aimées de notre Père Céleste, nous avons notre place dans ce monde, nous avons une influence positive à exercer.

Et comme la conférence générale ça dure tout le week-end, je vous invite à venir écouter un prophète et des apôtres moderne dans une des paroisses près de chez-vous.

mercredi 3 octobre 2012

Je n'irais pas me faire dépister...

"Y a-t-il eu dans votre famille des cancers ? Avez-vous des antécédents"

Cette question, on me la pose à chaque fois que je rencontre un nouveau médecin. Au début j'ai essayé de donner la liste exacte. Mais je m'y perdais, parce que voyez-vous, chez nous, quasiment tout le monde a fait un cancer du sein. Et si c'est un rebelle, il a fait un cancer d'autre chose. Mais pour résumer, je ne connais pas un seul de mes ascendantes qui n'ait pas fait de cancer du sein après les 50 ans (sauf la rebelle, je vous disais, qui s'est contentée d'un truc aux viscères puis d'un autre aux poumons) et ce jusqu'à mes arrières grand-mères.

Et le plus rigolo ? J'ai même mon arrière grand père qui nous parlait de son "cancerrrr dou néné" (roulez les R s'il vous plait, c'était ce genre de personne âgée).

Oui, j'ai des antécédents. D'ailleurs quand je donne tous les mois à l'asso pour la recherche et l'accompagnement du cancer du sein, j'ai pas l'impression d'être philanthrope, juste d'investir pour mon futur.


Et pourtant... Je n'irais pas me faire mammographier tous les deux ans. Ni maintenant, ni quand j'aurais cinquante ans.


Je vais vous éviter ma version de l'histoire. Je suis pas douée pour argumenter. Je vous cite juste ce que UFC-que choisir a publié sur le dépistage systématique du cancer du sein :


● Non détectée, toute anomalie se développe et aboutit inexorablement à la mort.
Faux. Certains cancers n’évoluent pas, voire régressent. D’autres évoluent si lentement qu’ils n’auront pas de conséquence sur la vie de la femme qui en est porteuse.

● Le taux de mortalité par cancer du sein est réduit de 30 % chez les femmes qui participent au dépistage organisé.
Faux. Le chiffre annoncé de 30 % de réduction de la mortalité par cancer du sein (0,1 % en chiffre absolu) a été fortement revu à la baisse par un groupe de chercheurs indépendants en 1999. Cette réduction serait de 0,05 % en chiffre absolu.

● Le dépistage organisé entraîne moins de traitements lourds chez les femmes dépistées.
Faux. Plusieurs études ont montré, au contraire, un taux de 20 % de mastectomies (ablations du sein) chez les femmes dépistées.

● Parmi les premiers à avoir œuvré pour le dépistage organisé, les Anglais envisagent de revoir toute l’information donnée aux femmes. En France, silence radio.
Vrai. Les autorités sanitaires anglaises ont décidé de remettre à plat toutes les données sur le dépistage du cancer du sein. À l’inverse, l’évolution des connaissances et la remise en cause du dépistage qui en découle ont très peu d’échos en France.

Et si vous voulez approfondir, si vous n'êtes pas convaincu, filez chez expertise citoyenne.

Edit :

La prévention ne passe pas que par le dépistage. Saviez-vous que les actions suivantes réduisent votre risque de d'avoir un cancer du sein ?

-Allaiter (Check)
-Avoir son premier enfant avant 30 ans (Check)
-Éviter la pilule et les traitements hormonaux de la ménaupose (Check)
-Ne pas boire d'alcool (Check)
-Ne pas fumer (wé, je continue, Check)

 L'obésité est aussi un facteur. Mais, vous savez que c'est presque contre ma religion de dire qu'il faut faire un régime. Alors bon...

On va faire comme la campagne pour le dépistage : Parlez-en aux femmes que vous aimez :)
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