jeudi 27 septembre 2012

Cuisinez pas cher

Je me souviens de l'engouement qu'avait provoqué mon article sur le fait de vivre avec peu. Je me souviens de questions telles que "mais comment tu fais avec 30€ par semaine ?"

A l'époque j'avais décidé de faire un effort de présentation pour produire un beau compte rendu d'une semaine ordinaire. J'ai fait les photos, j'ai tenu trois jours :)
Alors aujourd'hui je les ai repris, j'ai fait un blog avec ce qui avait pu se passer. Pour dire la vérité, la semaine en question a certainement été un peu différente, j'ai été obligée de combler les trous de mémoire (les menus d'une semaine complète il y a plusieurs mois... Vous voyez un peu).

Vous allez constater que je suis une cuisinière très, heu, simple (d'ailleurs, c'est un peu grâce à ça que j'arrive à tenir avec ce budget)...

Voilà donc un Nième blog... avec une semaine ordinaire de trois personnes à 30 €



Depuis j'ai exigé qu'on passe à 40 € comme je suis enceinte ! Une personne de plus, 10 € de plus.

vendredi 21 septembre 2012

L'avortement. Si on pouvait concillier les pro-choice et les pro-life*

*Aux USA on désigne les pour ou contre l'avortement par les pro choix et les pro vie. J'aime bien cette désignation parce qu'elle exprime précisément mon sentiment vis-à-vis de ce débat.

Pourquoi parler de l'avortement maintenant ? Pourquoi soudainement j'ai commencé à réfléchir sur ce sujet alors que c'était vraiment pas une question que je me posais avant ?

Peut-être parce que je suis enceinte et que je pense souvent à ce truc qui vit en moi. Peut être parce que je viens de m'enfiler deux fausses-couches et qu'à l'occasion les médecins me parlaient de mon "avortement spontané" (c'est le terme). Peut être parce qu'un petit génie républicain a sorti une énormité grosse comme lui il y a pas longtemps (vous savez, le fameux moyen qu'aurait le corps féminin d'empêcher une grossesse en cas de vrai viol >_<)

Bref, j'y pense et j'ai eu envie d'en parler. La position naturelle d'une mormone serait plutôt pro-vie. Et pourtant, j'ai envie de défendre l'avortement. Alors pourquoi une pro-vie de base voudrait se positionner en faveur d'un droit à l'avortement remboursé ?

Parce que parmi les options pour lesquelles je pense que l'avortement est totalement justifié, il y a le danger pour la santé ou la vie de la mère et le viol. Et que j'imagine deux secondes une société où il faudrait justifier de ces deux cas pour pouvoir se faire avorter.

En Pologne, une femme a perdu la vue parce que malgré le certificat expliquant que sa grossesse allait la rendre aveugle (cas rare, mais ça existe), elle n'a trouvé aucun médecin qui a voulu l'avorter.
Et si on parle du viol, là je rigole. On n'arrête pas de dire qu'il y a des cas où il est impossible de prouver le viol et donc de condamner le violeur. Je ne parle même pas de celles qui ne veulent pas porter plainte. Toutes celles-là, se verraient empêchées d'avorter simplement parce qu'il manquerait cette preuve, cette décision de justice, qui prouverait que oui, elles ont bien été violées. Sans compter les délais pour juger ces affaires :

Félicitation madame truc, votre violeur a été condamné pour son crime. Vous avez maintenant le droit d'avorter du petit Norbert, deux ans et demi.

Hum hum...

Alors oui, je suis pour le droit à l'avortement, pour que dans ces cas extrêmes, la mère puisse avorter, simplement.

Et les autres avortements alors ? Même si je suis contre, l'interdiction de l'avortement mène à l'avortement clandestin. Il y a un cas dans ma famille, d'une femme qui a été rendue stérile suite à l'avortement qu'à exigé d'elle son mari (ce n'était pas le moment... Pour eux, ça n'a jamais plus été le moment). C'était l'époque des faiseuses d'anges, des aiguilles à tricoter et des cintres. On peut être contre, et ne pas souhaiter que ceux qui agissent selon d'autres convictions meurent ou soient blessés, ou encore que celles qui subissent la pression de l'entourage aient droit à la double peine (perdre un enfant qu'on voulait garder ET être punie ou charcutée par celui qui opère). On peut être contre la drogue (oui, bon, y a beaucoup de gens qui sont contre la drogue, je sais, mon exemple est bancal) et souhaiter malgré tout que des seringues soient facilement accessibles en pharmacie. Ce n'est pas incompatible.

Pourtant, ça ne m'empêche pas d'être triste. Triste de voir des jeunes filles croire qu'un foetus de moins de trois mois, c'est pas un être humain. Parce que c'est ce qu'on leur a dit quand on leur a parlé de l'avortement. Je sais qu'on n'y est pas attaché. Je sais qu'à quinze ans, avoir un enfant c'est enterrer son avenir professionnel. Mais il y a d'autres moyens.

Parce que moi, quand je vois à l'échographie le foetus se déplacer quand on essaye d'écouter son coeur, parce que dixit le médecin "le Doppler, ça chauffe, normal qu'il n'aime pas", je ne peux pas m'empêcher de me demander quel niveau de conscience a ce minuscule haricot qui ressemble déjà tellement à un humain. Je n'en sais rien, mais je m'interroge.

Il y a un autre moyen. Il y a l'accouchement sous X. Ça demande du courage, beaucoup de courage de décider de mener cette grossesse dont on ne veut pas à terme, mais c'est offrir la moitié. Je ne t'offrirai pas un foyer et une mère, mais je t'offre la vie.

Un enfant qui né sous X a toutes les chances d'être adopté par des parents qui désirent ardemment offrir un foyer. Seulement en France, au lieu de parler d'abord de l'accouchement sous X, on propose l'avortement, en précisant bien qu'à ce stade là, c'est presque comme s'il n'existait pas ce foetus. Pourtant pendant la visite médicale qui précède un avortement, c'est une obligation légale que d'exposer cette possibilité. Est ce que c'est fait ? Ou juste expédié parce que dans notre société, ça ne se fait pas ?

220 000 avortements chaque années pour 500 accouchement sous X...

Donc je dis oui au droit à l'avortement, mais dans mon monde utopique, on présenterait d'avantage la possibilité de l'accouchement sous X.

Alors à quand les pro-choix qui mettraient en avant une meilleure information sur l'alternative à l'IVG, au lieu de vouloir priver les femmes d'un droit qui malgré tout leur revient ?

Parce que quand je vois des mecs anti-avortement dire "oui, la mère elle pense à son choix, mais le choix du bébé ? Il a décidé de mourir lui ?", j'ai envie de lui répondre : "Bon, coco, t'es à mille lieux de savoir ce que représente la maternité et la grossesse. Laisse les femmes en parler entre elles, tu veux ? On a un cerveau et on est d'ailleurs mieux placées que toi pour être émues par une échographie de foetus" (désolée, mais c'est ma deuxième grossesse, je vis en direct live la façon dont le père est complètement à côté de la plaque et n'a pas conscience de ce que vit la mère. Pourtant il est chouette mon mari)

Parce que quand je vois de quoi est composé l'argumentaire des anti-avortements, j'ai pas envie de combattre à leur côté. Parce que malgré tout, une loi pour la vie mettrait en péril ce que je pense être un avortement respectable et légitime. Et pourtant je suis pour le respect de la vie... Et ce respect, ne passera pas par des lois.

samedi 15 septembre 2012

J'arrête pas de le dire...

... les médecins sont des... Non. Allons, soyons bons, ils sont pas bêtes. Par contre qu'on ne me dise pas que la médecine est une science (et une science exacte, là je rigolerais bien fort). Aujourd'hui, surprise de taille donc (pour illustrer mon propos) que je ne peux pas m'empêcher de partager avec vous.

Je suis enceinte. Echographie de datation avec prise de sang complémentaire pour estimer la date de conception. Pour une fois que je sais exactement à quand remonte la date de mes dernières règles, pour le premier enfant j'avais bredouillé une fourchette de deux semaines. Je ne marque pas ces dates puisque je rêve que mes règles arrivent la veille qu'elles viennent me pourrir la vie, je vois pas pourquoi je m'embêterais à calculer religieusement sur un petit carnet, toussa toussa. Elles arrivent. Je le sais. Point.

Sauf que là, ça faisait plus d'un an qu'on trouvait que notre fils avait besoin d'un deuxième gnome à la maison. Donc, j'étais sérieuse, appliquée, je dessinais en code secret (une grosse goutte de sang, personne ne devinera) tout ça sur mon agenda, comptais les jours et tout.

Bon, elle accouche ? vous-dites vous.

Ah, ben c'est bien simple. Les médecins sont formels. La date est fixée et si dans neuf mois plus trois jours il est pas né, on fera venir un huissier (pardon, on me balancera une hormone de synthèse qui nuit à la mère et à l'enfant, provoquant un accouchement violent et augmentant les chances d'avoir recours à l'extraction mécanique ou césarienne d'urgenc ) pour le déloger de mon utérus. C'est la procédure. Mon fils ou ma fille a été conçu... cinq jours avant que je me vide de mon sang pendant une fausse couche précose.

C'est balèze. Nous l'appellerons Jésus. Ou Jésunette. Le bébé qui a été conçu avant de mourir puis de ressusciter.

Aujourd'hui, je me poile donc, l'ordonnance datée du médecin (un autre) vu pour la fausse couche, dans les mains, la pompeuse datation dans l'autre.

Note : Jeanne, je t'aime, hein. Tu vas faire un très beau métier. Moi je le trouve rigolo ce métier et souvent il est très utile.
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