mercredi 25 janvier 2012

Floriane n'est plus féministe mais elle porte toujours la moustache

 Il y a plusieurs mois, j'ai eu une révélation. Ce jour j'ai écrit les grandes ligne d'un essai qui expliquait pourquoi je ne pouvais plus adhérer à la forme de féminisme que je rencontrais. Voici l'introduction de cet essai dont je cherche toujours le titre...

Elisabeth Kübler-Ross, pionnière dans le domaine des soins palliatifs, a émit l’hypothèse que lors de l’annonce d’une maladie incurable, le patient puisse passer par cinq stades avant d’accepter son état. Après le choc vient le dénie, lui succède la révolte, puis la dépression, le marchandage, et seulement après, arrive l’acceptation. L’inégalité entre les sexes est-elle un maladie incurable ? Suis-je passée par tous les stades du deuil ?

Le choc : La vie m’apprend au fil des cours d’histoire géographie, des discussions et des faits divers que la femme peut être excisée, violée, mariée de force, condamnée à l’illettrisme, privée du droit de vote et j’en passe.

Le dénie : Oui la femme afghane est une victime, oui les femmes françaises n’ont pas eu le droit de vote avant De Gaule. Mais maintenant, en France, on n’a vraiment pas à se plaindre. Le féminisme a d’autres combats à mener que de faire supprimer la règle du « masculin l’emporte » des livres de grammaire. Son combat est ailleurs, en France nous n’avons pas besoin de lui.

La révolte : Je suis en école d’ingénieur, j’ouvre les yeux sur les réalités salariales des cadres supérieurs. Je commence à en avoir marre de me déguiser en petit garçon pour rentrer dans le moule de ces études où nous sommes rarement plus de 20% de filles. Je suis fatiguée d’essuyer certaines réflexions de la part des professeurs qui jugent qu’une femme doit certainement détester la mécanique. Je commence à découvrir la blogosphère féministe française. Je suis en colère. Je découvre la campagne contre le viol, pour que la honte change de camp et ça me rappelle ma propre histoire. J’ai la haine et je le dis. Entre temps je me suis mariée, avec l’homme le plus doux du monde. Mais ça ne calme pas ma colère.

La dépression : Je vois que le débat n’avance pas, je suis de plus en plus confrontée au sexisme. J’envisage d’arrêter mes études, ou de me réorienter vers l’enseignement, projet qui a toujours été un peu présent. Avec quelques régressions vers le stade de la révolte ; cette phase dure quelques mois.

Le marchandage : Bon d’accord, la femme a une place peu enviable, les hommes sont des monstres, mais au moins que ça ne concerne pas mon entourage. Me voilà en croisade pour convaincre ce dernier de changer. Echec cuisant.

L’acceptation : J’ai fait le deuil de mon image d’une société égalitaire.

Curieusement, ce sont deux hommes en colère qui m’ont permit de comprendre. Le premier tenait des propos abjectes sur une victime de viol, le deuxième des propos tout aussi méprisants sur son épouse. Et puis il y a eu mon mari. Lui si gentil, si respectueux qui m’a dit un jour, le regard très froid :
-Est ce que je te maltraite ? Est ce que je te manque de respect ? Est-ce que tu penses que je me considère supérieur à toi ?
-Non.
-Alors arrêtes de me parler de féminisme.

Et voilà, nous y étions. Le gros problème des féministes, c’est qu’elles n’en sont qu’au stade de la révolte, et que dans leur colère, elles ont pointé du doigt la mauvaise personne, se sont trompé de stratégie. Pourtant elles s’en défendent souvent : Le féminisme n’est pas la misandrie (fait de détester les hommes). Pourtant la motivation première des féministes est de mettre fin à l’oppression des hommes sur les femmes. Cet essai s’adresse aux femmes et aux hommes. Aux femmes qui en ont assez de se voir traiter d’hystérique moche et frustrée dès qu’elles parlent de l’égalité des sexes, et aux hommes qui en ont assez de se faire traiter de bourreau /violeur en puissance/gros porcs (rayer la mention inutile).

lundi 16 janvier 2012

Un temple mormon au Chesnay

Avant hier j'écris un message dans un moment de déprime et hier je vois la nouvelle sur facebook : Un temple à Paris, c'est bon, on va l'avoir ! Joie !


Bon, ne vous attendez pas à me voir publier tous les jours. Honnêtement, c'est un concours de circonstance (deux jours de suite... On va sabrer le champomy)

Alors rapidement, ce que nous apporterait un temple au Chesnay, pas loin de Paris ? Pour nous membres de l'église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours (ouf ! Je l'ai écrit en entier, c'est promis les enfants, je dirai mormon pour la suite) ce serait un gain de temps monstrueux.

Ça nous apporterait la proximité, l'occasion de pratiquer le culte du temple plus souvent. Parce que pour le moment, c'est une véritable expédition qui se fait : On doit aller en Suisse, ceux du sud de la France à Madrid, et certains en Angleterre. J'ai dû attendre super longtemps pour me marier religieusement : il fallait que je bloque une semaine. Quand on se fait 10h de route, on reste pas un week end ! Et depuis je n'ai toujours trouvé ni le temps, ni les finances d'organiser un périple à Berne. Et ça me manque ! (Bon, budget étudiant, tout de suite un Nantes-Berne, ça pèse)

Mon mariage en petit comité au temple de Zollikofen (Berne -Suisse)

Bref, un temple au Chesnay ce serait génial. Depuis que je suis enfant j'entends les gens prier pour "qu'on ait un temple en France", bien sûr on perd le ravitaillement en chocolat Suisse, sœur S. ne glissera plus en douce une plaquette de chocolat à bulle dans mon sac le dimanche qui suit son voyage à Berne... Mais bon, deux heures de route contre une journée entière, ça vaut bien tous les chocolats helvétiques.

Vu la réaction de certains, un site tout entier a été créé pour répondre aux questions :

http://www.templemormonparis.org

Bref, comme je suis une grosse flemmarde, aux questions des amis non-mormons je répondrai "templemormonparis.org" est ton ami ^^

Par contre si toi lecteur mormon, tu partages ma joie, laisse un petit com : Alors, un temple au Chesnay, ça te fait quoi en trois mots ?

PS: Et l'architecture, vous en pensez quoi ?

temple de Paris, au Chesnay (je sais c'est pas logique)
Je comprends pas pourquoi certains parlent d'une modification du paysage... Qu'est ce que ça doit être à Rome où ils sont en train de construire ça :

Temple de Rome

samedi 14 janvier 2012

Mormons et autres détails de mon existence

Merci Mitt, grâce à toi il y a plein de gens qui pensent à moi quand ils lisent les info du vingt minutes (Mais oui, je parle bien de "Mitt-le-mormon-qui-malgré-sa-mormonitude-se-présente-aux-elections-américaines).

Les mormons sont-ils un peuple à part ?

Je ne sais pas pourquoi, énormément de personnes savaient que j'étais mormone bien avant de me connaitre. Alors ils me connaissent de vue et se disent "tiens voilà la mormone qui passe", et puis un jour ils tombent dans la même classe, dans le même groupe de TP, ou deviennent simplement ami avec moi par la voie naturelle (le "bonjour, t'as un stylo ?") et la mormone devient Floriane. Mais au fond, la petite case "mormone" est toujours cochée. Et croyez pas que ce soit difficile de venir à en parler. J'ai souvent l'occasion de pas faire quelque chose par "conviction religieuse" et c'est là que je vois apparaitre le regard biaiseux du type qui se dit qu'il va réussir à placer le mot "mormon" comme ça, l'air de rien pour vérifier si ce qu'on lui a dit était vrai.
Mais je vous vois venir à des kilomètres les loulou. Mais c'est pas grave. J'ai des amis qui ont honte d'en parler, parce que ça les classe dans une catégorie qu'elles n'ont pas envie d'avoir : Les différents. Comme je suis une excentrique, ça m'a longtemps paru pas incompatible avec ce à quoi j'aspirais : être différente.

Les mormons sont-ils des gros coincés ?

Alors oui, je suis différente et je ne le cache pas. Je ne dirais pas que je suis complètement intégrée dans la société : Je suis profondément mal à l'aise avec l'alcool et la drogue : je me suis surprise à être choquée la dernière fois qu'on a fait tourner un pétard devant moi. Mon visage entier disait "c'est mal", j'avais pas envie de juger, mais tout d'un coup je me suis rendue compte que je ne ferai jamais partie de ce monde. Que sous mes airs de "je suis open" j'étais quand même pour beaucoup à mettre dans la case "sainte nitouche".

J'ai du mal à faire quelque chose d'aussi banal que de télécharger un film illégalement et chaque semaine qui passe est une nouvelle occasion de me dire que cette fois c'est promis : je ne dis plus de gros mots. Parce que oui les mormons sont définitivement des gens coincés, dont l'idole à qui ils voudraient ressembler est Laura Ingalls et qui jugeront que le dernier Twilight est bien trop hot pour aller le voir.


Les mormons sont-ils parfaits ?

Bien sûr les mormons ne sont pas parfaits. Des fois je me dis que je ne peux pas me permettre de faire un truc parce qu'il y a dix milles yeux braqués sur moi qui attendent de voir comme l'apprentie Laura Ingalls va se gameler. Merci les gars, oui vous les amis non-mormons : votre jugement sauve mon âme et m'empêche de faire des bêtises... Alors les mauvais jours je rentre dans mon costume et je deviens alors l'horrible petite grenouille de bénitier qui fait les choses pour ce que les gens penseront d'elle. Et puis d'autres je me dit que je n'ai jamais été meilleure que quand je suivais gratuitement les préceptes de ma religion, juste pour ce que ça m'apportait : L'assurance d'agir en accord avec ses convictions profondes.

Et si vous avez envie de me poser cette question pleine de condescendance : Tu crois vraiment à tous ces délires de Jésus en Amérique et de prophète moderne, de Dieu qui parle aux Hommes ? Je répondrais que oui, j'ai l'intime conviction que tout cela est vraie parce que je l'ai éprouvé.


Et au fait : Mormon c'est un sobriquet, un nom donné pour se moquer des premiers de notre religion... Un nom que les journalistes ont continué d'utiliser en pensant que c'était notre nom. Mais notre vrai nom c'est Église de Jésus-Chrit des Saints des Derniers Jours. Oui, c'est beaucoup plus long... Et d'ailleurs, nous nous appelons mormons entre nous. On peut pas vous en vouloir donc. Mais du coup à la question "les mormons sont-ils chrétiens ?" le vrai nom est plutôt claire : Oui les mormons croient au Christ, ils se réclament de son église.

Laura, mon idole... Vous savez maintenant d'où me vient mon amour immodéré pour les tresses
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