lundi 30 juillet 2012

De l'importance de savoir dire non

J'étais à un mariage il y a quelques jours. Le bal est arrivé, introduit par plusieurs valses. J'en ai dansée une avec mon mari que j'ai un peu charrié parce qu'il ne danse pas très bien. J'étais là à me moquer (pas bien), à dire qu'on avait piétiné une valse et que sont rythme était trop bon pour que je le suive quand mon beau-père m'a joyeusement lancé "allez Floriane, je vais vous apprendre à danser la valse".

Je me suis retrouvée soudainement sur la piste de danse étroitement serrée contre lui à l'entendre dire "c'est une valse particulière, ça s'appelle la valse argentine".

Mon beau-père danse le tango argentin, d'ordinaire avec sa femme, qui est très bonne danseuse également. Et je ne sais pas ce qui lui était passé dans la tête, mais il avait décidé qu'il me ferait danser cette danse, là, tout de suite.

Vous voulez savoir comment je me suis sentie pendant les quelques minutes qui ont suivies ? Je me suis sentie violée. Incapable de suivre ses pas, j'étais collée contre lui, fermement plaquée, presque suspendue dans ses bras qui ne déserraient leur étreinte que pour me remettre la tête au bonne endroit (contre sa poitrine) quand j'essayais d'oublier la promiscuité en tentant de suivre en regardant nos pieds. Je ne savais pas quoi faire, pas quoi dire. Mon cerveau tournait à vide, j'ai eu l'impression de ne plus pouvoir réfléchir, de juste subir.

C'était juste une danse, je le connaissais, j'étais en public et je n'ai pas été capable de lui dire non, de lui dire que j'étais au comble de l’embarras, que je ne supportais pas ce contact et que la sensation était si violente que j'étais littéralement broyée par l'angoisse. C'était juste une danse et je n'avais pas su quoi dire.

J'ai fait ce soir là le parallèle avec les agressions sexuelles. En fait, si je n'étais pas capable d'opposer un non ferme à quelque chose de si anodin, je n'avais pas beaucoup de chances de savoir quoi faire dans un cas plus grave. La vérité c'est qu'on ne s'est jamais préparé à une telle éventualité. Alors je vais faire une exercice ce soir, je vais m'entrainer à dire non. Ce qui marche bien en général c'est de dire ce qui se passe, ce que ça nous fait et demander précisément ce que nous voulons. Et si la personne en face se défend, argumente, vous renvoie à une autre sujet, répéter la demande, jusqu'à ce qu'elle soit entendue.

"Je n'ai pas de liberté de mouvement et nous sommes collés l'un à l'autre, ça me met très mal à l'aise, laissez-moi quelques centimètres pour danser "

Dans la majorité des viols, la victime ne criera même pas. Cette victime c'est nous, celle qui n'imaginait même pas que ça pourrait lui arriver et qui n'a juste aucune idée de quoi faire et quoi dire. Alors si vous voulez me faire plaisir, trouvez-vous un pote ou une potesse et faites vous un jeu de rôle, trouvez les mots, dites les à froid, répétez-les avec force et conviction. Peut être que le jour où votre beau père se mettra en tête de vous apprendre le tango, ou qu'un abruti vous tripotera dans le bus, vous-vous sentirez pas comme deux ronds de flan à ne pas savoir ne serait-ce que quoi dire a celui qui a franchi vos limites.

vendredi 13 juillet 2012

Hopital, mon amour...

[Attention, article spécial fille]

J'étais là, comme d'hab, me demandant où s'était planquée ma dignité alors que je me trouvais les jambes (poilues) sur les étrillés, à moitié à poil (beaucoup de poils) devant deux inconnues. La vérité c'est que dès que je mets un pied à l'hopital, ma dignité m'attend d'un air navré dans la salle d'attente en me faisant coucou.

Enfin bref, j'étais là aux urgences gynécologiques en présence de deux adorables étudiantes sage-femmes qui me triturait le vagin pour les besoins d'une échographie. Et dans ce moment intensément intime, je me suis dit que l'endroit était tout choisi pour parler de sexe.

Je vous la fait courte : Lors de l'orgasme, le corps est parcouru d'ocytocine, hormone responsable des contractions de l'accouchement et sous cet effet donc, le col de l'utérus s'ouvre (et tout un tas d'autres machins d'ailleurs). Pas longtemps, hein, apparemment ça favorise le passage des spermatozoïdes (qui doivent passer du vagin, à l'utérus, où ils trouveront -ou pas- l'ovule tant désiré).

Donc orgasme = ouverture du col de l'utérus. OK ?

Or étant présentement enceinte, c'est précisément ce que ce col ne devrait pas faire. Puisqu'il y a un bébé en préparation de l'autre côté. Alors benoitement, j'explique que je suis inquiète à cause des saignements qui se produisent à chacun de mes orgasmes.

Croyez pas que je parle de mes orgasmes à tout le monde (enfin si, au monde entier grâce à ce blog, mais j'ai l'illusion que personne le lit, et surtout pas les gens qui me connaissent), mais là je me disais "urgence gynéco", "sage femme" ça devrait le faire, d'autant que je suis déjà au 36e dessous en matière d'estime personnelle (rapport aux chaussettes trouées que je portais aujourd'hui en sus de tout le reste).

-C'est votre col, me répond la brave sage-femme, il est très vascularisé, il est donc sensible, il arrive pendant un rapport qu'il soit stimulé et donc qu'il saigne.

-Pas du tout, on a bien observé ! Si il n'y a pas d'orgasme, il n'y a pas de saignement (oui, j'étais à peu près rouge pivoine à ce stade là).

Je la vois rire nerveusement

-Ben, peut-être que vous aimez ça.




J'ai bafouillé, on a dû entendre "occytocine" et "contraction du col". Je suis sortie, ma dignité m'attendait carrément sur le parking, moi, mes chaussettes trouées, mes poils et mon amour de la stimulation du col de l'utérus.

Mon mari est passé me chercher et m'a entendu vociféré pendant une demie-heure sur ces sages femmes qui avaient même pas un vague aperçu de la fonction non-reproductrice du vagin, que c'était scandaleux et que je savais toujours pas si ce serait ceinture pour moi pendant les neuf mois qui suivraient.

Une heure après, j'étais prête à attraper mon téléphone, apeller les urgences, dire que j'étais la patiente poilue et que j'étais clitoridienne et qu'elle avait rien compris et que ses cours pour sage-femme c'était tout pourri.

Je l'ai pas fait.

samedi 7 juillet 2012

Je suis une bloggeuse mode

J'ai décidé de me lancer dans la photo journalière de mes fringues, pour cela j'ai décidé de mettre ma tenue la plus élégante et me prendre en photo dans la nature avec un air revêche :


En fait non, j'avais juste envie d'introduire un nouvel article photo sans dire "voilà les nouvelles photos !"
Donc le mot d'ordre cette semaine : crétinerie et mauvais goût inclue dans l'option Provence. Il fait chaud et je sens mes neurones fondre ce qui explique le caractère très très cliché de cette série. Bonjour les petites fleufleurs et les filles pensives (ma jumelle, hein, pas moi)






dimanche 1 juillet 2012

Mon avis sur l'homosexualité

Et paf ! Dans ton google.

Il y a quelques années, ma mère a témoigné dans une revue mormone de la façon dont elle avait combattu la dépression. Dans un premier temps, beaucoup de personnes sont venues me trouver pour me dire à quel point ce petit texte d'une demie page avait brisé un tabou, leur avait fait du bien et représentait un acte courageux. Certains qui connaissaient mes parents l'ont accusée de trainer mon père dans la boue (il n'était pas du tout cité, mais implicitement c'était dire qu'il avait échoué en tant que mari puisque sa femme était dépressive). Puis j'ai réalisé à quel point cet acte était courageux puisque désormais, tous ceux qui avaient lu cet article lui ont collé l'étiquette de dépressive. Certaines réflexions des années après la publication me l'ont confirmé.

Pourtant à l’extérieur, peu de personnes peuvent dire que ma mère a traversé des épisodes de dépression très grave. Moi même j'identifiais ces périodes comme des périodes de fatigue alors même qu'elle songeait à se prendre un platane. Oui, chacun a son suicide type, bizarrement quand elle m'en a parlé par la suite, il s'est avéré qu'elle avait toujours associé la possibilité de mourir avec un fracas de taule contre un platane, mais bon, on s'en fiche, vous êtes certainement en train de vous demander quel est le rapport avec l'homosexualité. Le voici.

Tout comme ma mère, je prend aujourd'hui le risque d'avoir une étiquette que beaucoup trouvent dérangeante.

Je suis bisexuelle. Et je suis mormone.


J'aimerai dire aux hétérosexuels que ce n'est pas quelque chose que l'on devient avec son environnement. C'est au fond de vous et ça se développe pendant votre adolescence quand votre sexualité se construit. Ce n'est pas le fait d'un traumatisme, d'une éducation ou d'une envie d'être originale. La première fois que j'ai compris que quelque chose clochait, j'avais une dizaine d'année.


Ma sœur jumelle est bisexuelle, et elle n'a subi aucune expérience traumatisante à part un chien qui l'a mordu quand elle était petite et une chute de vélo. Je dis ça pour ceux qui se baseraient sur mon vécu pour expliquer ce qu'ils ne comprennent pas. Nous n'avons pas d'homosexuels dans notre entourage familiale et l'homosexualité a toujours été condamnée dans notre éducation. Ça a été ma preuve que c'était inscrit au fond de moi, au fond de mon ADN qui est le même que celui de ma sœur jumelle.

Je sais ce que c'est que de se dire qu'on ne devrait pas avoir ce genre de pensées, de rêves ou d'attirance. Je sais ce que c'est que de penser qu'on est quelqu'un de pervers et bizarre les jours où on a la foi. Je sais ce que c'est que d'entendre les gens qu'on aime, dire des choses qui sont fausses, sans pouvoir ouvrir la bouche. Je me souviens de la panique quand j'ai mis un mot la dessus. J'étais pire qu'une homosexuelle. J'étais même pas orientée. Quand j'étais hors de l'église je pensais que c'était mes péchés qui me rendaient comme ça. Que si j'étais chaste, je ne serai plus attirée par certaines filles. Puis je suis retournée à l'église, j'ai remis ma vie en ordre. J'ai vécu à nouveau comme une parfaite mormone. Je priais, lisais les écritures, remplissais mes appels, avais des expériences spirituelles très puissantes. Je me sentais en paix avec moi-même. Je sentais que Dieu approuvait ma vie. Et devinez quoi. Il m'arrivait encore d'être attirée par certaines femmes, comme je pouvais l'être parfois par des hommes.

Aujourd'hui je n'ai plus de problèmes avec ça. Je sais ce que je suis et je ne considère plus cela comme un péché. Mon mari sait ce que je suis. Quelques homosexuels et bisexuels mormons aussi. Quelque part, cette non orientation ne m'a pas empêchée de me marier au temple avec un homme que j'aime profondément. Je traite mes attirances pour les femmes comme celles pour les hommes : je les traite comme des attirances qui visent quelqu'un d'autre que mon mari. Et comme je veux être fidèle en pensée et en action, je n'encourage pas ce genre de pensées. C'est tout.

La position de l'église est la même que la mienne : L'attirance pour le même sexe n'est pas un péché. Les rapports sexuels entre personnes du même sexe sont un péché. Je suis contre le mariage homosexuel. Le mariage est une institution divine à mes yeux et elle a été crée pour être contractée entre un homme et une femme. Je sais qu'on peut faire le choix de vivre selon les standards de l’Église tout en ayant une attirance pour le même sexe. Enfin, je crois aux miracles, mais dans l'immense majorité des cas, l'homosexualité ne se guérie pas. Personnellement, je ne connais aucun cas de "guérison". Je crois que quelque soit le choix d'une personne homosexuelle mormone (vivre selon les standards de l'église ou assumer leurs relations homosexuelles) nous ne devons pas la rejeter ni la résumer à cette partie d'elle-même.

Je ne me définie pas comme bisexuelle. Je suis plein d'autres choses.



Pour ceux qui ne parlent pas anglais, c'est des témoignages d'étudiants homosexuels de l'université mormone BYU qui expliquent comment ils se sont senti quand ils s'en sont rendu compte, l'âge auquel ils se sont aperçu qu'ils étaient différents, les sentiments de souillure et de solitude qui ont suivi ainsi que les remarques des gens qui ne savaient pas (exemple :"ma sœur m'a dit un jour qu'elle ne voudrait pas confier un enfant à un homosexuel, parce qu'ils étaient déviants"). Ils expliquent comment ils ont essayé de changer en faisant tout ce qu'un bon mormon faisaient, leur désespoir de voir qu'ils ne correspondaient pas aux valeurs dans lesquelles ils croyaient. Puis la paix qu'ils ont reçue quand ils ont compris que Dieu les aimaient, avec leur homosexualité.

En parallèle il y a des stats et des citations sur l'homosexualité à BYU, le nombre de tentatives de suicides des mormons homosexuels, leur nombre, l'évolution du code d'honneur qui permet désormais aux étudiants de dire qu'ils sont homosexuels.

La conclusion étant que les choses vont mieux. Et qu'il y a des mormons qui vous aiment, même si vous êtes homosexuels.
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