samedi 29 décembre 2012

Pourquoi les femmes gagnent-elles moins que les hommes

Olympe et le plafond de verre... Un livre : "Pourquoi les femmes gagnent-elles moins que les hommes" de Brigite Laloupe

Cela faisait un moment que j'avais ce livre dans ma pile de trucs à acheter. Et puis Noël est arrivé, et mon époux me l'a offert. Ça a été la grosse marrade à la maison, des hochements de tête ("Hum, oui, on aurait dû s'en douter") et l'occasion pour moi de voir une autre facette d'un des membres de ma famille. Cela a suscité des discussions et j'ai découvert que mon grand père avait un (lourd) passé de militant féministe... Lui, avec sa grande carrière, sa femme effacée (ma grand mère), ses postes à responsabilité dans la prêtrise de notre église, son incompétence totale en matière de ménage et de cuisine, lui l'emblème du patriarchat... Je suis tombée de ma chaise et j'ai vu tout ce que j'avais occulté avant. Bref, je vais vous parler du livre, pas de mon grand père.

Brigitte Laloupe utilise des chiffres, des études et des chiffres encore, elle écarte toutes les raisons qui ne dépendent objectivement que des femmes (mi-temps choisi, orientation dans des filières ou des postes qui payent moins (enseignement, filières littéraires...), etc.) et elle arrive à l'incompréhensible écart de 10% qui reste quand on prend vraiment poste et compétence égale.

Alors contrairement à ce qu'on dit, ce livre est clairement pas à mettre entre les mains des hommes, à part ceux qui sont déjà convaincus (mon grand père l'a lu en hochant la tête, mais bon, il a 50 ans de féminisme militant et de syndicalisme derrière lui... Mon mari lui s'est contenté de me demander si c'était vraiment important pour moi qu'on en parle).

On pourrait couper son livre en trois :
- Ce qu'on devrait savoir (pour changer d'avis)
- Ce sur quoi on n'a aucune prise (pour déprimer un bon coup)
- Ce sur quoi on a une prise (pour changer d'attitude)

1) Ce qu'on devrait savoir :
Que les filles et les garçons sont formatés dès la naissance. Je vous jure, ceux qui pensent que c'est du pipeau, j'ai eu des sueurs froides quand j'ai lu certains trucs que je reproduisais inconsciemment avec mon fils. Personnellement, la grande conclusion que j'ai tiré de ce chapitre c'est qu'il fallait réintroduire de la non-mixité pour le plus grand bien des garçons comme des filles.

L'exemple le plus frappant d'expérience qui montre la partialité de notre éducation : Une photo d'un bébé qui pleure. Quand on dit que c'est un petit garçon les gens pensent qu'il est en colère, quand on dit que c'est une fille, qu'elle est triste. Bref, même les bébé sont soumis à nos stéréotypes et commencent à se construire comme on attend d'eux qu'ils le fassent. On y peut rien, c'est plus fort que nous. La non-mixité nous permet au moins de diminuer cette propension à comparer.

Un des points qui m'a fait lourdement hocher la tête aussi : La majorité des filles présentes dans les grandes écoles sont soit filles uniques, soit issues d'une famille avec que des sœurs. Alors personnellement, je vous montre ma famille : 4 filles, puis 2 garçons, puis 1 fille. Ma soeur jumelle et moi, les aînés, avons été dans une fratrie exclusivement féminine jusqu'à nos 7 ans.

Elle est dentiste, je suis ingénieure. Les deux filles suivantes sont actuellement avec un bac en poche, l'une se dirige vers un BTS de gestion, l'autre a commencé un BTS de diététicienne avant de tenter médecine et prend deux ans sabbatiques pour faire du bénévolat maintenant. Et la petite dernière dit qu'elle irait bien en fac de droit...

Ma jumelle et moi avons toujours été présentées comme les génies de la famille, les matheuses, alors qu'aux tests de QI, la plus brillante d'entre nous tous a été considérée comme la plus faible, la moins douée, la plus lente. C'est la fille qui a précédé la naissance des deux garçons et accessoirement, c'est parmi mes sœurs, celle qui tient le plus de propos sexistes, genre les femmes doivent être pudiques, sexy, minces, douces, gentilles, ouhhh que je suis moche, ouhhh il faut que je me mette au régime, et c'est aussi celle qui est sortie avec les types les plus débiles et misogynes que la terre ait portée. (Et c'est incontestablement la plus jolie de toutes les filles) Cherchez l'erreur.


2) Ce sur quoi on n'a aucune prise :
C'est le moment de présenter toutes les règles contradictoires auxquelles doivent obéir les femmes pour réussir. Et par contradictoire je veux dire qu'on NE PEUT PAS FAIRE. C'est même pas juste difficilement conciliable, c'est plutôt face tu perds, pile je gagne... Un exemple ?

On dit que les femmes gagnent moins parce qu'elles négocient moins leur salaire, qu'elles n'osent pas le faire. Sauf que d'après les tests et études sur le sujet, négocier pour un femme est mal vu, dans un processus  de recrutement c'est presque disqualifiant quand l'interlocuteur est un homme, alors que ça a un impact neutre voir positif pour une candidature masculine. Donc il faudrait qu'on négocie plus, mais si on le fait, on ruine notre image et nos chances de progression.

Ce chapitre est à lire en pyjama, avec une tablette de chocolat noir et un paquet de mouchoir. Il m'a fait déprimer à fond.

Mais attendez deux secondes, il y a de l'espoir :

3) Ce sur quoi on a une prise
Le propos du livre est que c'est entre les mains des femmes que repose énormément de choses. Ce chapitre pointe toutes les fois où nous nous sabordons nous-même et où par contre, nous n'avons aucune excuse.

Pour moi la grande info de ce chapitre est contenue dans la fin du chapitre précédent : Les leader ont le même profil type, qu'ils soient homme ou femme.

Alors c'est là que je vais former une critique : D'abord on aurait aimé connaitre la liste de ces points communs qu'ont les leader. Et puis l'auteur est coach. Pourquoi elle ne nous a pas mis des outils d'action un peu plus concrets dans ce chapitre ? Elle dit justement que le coaching en groupe ou individuel pourrait nous aider sur certaines problématiques (justement sur les points abordés en 2 où le seul espoir vient du cas par cas), mais là je sors mon regard en biais : Dis-nous cocotte, tu aurais peut-être pu nous en dire un peu plus ? Non ?
Bon, je connais la réponse d'avance, l'auto-coaching ça pourrait prendre un autre bouquin complet, et puis c'est pas aussi bien qu'un vrai coaching... Mhhh, wé, bon, OK...

En conclusion donc : Un super livre, bien écrit, qui se lit assez vite, dans lequel on ne se perd pas trop et qui malgré tout donne quelques bases pour sortir de ce cercle vicieux.

Il est pour vous si :
-Vous êtes une working girl ou voulez le devenir
-Vous avez dans l'idée de faire de la politique

Il est pas pour vous si :
-Vous êtes une femme engagée dans une carrière où le diplôme fait tout (médecin, dentiste, avocat pour ne citer qu'eux)
-Vous êtes femme de ménage (ou alors juste pour vous dire que c'est la loose), c'est un peu beaucoup orienté classes supérieures
-Vous êtes un type moyen branché par le fait de vous faire botter les fesses pendant 130 pages. (Elle le fait gentiment, mais ça reste du bottage de fesse)
Et puis de toute façon, je vous parlais de mon grand père en début de chapitre : c'est bien entre les mains des femmes, le plus féministe des hommes ne rendra pas une femme sexiste libérée... (C'était l'autre leçon indirecte que m'a donnée ce livre)...

mardi 18 décembre 2012

Une histoire de pantalon et de féminisme mormon

Saviez-vous qu'aux états unis il y a des groupes féministes mormons assez développés et organisés et que ça va très loin. On y parle de théologie féministe (sujet passionnant au passage, où l'on apprend qu'Eliza Snow était appelée prophétesse et qu'il y avait des ordinations de femmes qui guérissaient les malades aux premiers temps de l’Église, et bien sûr, on ne coupe pas au concept de mère céleste. Mais je m'égare, aujourd'hui je voulais vous parler de pantalon), de comportements individuels machistes, de maladresses sexistes des dirigeantes générales mormones, etc. Bref, ça parle beaucoup et c'est très déstabilisant quand on commence à y mettre un pied. Enfin, moi ça m'a déstabilisée.

Et dimanche il s'est passé un truc. Je ne saurais mesurer l'ampleur du phénomène n'y étant pas (aux USA), mais ça a l'air d'avoir beaucoup secoué tout le monde. Dimanche dernier, c'était le jour officiel du pantalon à l'église.

Pour les non-mormons, il faut savoir que le dimanche, il est demandé aux fidèles de mettre leurs plus beaux habits pour montrer leur révérence. Cela se traduit par les hommes en costume/cravate et les femmes en jupe (longues).
Donc ce que proposait ce groupe féministe, était simplement de ne pas mettre sa plus belle jupe, mais son plus beau pantalon. Parce que tenez-vous bien, et je l'ai découvert à cette occasion, il n'est marqué NUL PART dans les instructions officielles, que les femmes doivent porter une jupe. Et c'est pourtant ce que tout le monde fait.

Alors j'ai lu ce truc, je me suis dit "purée, mais c'est débile, c'est ça les revendications féministes mormones ?" et puis j'ai lu les réactions, parce qu'elles ont été nombreuses et assez violentes. J'ai lu des membres dire que celles qui mettraient des jupes devraient se repentir, un autre dire que c'était parfait puisque ça montrerait les femmes les plus arrogantes et les plus odieuses et qu'ainsi les hommes pourraient les identifier et éviter de les épouser, d'autres dire que c'était hautement blasphématoire et de mauvais goût. J'ai lu des gens les insulter, et c'est un bruit de couloir, pardon, de facebook, mais il y a même eu des menaces de mort.

La réponse était parfois drôle, parfois plus sérieuse. Je n'ai pas tout suivi, mais des hommes ont commencé à soutenir le mouvement et ceux qui voulaient le faire étaient appelés à porter ce dimanche une chemise ou une cravate violette.


 Après cet extrait des memes produits à l'occasion, redevenons sérieux...

J'étais abasourdie par un tel niveau de méchanceté, alors que bon, on est des mormons, on est sensés s'aimer les uns les autres, être gentils, etc. Manifestement, il n'était pas simplement question de pantalons, sinon ça n'aurait pas déclenché autant de violence. Tout ça parce qu'on s'attaquait à un mythe culturel. Je suis convaincue que toutes ces personnes pensent qu'il y a vraiment une règle quelque part qui dit que les femmes doivent s'endimancher avec des jupes.

Mais malheureusement, ça a éveillé en moi le souvenir d'une histoire. G. était une de mes amies à l’église, elle avait tout juste 18 ans, était parfois là, parfois pas là, elle avait un copain non-membre, mais globalement elle était très sincère dans tout ce qu'elle faisait. Et un été elle commencé à venir à l'église en pantalon. L'évêque qui était un gentil petit vieux protocolaire a fini par venir lui demander de mettre une jupe le dimanche (vous voyez, même les évêques gentils ET protocolaires pensent que c'est dans le manuel...)

Et c'est là qu'elle a pu lui dire que si elle cachait ses jambes, c'était pour cacher les bleus que lui avait fait son petit ami de l'époque qui la battait.

Triste à pleurer cette histoire. G. a largué son copain entre temps et le nouveau a l'air infiniment plus doux et respectueux.

Alors en repensant à ça, en me disant que oui, effectivement, certains se permettaient parfois de demander des comptes à celles qui exceptionnellement ne rentraient pas dans le moule, je me suis demandée si je n'allais pas porter un pantalon. Sauf que comme je suis actuellement énorme, les seuls pantalons dans lesquels je rentre sont tout sauf classe. Et puis pour des raisons tout à fait personnelles, j'ai jugé que c'était absolument pas le moment pour moi de m'attirer les foudres des membres.

Et puis j'aime beaucoup la tradition des jupes le dimanche. Mais comme je vous l'ai bien expliqué, il n'est pas seulement question de pantalon, mais de petits signes qui montrent que oui, si on n'a pas le droit de mettre un pantalon sans se faire insulter ou rappeler à l'ordre, c'est qu'il y a un malaise.

Et si il y a des anglophones qui ont envie de voir ce que ça donne (les rageux d'un côté, les féministes qui ont l'impression qu'elles viennent de changer le monde de l'autre), c'est par ici : https://www.facebook.com/WearPantsToChurchDay

vendredi 14 décembre 2012

Permis de grossir

J'ai envie de vous alerter, comme une sentinelle. Parce que ça m'inquiète.

Quand je suis tombée enceinte une première fois, j'ai découvert un monde merveilleux : J'avais officiellement le droit de grossir. J'étais dans une phase où je m'embêtais avec trois kilos en trop (j'étais bête). Et là, non seulement les autres me le disaient, mais moi aussi : Goinfre toi ma vieille, tu as le droit. Merveilleux je vous dit, une liberté dont je ne croyais pas m'être privée, et pourtant je l'ai vraiment ressentie comme telle.

J'étais un coton-tige enceinte, j'avais des fringales de pâtes et je n'avais aucune culpabilité quelque soit la quantité et la qualité que je mangeais, et j'ai pas trop fait attention aux "mais 7 mois ?!? Tu les fais pas du tout"

Et puis j'ai accouché. Petit bébé fantastique auquel j'avais du mal à m'attacher pourtant, mon corps était étrange, ma nouvelle situation était étrange. Mes seins, je vous parle pas de l'hécatombe, mes jeans, je pouvais toujours pas y entrer et mon vagin qui ressemblait plus à grand chose était le cadet de mes soucis face à un autre problème majeur : Je n'avais plus d'abdo, je ne pouvais pas envisager de courir dix mètres, mes muscles n'en étaient pas capables. Et puis il y avait les yeux, j'y voyais moins bien. J'ai appris qu'une grossesse avait un prix que je ne soupçonnais pas.

Et un mois était pas passé que sans que je demande quoi que ce soit, on me disait "t'inquiète, tu mettras pas longtemps à retrouver ton poids d'avant, et puis t'es bien partie"

Alors la vie a été bien cruelle, parce que j'ai perdu les sept kilos qu'il me restait en trois jours. J'ai perdu ces sept kilos et d'autres aussi, sur un lit d’hôpital. J'avais plus d'abdominaux avant, après ça je n'avais même plus les bras et les jambes pour me porter, j'étais en fauteuil roulant, le fait même de m'assoir pour manger m'épuisait. D'ailleurs ce bébé qui avait fait irruption dans ma vie, je ne l'avais plus non plus. Une heure par jour quand j'étais en état. Il a fait son premier sourire, je n'étais pas là.

Mais j'avais la ligne. La ligne vieille dame décrépie. Je me souviens de l'expression de mon mari au bord des larmes un jour où il assistait à ma toilette. "Si tu te voyais, tu as la peau sur les os... Tu es devenue toute petite"

Et on m'a félicité. Pour cette ligne que j'avais retrouvée si vite. Les gens ne savaient pas. Et on m'a comparée à une amie qui avait un bébé de presque le même âge et qui semblait toujours enceinte de 7 mois. Là j'ai commencé à me dire "danger"...

J'ai retrouvé mes abdos, mes biceps, mes cuisses et toute la clique (et même mon vagin, youhou !). Je ne sais pas si j'ai repris mon poids d'avant, je ne suis plus jamais montée sur une balance depuis.

Et là je suis à nouveau enceinte, trois ans plus tard. Et celle qui fait mon suivi a dit "bon, pour le magnésium, vous pouvez prendre du chocolat noir, vu votre gabarit vous pouvez vous le permettre. Pas de folies, hein, deux carrés par jour..." Mais c'est quoi ce délire ? Il n'y a pas qu'elle en plus. J'ai commencé à entendre des remarques sur le fait qu'on grossissait, c'était normal, mais il fallait faire attention. J'ai dû prendre quatre kilos en cinq mois, mais on brandi le spectre de la prise de poids devant moi. On sait jamais...

Alors j'ai peur, j'ai peur que la France avec son "mangez, bougez" débile soit en train de devenir ce que j'ai vu en Russie. En Russie quand vous êtes enceinte, le médecin vous met au régime. Aliments autorisés : Kasha (bouillie de blé) et Kompote (tisane à la pomme). Et après, c'est Niet ! Ce n'est pas une blague, ce n'est pas exagéré, c'est la réalité d'un pays où les femmes sont terrifiées par la prise de poids.

Une femme enceinte au régime augmente les chances que l'enfant qu'elle porte devienne obèse. Je comprend même pas comment des médecins peuvent se laisser gagner par cette folie. La grossesse est le moment où je ressens le plus fort les appétits de mon corps, les brider est la pire chose qu'on puisse faire alors qu'ils crient si fort. Et je suis scandalisée qu'on puisse croire que j'attends l'approbation du corps médical pour bouffer du chocolat (que je m'enfile à hauteur d'une tablette par jour, désolée), attristée quand les gens pensent me faire un compliment en parlant de ma minceur exemplaire, affligée de voir des jeunes filles de 15 ans me dire qu'elles veulent être aussi mince que moi quand elles seront enceinte (Holà, y a le temps cocotte).

Je hais ce permis de grossir qui est quand même en train de disparaitre. Je hais cette petite idée vicieuse qui s'infiltre dans nos têtes et qui nous dit que attention, on pourrait bien se réveiller gros un jour et que ce serait la fin du monde. Je hais cette mentalité stupide qui fait que certaines de mes amies les plus belles ne peuvent pas se regarder comme elles sont vraiment.

mardi 11 décembre 2012

Photo choupinours de grossesse

Bon, vous le savez tous, on est en train de rentrer dans une ère photographique. Maintenant le pékin moyen peut s'offrir une machine potable, les filtres et instagram vous donnent l'impression de faire des trucs trop artistiques de la mort qui tue et les blogs de nana qui font de la photographie de bébé et de grossesse fleurissent de partout avec des tarifs très abordables. Je dis ça, je suis aussi une grosse victime de la photo mania...

Mais j'aime pas trop les photos de grossesse, parce que c'est souvent la même :

-la fille, à poil qui se tient le ventre d'un air tendre... Je t'aime mon ventre
-La paire de chausson posée sur le bide (mais arrêtez, on sait qu'il va avoir des petits pieds et que ce sera super mignon, mais quoi ?!?)
-Le "c'est un garçon" ou "9 mois" ou encore mieux, le dessin de bonhomme avec un nez-nombril... Bref je me gribouille le ventre
-Le bisous du père/grand frère/grande soeur, toujours sur le ventre
-Les mains en cœur

Et puis mes préférées :

-Les photos pseudo de charme...

Heu... Oui, d'accord, on est belle, on célèbre la féminité et tout et tout... Ça valait vraiment le coup de te déguiser en strip teaseuse cheap et de cambrer les reins encore un peu plus en regardant la caméra d'un air languissant ? Bref, j'aime pas les photos de grossesse (l'occasion de faire une photo à poil comme ça, parce que là, on est enceinte, d'ailleurs tiens, je vais la mettre sur facebook). Et ce matin, je me suis réveillée avec une envie de me prendre en photo. Je me suis dit que j'allais mal, très mal.

Alors pour pas vous mentir, je vais vous dire la vérité sur la grossesse et la beauté de la femme qui rayonne de féminité. A contre jour, avec un air mélancolique, ça donne ça (oui, j'ai pris l'option main enlaçant tendrement 5 kg de placenta, de liquide amniotique et de foetus gigoteur) :





En vrai, le soir quand on se couche avec celui qui nous a rendu si belle et si féminine, ça donne ça :


En vrai, la deuxième photo, c'était la veille de la piscine avec la sage femme, j'ai essayé le maillot que j'avais pas mis depuis trois ans pour voir si je rentrais encore dedans et là j'ai dit "mais je suis énorme en fait ! Je m'en était pas rendu compte, tu peux me prendre en photo pour que je vois ce que les autres voient ?" Wahou, si c'est ça que les autres voient, je suis super rassurée...

Ça doit être un truc comme les Grimlins, passée une certaine heure ça se transforme si on donne à manger.

mardi 4 décembre 2012

Ma pire expérience de Sainte Cène

(Pour les mormons, les autres y verront un intérêt très réduit)

Sur mere-en-sion.com, il y a un concours où on doit raconter sa pire expérience... Je me suis creusée la tête pour me rappeler quel était mon pire souvenir en la matière. Le voilà :

J'ai une petite sœur qui aime faire des expériences. Genre "que se passe-t-il si je pédale à fond puis que je lâche le guidon ?" (réponse, plein de points de suture). Donc un dimanche, en passant le plateau de Sainte Cène, elle a dit à sa voisine (je crois que c'était Béré, mon autre petite sœur, mais je ne suis plus très sûre) : "A trois je lâche, un, deux, trois".

Vous avez donc le tableau : Un plateau de gobelets rempli d'eau (bénie), répandu sur la moquette et la gamine qui ouvre de grands yeux "Quoi ?! Je l'ai prévenu !"

Voilà, je crois que c'est ça mon pire souvenir de Sainte Cène. A ce jour, Seth ne m'a jamais fait un truc aussi tordu. Et pour info, la sœur en question a fini par devenir quelqu'un d'à peu près fréquentable ^^

dimanche 18 novembre 2012

L'histoire d'un type qui s'appelle Weed

L'histoire d'un type qui en moins de quelques mois est devenu le symbole mormon pro-acceptation de l'homosexualité, puis de l'homophobie pour redevenir finalement celui de l'acceptation.



Josh Weed vit à Washington, est mormon, marié, père de trois filles et thérapeute familial. Le phénomène commence le 7 juin 2012 quand il fait son coming-out sur son blog (lien en anglais bien sûr). Un père de famille mormon qui fait son coming-out ce n'est pas nouveau, c'est même la réalité assez tragique de nombreuses familles qui explosent quand un des conjoints arrête la mascarade et quitte le foyer. Mais là où commence la fascination c'est que sa femme était au courant quand ils se sont mariés et que oui il fait son coming-out, mais non ce n'est pas pour la quitter et refaire sa vie avec un homme. Il sort du placard le jour de son dixième anniversaire de mariage et exprime tout l'amour qu'il a pour son épouse qui avant de l'être était sa meilleure amie. Elle prend la plume d'ailleurs pour s'exprimer dans cet article.

Une des choses dont il parle souvent est l'acceptation et le besoin de réconfort des gays qui font face à quelque chose de très dur.

L'article répond aux questions suivantes :

1) Pourquoi avoir voulu partager cette information ?
réponse en résumé : En tant que thérapeute il se doit d'être honnête avec ceux de ses patients qui sont homosexuels, il veut ajouter sa pierre à l'édifice de la compréhension de l'homosexualité en racontant la façon dont il le vit et enfin il pense que ça l'aidera à être plus authentique avec ses amis et connaissances.

2) Que veux-tu dire par "je suis gay" ?
réponse en résumé : Il s'agit de son orientation sexuelle : Il est sexuellement attiré par les hommes et pas sexuellement attiré par les femmes.

3) Quand as-tu su que tu étais gay ?
réponse en résumé : Vers 12/13 ans.

4) Si tu t'es marié avec une femme, comment peux-tu être vraiment gay ?
réponse en résumé : Il donne là son avis de thérapeute familial certainement : le sexe c'est plus que de l'envie et des pulsions. La sexualité qu'il a construit avec sa femme est l'expression de la connexion de deux personnes qui s'aiment. Parce qu'ils n'avaient pas les bases d'un amour "chimique", ils ont dû construire sur la base de l'intimité, la communication, l'amour authentique et l'affection.

5) Est-ce que ta femme savait que tu étais gay quand vous-vous êtes mariés
réponse en résumé : Oui

6) Pourquoi ta femme a choisi d'épouser une personne gay ?
réponse en résumé : Là sa femme prend la plume et raconte leur histoire. Elle l'a d'abord soutenu quand il lui a dit qu'il était gay mais qu'il voulait se marier et avoir des enfants. Elle lui a dit que la solution était peut être qu'il trouve une femme pour qui le sexe n'avait pas d'importance. Des années plus tard elle s'est rendu compte que Josh avait toutes les qualités qu'elle recherchait pour son futur mari.


7) Pourquoi ne décides-tu pas d'être vraiment toi même et de vivre selon le mode de vie homosexuel ?
réponse en résumé : Il est gay, donc ce qu'il vit est par définition le mode de vie d'un gay. Il explique que le choix qu'a à faire un gay qui veut une famille est de toute façon horrible : Construire une "fausse" famille dans le fait que les parents qui élèvent les enfants ne sont pas les deux parents biologiques. Ou ne pas avoir d'enfants. Il a choisi de construire un couple sur des bases différentes que la majorité des couples.

8) Est-ce que tous les gays mormons ou chrétiens devraient se marier avec quelqu'un du sexe opposé ?
réponse en résumé : Non, la dessus Josh Weed est très clair : C'était sa voie, la sienne, il l'a su après des années de prières et de questionnement. Chacun doit rechercher pour lui-même ce qu'il doit faire et il reconnait que les mariages contractés par des gays se soldent très souvent par des échecs.

Vous me direz, fantastique, l'histoire est atypique et touchante. Elle parle d'un parcours, d'amour et d'acceptation. Parce que Josh Weed assume complètement ce qu'il est et clame qu'il est gay malgré son mariage, que ça ne se guérie pas, que ça fait partie de lui et qu'il l'assume encore et encore.

Sauf que... Sauf que non.

Le phénomène est relayé et des parents s'emparent de son cas pour dire que quand on veut, on peut. La communauté homosexuelle déteste ce gars et son mariage contre nature. C'est un faux, un paria, un vendu... Et quand la conférence annuelles "Circling the wagons" arrive c'est la panique : Cette conférence regroupant des mormons est l'occasion pour les familles d'homosexuels de mieux comprendre. On y rencontre des auditeurs très différents : des homosexuels qui ont fait le choix de l'abstinence, des homosexuels qui ont fait le choix de vivre avec leur partenaire tout en gardant la foi, de parents d'homosexuels, de conjoints divorcés d'homosexuels qui ont gardé de bons contacts...

Et devinez quoi, Josh Weed est invité. Il viendra de Chicago à Salt Lake City pour parler. Et non seulement il est invité, mais il fait parti des orateurs majeurs. Certains déclarent qu'ils ne viendront pas, d'autres se contentent de grommeler. Du côtés LGBT (Lesbien, Gay, Bisexuel, Transexuel) c'est pas la joie.

Et là à lieu le deuxième discours : Josh Weed s'excuse. Il s'excuse de la façon dont son message a été utilisé et dit "Si vous entendez quelqu'un utiliser mon nom et mon message pour mettre la pression ou blesser un homosexuel, sentez-vous libre de dire que vous avez entendu de ma bouche que je suis contre".
Son discours se nomme "une leçon d'amour inconditionnel". Quelque soit le choix de la personne concernée, c'est son choix, pas le vôtre. Vous ne devez que l'aimer, c'est la seule façon de le soutenir correctement.

Il relate une des histoires qui l'a profondément attristé : Une famille a envoyé le lien de son article à un enfant homosexuel en lui disant que c'était un exemple de ce qu'on faisait quand utilisait correctement son libre arbitre et que si il le faisait, ils lui parleraient à nouveau. Mais qu'en attendant ils ne voulaient plus le voir.

C'est tout le contraire de ce qui s'est passé pour Josh, et il l'explique :

Son mariage aurait probablement échoué si il était basé sur l'envie de faire plaisir à son entourage et c'est seulement parce que son père lui a dit que QUOI QU'IL FERAIT, IL L'AIMERAIT, qu'il a pu prendre cette décision. Il fait le parallèle avec un de ses meilleurs amis qui a décidé de quitter l'église. Alors que cet ami l'avait aimé sans condition quand il lui avait avoué qu'il était homosexuel, lui s'était permis de le juger et de le sermonner quand il avait décidé de quitter l'église. Cette attitude est motivée par la peur, pas par l'amour.

Enfin il conclue en disant que le vœux de chacun est certainement celui-ci : 

1.     Nous voulons que nos proches homosexuels se sentent acceptés dans leur famille. 
2.     Nous voulons que nos proches homosexuels se sentent acceptés dans les chapelles si ils choisissent d'y venir, et plus largement par la culture mormone si ils ne le font pas.
3. Nous souhaitons de tout notre cœur que les suicides s'arrêtent.*

A ce moment c'était fini, l’icône anti-homosexuelle était redevenu une icône homosexuelle mormone : Une illustration de la diversité qu'on trouve dans ce milieu. J'ai vu des messages enthousiastes sur facebook, ceux qui l'avaient condamné lui disaient merci, se réjouissaient de cette participation.

Extrait de son discours :
I said the following to that group of mostly believing LDS gay people: “If someone is pressuring you to marry heterosexually saying that they think this is the ‘answer’ for you or will ‘fix’ you, they are likely motivated by fear instead of love and don’t actually have your best interest, or the best interest of a potential spouse, in mind . . .  please don’t weigh yourself down with that expectation for yourself if it is something you don’t want for your own future. Marriage to the opposite sex might not be a part of your journey here in life, and that’s okay.”

(Traduction : J'ai dit ceci à un groupe composé majoritairement d'homosexuels mormons : "Si quelqu'un fait pression sur vous pour que vous fassiez un mariage hétérosexuel et dit qu'il pense que c'est la "réponse" pour vous et que ça vous "réparera", cela est probablement motivé par la peur plutôt que l'amour et n'a à l'esprit ni votre intérêt, ni l'intérêt de votre potentiel conjoint. S'il vous plait, ne vous dévalorisez pas avec cette attente si ce n'est pas ce que vous voulez pour votre propre avenir. Le mariage avec le sexe opposé ne fera peut être pas partie de votre parcours, et ce n'est pas grave.)

*On estime qu'un adolescent gay ou bisexuel a entre 7 et 13 fois plus de chances de tenter de se suicider qu'un adolescent hétérosexuel (Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pid%C3%A9miologie_du_suicide). Cela s'explique par la crainte que leur secret soit découvert et la honte qu'ils éprouvent à ne pas être "normal". Je crois qu'on peut parler ici d'homophobie dans le sens littéral du terme : La peur d'être homosexuel. De la bouche d'un homosexuel d'âge mûr j'ai entendu "je ne souhaite à personne d'être homosexuel"

mardi 13 novembre 2012

Islam

On est en train de laisser pourrir un truc, j'ai l'impression qu'autour de moi c'est de plus en plus normal de dire qu'on est contre l'Islam, contre ses signes extérieurs, contre sa doctrine. La dernière fois j'ai entendu "l'islam n'est pas compatible avec la démocratie, on devrait l'interdire" et ça m'a fait mal parce que je savais que quoi que je puisse dire, ça ne ferait pas avancer le débat. Alors j'ai fermé ma bouche, sachant que le combat était perdu d'avance. Mais je n'aurais pas dû. Parce que "qui ne dit mot conscent".

Alors je profite de pouvoir l'ouvrir sans être interrompue pour dire ce que j'en pense et je prend aujourd'hui la décision solennelle de ne plus jamais fermer la bouche quand j'entendrai une remarque islamophobe. Je n'argumenterais peut être pas longuement, mais je dirais "Moi je crois que cette religion foncièrement bonne".

1) "L'islam devient de plus en plus envahissant, marre de ces barbus qu'on voit partout et de ces filles voilées".

Oui, l'islam est présent en France, et oui, ça se voit. Oui, on peut se sentir soudain envahi parce que ce n'est pas notre religion. Mais la liberté de culte est un bien précieux. Et le port de la barbe pour les hommes et du voile pour les femmes ne veut pas dire extrémisme, mais pratique d'un culte. Il s'agit bien d'une religion. On n'accuse pas les bonnes sœurs de polluer notre paysage visuel. Essayez de voir les musulmanes voilées comme de sympathiques bonne sœurs, vous allez voir, vous les trouverez même mignonnes comme une carte postale à la fin.

2) "C'est une religion qui appelle au djihad depuis le début, c'est foncièrement violent".

Si on lit l'ancien testament on a des récits absolument cauchemardesques de massacres des Cananéens où hommes, femmes, enfants et animaux devaient être tués, tous sans exception. Une personne mal intentionnée pourrait très bien utiliser les textes de la Bible pour appeler au meurtre, d'ailleurs c'est ce qui a été fait pendant les Croisades, l'Inquisition, les guerres entre Catholiques et Protestants, le massacre des Cathares. A-t-on déjà entendu quelqu'un dire que le christianisme était foncièrement violent ?

3) "C'est une religion qui a toujours rabaissé la femme".

Le fondateur de l'Islam lui-même a dit "Le meilleur d'entre vous est celui qui est le meilleur avec les femmes" et ce à une époque où la femme n'étaient rien.

Mais on peut aller plus loin : La civilisation arabo-musulmane est celle qui est à l'origine du phénomène de l'amour courtois. Dans une Europe barbare où on violait son épouse et où l’Église réprimait sévèrement la sexualité et les femmes, lors des premières croisades et au contact de la culture andalouse, les seigneurs européens ont découvert une culture raffinée où les hommes adoraient littéralement leur femme. Fascinés par ce qu'ils avaient découvert, ils ont tenté de reproduire ce qu'ils avaient vu à leur retour. Il y a peut-être aujourd'hui un problème culturel, et je dis bien culturel, mais les musulmans ont un héritage de respect envers les femmes qu'on ne peut pas nier si on se penche sur son histoire. Et si vous vous en donnez la peine, vous rencontrerez plein de musulmanes fortes et libérées et pleins de musulmans respectueux.

4) "Ils prennent la mouche, un rien et le monde musulman crame tout".

Bon, d'abord ils s'en prennent plein la tête tout le temps. Même les plus calmes sont à fleur de peau. Que les plus influençables et que quelques gourous décident de répondre par la violence à toute provocation est une des conséquences directe. Et puis quand on gratte, on se rend compte que pour l'immense majorité des musulmans pratiquants, il n'y a pas plus de réaction que des communiqués de profonde indignation. Arrêtons d'appeler le monde musulman les pays arabes. Pour commencer la majorité des musulmans sont maintenant asiatiques. Ensuite arrêtons d'appeler le monde musulman les manifestations de quelques centaines d'individus (au sein des pays arabes même aussi d'ailleurs).

5) "S'ils veulent vivre selon la charia, qu'ils retournent chez eux"

Ben justement, c'est ici chez eux. Oui oui, il y a des musulmans français. Même plutôt pas mal en fait.



Et comme l'islamophobe est quelqu'un de très courageux, c'est aux femmes qu'il s'en prend majoritairement. Pas au fameux barbu qui fait peur, mais à la mère de famille qui a pour seul tord d'avoir mis son plus beau foulard pour sortir dehors. Les agressions physiques à caractère islamophobes sont pour la plupart commises sur des femmes (84% des agressions rapportées pour ce qui existe comme chiffre) et pour avoir côtoyé des filles voilées je peux vous dire que ça va de la brûlure de cigarette qui a bousillé le foulard qu'on remarque une fois de plus quand on vient de rentrer chez soit, aux violences sexuelles. Et puis il y a les remarques, les regards en biais et l'exclusion. Comme à la maternelle, j'ai vu des gens mettre à l'écart les élèves voilées de mon école d'ingénieur.

En France on cherche à voir ce qu'il y a de pire et forcément on trouve. Cherchez ce qu'il y a de meilleur et vous trouverez du bon et même du très bon.
Je sais que ce n'est pas facile, je n'ai pas toujours eu un regard bienveillant sur l'Islam, mais le jour où je lui ai donné une chance, j'ai découvert qu'il y avait un monde riche et beau caché derrière tout ça.


vendredi 9 novembre 2012

Le gygy, meilleur ami de votre vava

Vous l'aurez peut être deviné, mais le terme gygy me sort par les trous de nez... Bref...

Je vais peut être basculer vers un gynécologue pour mon suivi de grossesse et j'aime pas ça. J'aime pas ça parce que ça voudrait dire que je passe en grossesse pathologique et bon, personnellement, j'ai jamais aimé être malade.

Et puis aussi parce qu'il va falloir que j'explique à celui qui va prendre la relève pourquoi je voulais pas de lui dès le début.

Cher gygy...

Gygy versus sage femme


La grossesse n'est pas une maladie. Oui, on le dit tout le temps, alors dis moi pourquoi je devrais aller voir un médecin si je ne suis pas malade ? Parce que tu es médecin toi, et spécialiste en plus, non ? Il y a une profession toute trouvée pour m'accompagner dans mon état de grosse pas malade, c'est celle des sage-femmes.

Ah, mais oui, mais vous savez ma petite dame, on peut dire qu'un accouchement s'est bien passé que quand il est terminé, avant on ne sait pas, hein, il y a toujours un risque. OK, alors dis-moi pourquoi le fameux gygy s'est pointé quand mon fils était sorti, que la sage femme avait accompagné mes 10h de travail, les poussés et le petit soucis du bébé qui ne respirait tout simplement pas. Et puis moi tu vois, je suis hyper égoïste : je préfère les 35 minutes de consultation moyenne des sages femme, aux 10 minutes des consultation moyenne du gygy. Et la sécu aussi, parce que les deux consultations ont légèrement pas le même prix.

En fait si je vais voir un/une sage femme quand à priori tout va bien c'est parce que :
1) C'est son métier
2) Je suis une sale égoïste qui aime être écoutée (au passage, ça a permis des diagnostiques qu'avaient loupé le fameux gygy, consulté aux urgences parce que son emploi du temps est blindé de femmes qui n'ont pas franchement besoin de lui, donc que prochain rendez-vous disponible, c'est dans quatre mois madame)
3) Je suis patriote (haha) et j'aime la sécurité sociale qui a mal à son trou (oulà, c'est très tendancieux ce que je viens de dire)

Alors voilà pourquoi, cher monsieur gygy, je viens que maintenant : Parce qu'avant, il n'y avait pas besoin et j'avais pas envie.

Mais je vais aller plus loin, et je vais t'expliquer pourquoi non seulement j'ai pas envie de te voir quand je suis enceinte, mais j'ai pas non plus envie de te voir une fois par an. (article super neuneu sur l'examen annuel)

Le gygy est une dérive sexiste

Chez le gygy, t'as dix ans d'âge mentale


D'abord, poses-toi la question, pourquoi tu as hérité d'un surnom aussi débile que gygy. Est ce que les gens vont voir leur denden (dentiste), leur carcar (cardiologue) et leur... kiki (yey ! Kinésithérapeute). On va voir le cardio et le kiné, oui, je veux bien, parce que le mot est un peu long. Mais pour moi, le terme gygy illustre très bien ce qui se passe chez un gynécologue : La méga infantilisation de la femme, par elles-même d'ailleurs parfois.

Pourquoi ? Parce qu'on parle de sexe, et le sexe c'est gênant, alors l'attitude de 90% des gynécologues hommes c'est le paternalisme. Le paternalisme ça permet de pas sexualiser le rapport. Et puis chez les femmes gynécologues, c'est la froideur absolue. Parce que fatalement, elles, elles peuvent pas jouer les papas, alors elles trouvent un autre moyen de mettre une distance.

Donc voilà déjà pourquoi, je n'aime pas aller chez un ou une gynécologue : je n'aime pas le biais de comportement qui a été créé par la discipline. Pas votre faute, mais ce serait bien de s'en rendre compte. J'ai jamais croisé un autre spécialiste qui s'est permis de me mettre une tape derrière la tête comme si j'avais cinq ans.

Chez le gygy et que ça saute


Ensuite, la deuxième chose qui me dérange sévère c'est cette obsession du suivi. Vous connaissez d'autres spécialistes qui vous demandent de venir faire un bilan comme ça, tout les ans, au cas où ? Oui, voilà, le cardiologue, le dermatologue, l'urologue, vous allez me prendre un rendez-vous, allez, tous les deux ans, hein, on sait jamais.

En plus, je veux pas dire, mais je connais mieux mon vagin que mes poumons, mon cœur et ma rate, ben oui, fatalement, tu vois, je l'utilise à peut près deux fois par semaine avec mon partenaire sexuel, j'en essuie la sortie plusieurs fois par jour (à chaque fois que j'urine...) et j'ai même (enfin plus maintenant), l'insigne honneur de mettre mes doigts dedans une fois par mois (coupe menstruelle, mais aussi celles qui mettent des tampons quoi). Mais on ne sait jamais, même si tout va bien, que t'es réglée comme une horloge (haha, le jeu de mot moisi), il faudrait que t'aille te faire examiner...

Et oui, le vagin c'est mystérieux...

Vous savez, le rectum aussi c'est à l'intérieur du corps, si c'était ça l'excuse...

Et les messieurs alors ? On leur demande d'aller se faire observer le pénis tous les ans à partir du début de leur activité sexuelle ? Ben non, je vais pas tenter de dire que c'est sexiste, j'attends la réponse éclairée de quelques urologues qui seraient dans le coin. Doit y en avoir une.

Alors la contraception vous allez me dire... Ah, tiens, encore un truc que les sages femmes savent faire. Même le stérilet, elles peuvent le poser et le retirer (Source : ordre des sages femme).

Donc désolée, je ne vais jamais chez un gynécologue, pour ça, pour le fun. Et tiens, parlons en du fun, justement, c'est la dernière chose que j'avais à dire.

La funitude de la consultation chez le gygy

Alors qu'il a été démontré que le toucher vaginal systématique n'était même pas une nécessité en cas de grossesse (une grossesse quoi, encore pire qu'une fille qui a un vagin tout ce qu'il y a de normal !) et même que c'était quelque chose de négatif, chez le gynécologue, tu te retrouves systématiquement les jambes écartées à moitié (ou totalement d'ailleurs) à poils. Alors cher gygy, je vais t'expliquer comment ça se passe. Tu vois, quand je rentre chez toi, je suis en mode déconnectée : Mon vagin n'existe plus, dans ma tête il n'est plus à moi et c'est comme ça que je supporte assez bien les examens gynécologiques.

Et jusqu'à y a pas longtemps, je trouvais ça normal. Ca me permettait d'aller sans appréhension aux consultations (parce que pour d'autres, c'est pas aussi simple, certaines n'y vont pas alors qu'elles ont de vrais symptômes, juste à cause de cette perspective réjouissante de se faire triffouiller par un inconnu).
Et puis en lisant un témoignage d'ancienne prostituée qui décrivait très bien cet état de dissociation qui lui permettait d'enchainer les clients sans devenir cinglée, je me suis rendue compte que non, ce n'était pas normal. Ce n'était pas normal d'être obligé de mettre sa pudeur dans la poubelle, de désensibiliser toutes ses zones érogènes, d'être coupée en deux, la tête d'un côté, le corps de l'autre.
Et quand la dernière fois, tu m'as demandé d'enlever le bas pour une échographie où tu n'as fait que balader ta sonde sur mon gros ventre, je me suis dit que j'en avais raz le bol de te montrer mon vagin, comme ça, juste pour le fun.

Je sais qu'il y a des moments où on peut pas franchement faire autrement, mais demande toi si tu accepterais de te faire poser une sonde dans le derrière une fois par an, juste comme ça, pour le fun. Non, venir chez toi, c'est pas le fun, c'est d'ailleurs pour ça que je ne viens que quand j'en ai besoin.

bisous bisous

La sorcière du logis


ERRATUM : Suite à des commentaires émanant d'une sage femme et d'un généraliste, il s'avèrerait que le frottis soit quand même quelque chose d'important. Seulement c'est après les 25 ans ou 8 ans après le début de l'activité sexuelle. Les deux premiers à un an d'écart, puis tous les trois ans. Mais pas tous les ans dès 16 ans :)
Et puis aussi si on prend la pilule, un suivi particulier à faire. Bref...

mardi 6 novembre 2012

Et si Romney gagne...

Au début, j'étais enthousiaste à l'idée qu'un mormon rentre dans la course à la maison blanche. Je me disais qu'on nous verrait un peu moins comme des fermiers polygames. Et puis il est devenu de plus en plus crédible et de candidat il est passé à présidentiable. Je suivais ça d'un oeil, en France.

Et maintenant je me demande, si il gagne... Qu'est ce qu'il va se passer.

Les français l'aiment pas. La presse française clairement pas du tout. Obama est toujours le chouchou (et bon, personnellement, je le trouve très charismatique aussi), il est toujours présenté avec des photos cool, alors que bizarrement Romney a souvent une tête de crétin sur les photos. Je ne suis pas dupe, c'est le genre de détail que je remarque (comme quand DSK a été accusé à New York, soudainement, la presse n'avait plus que des clichés où il ressemblait à un vieux sénile pervers). Si l’élection américaine dépendait de la presse française, il se ramasserait.

On parle de lui pour évoquer ses bourdes (le hublot... par exemple), pour évoquer des scandales qui n'en sont pas du tout aux états unis (les patrons qui disaient que si c'est Obama qui est élu, il y aura des licenciements et faudra pas s'en plaindre)... Et pour avoir un aperçu de la campagne par mes contacts américains, je peux vous dire que les bourdes d'Obama, par contre, elles passent à la trappe.

Exemple : Quand son colistier a dit que la femme de Romney n'était qu'une fille qui n'avait jamais travaillé de ses mains, riche et complètement déconnectée de la réalité. Alors que c'est une femme qui a une sclérose en plaque, a eu un cancer du sein, qui a élevé cinq enfants et qui a passé les premières années de sa vie de femme mariée dans des conditions de pauvreté plutôt intense (trois enfants en bas âge et étudiants tout les deux, le couple Romney n'a pas toujours été milliardaire)... Ce tollé là, personne n'en a parlé en France.

Et quand le colistier CATHOLIQUE de Romney, dit des idioties sur l'avortement... Ça devient des idioties mormones. Je veux bien que ce soit pas malin, mais chacun ses boulets, hein.

Bref, tout ça pour dire que si Romney passe, il sera le nouveau Bush, la presse passera son temps à descendre tout ce qu'il fera et nous le présentera comme un handicapé mental. Et mormon par dessus le marché. Et si en plus, ce grand andouille de républicain fait des erreurs (et il en fera, il n'y a pas de doute, même sexy Obama a pris des décisions pas toujours éclairées), ça ne pardonnera pas.

Ah, un autre truc au passage, non, les démocrates (Obama) c'est pas l'équivalent du PS, c'est plutôt l'équivalent de l'UMP... Et Obama aussi est pété de tune, il a fait du droit à Harvard... C'est pas franchement le modèle du pauvre, l'avocat Harvardais

Et enfin, sur l'histoire de la fraude fiscale... J'entends encore des français en parler : C'est son ancienne entreprise qui est soupçonnée. Et pour un mormon, frauder le fisc, c'est très grave, c'est une des raisons pour lesquelles on peut vous refuser l'accès au temple. Alors soit c'est un sale mormon jusqu'aux bouts des ongles et dans ce cas, il fraude pas. Soit c'est un sale fraudeur. Point.

Voilà, plus que quelques heures pour savoir si le cadeau empoisonné Romney va gagner (et si il perd, j'entends déjà les "pfff, de toute façon, il aurait jamais été élu ce débile..." Rahhh, je sais pas ce que je veux)

mercredi 17 octobre 2012

L'affaire des tournantes de Créteil

Ça me déprime rien que d'y penser. Mais allons-y (après je vous jure, le prochain billet sera sur un sujet plus rigolo).

Recette pour une tournante tout ce qu'il y a de plus normal :

-Plusieurs racailles convaincues que la vie c'est comme dans les porno
-Une fille
-Menace de représailles sur la famille si elle parle
-Menace de représailles si elle ne revient pas
-L'argument "elle est consentante", "d'ailleurs elle est revenu".

Voilà, vous avez ce qu'on retrouve dans quasiment toutes les affaires et les gens s'étonnent. Ça fait plus de dix ans qu'on sait comment ça se passe. Parfois la fille est la petite amie d'un des agresseurs, parfois c'est juste une fille qu'on croise dans la rue une fois et qu'on fera revenir indéfiniment.

Et je peux vous dire que ce phénomène est courant. Pourquoi ? Une fois ma sœur a entendu une dizaine de mecs préparer un viol collectif quand elle prenait le bus. Ils étaient tellement sûr que c'était normal qu'ils n'ont même pas pris la peine de se planquer pour en parler. Une grosse cité bien crade ? Marseille nord ? Non, Colomiers, petite ville de 30.000 habitants. Et qu'a fait ma sœur à l'époque, qu'aurait-elle pu faire ? Elle ne connaissait pas les personnes. Elle aurait été incapable de les identifier. Elle peut juste dire qu'elle a été témoins auditif d'un plan pour attirer une fille dans une cave, elle ne sait pas où, par elle ne sait pas qui.

Mon frère lui a entendu un récit de viol collectif par une ancienne connaissance de l'école primaire. Il avait juste envie de vomir devant ces mecs qui rigolaient en décrivant le calvaire de la fille, il a juste eu envie de se flinguer quand on lui a demandé si il pouvait pas faire tourner sa petite amie qui l'attendait plusieurs mètres plus loin. Encore une fois, qu'aurait-il pu faire ? Je n'en sais rien.

Donc 1) les viols collectifs sont un phénomène courant et récurant. C'est le quotidien de nombreuses cités.

Et il faut bien se dire quelque chose, c'est que dans la tête des violeurs, c'est normal de faire ça, les femmes sont comme ça dans les films, les femmes on s'en fiche et de toute façon, les copains font pareil.

Et la justice maintenant ?

Et bien, c'est très simple : Prenez une victime qui parle des années plus tard quand elle parle. Prenez quinze témoins qui seront tous là pour dire que oui, à la limite ils ont eu un rapport sexuel. Mais qu'elle était consentante.

Aucune preuve, quinze témoins qui soutiennent la même version.

Alors oui, dans la tête de n'importe qui, on ne croit pas un instant cette bande de violeur. Mais au niveau de la justice, l'avocat n'aura pas de peine à prouver qu'il n'y a aucune preuve que le rapport était non consenti.

Donc 2) La justice ne peut pas juger ce genre d'affaire, même si le mode opératoire et la défense seront toujours identiques.

Alors il faut faire quoi ? Je n'en sais rien. Ce que je sais c'est que le système ne sait pas gérer ça. Ce que je sais c'est que moi j'ai la chance de ne pas être obligée de vivre dans une cité, mais que si c'était le cas, je ne lâcherais pas mes filles (potentielle victime) et mes fils (potentiel agresseur) d'une semelle. Et qu'en aucun cas je ne ferais confiance à la justice qui n'a absolument rien de juste.

Bref, pour qu'on se pose la question, qu'on réfléchisse à la manière dont cette horreur peut être traitée...

samedi 6 octobre 2012

leadership féminin mormon

Je ne pouvais pas laisser passer cette occasion de parler d'égalité entre l'homme et la femme. Aujourd'hui j'ai assisté à la conférence mondiale de la société de secours, il s'agit de la réunion annuelle des instances dirigeantes féminines mormones à l'attention des femmes mormones.

Carole Stefens, deuxième conseillère de la présidence de la société de secours - conférence de 2012


Je voudrais parler de leadership féminin et de ce que m'inspire les dirigeantes de ma religion. Avant de continuer plus loin il est important de connaitre trois choses à propos de ces leader.

-Dans l'église de Jésus Christ des saints des derniers jours, les dirigeants ne sont pas rémunérés. Il y a certes des indemnités pour certains postes qui permettent de couvrir les frais de déplacement, mais cela ne constitue pas un métier.

-On ne brigue pas un appel (poste de dirigent). C'est très mal vu et même impossible à dire en public sans passer pour un illuminé. L'appel est sensé être une décision qui est inspirée par Dieu lui même, pour un certain temps. Tirer orgueil d'un appel montre généralement qu'on n'a rien compris. Un appel est même plutôt considéré comme un moyen qui nous est donné de progresser.

-Avoir un poste de dirigent, c'est un appel à servir autrui et généralement, plus il est haut dans la hiérarchie, plus il vous prendra du temps et de l’énergie.

Pour ces trois raisons, je ne peux pas comparer cela à un accomplissement professionnel : Ces gens n'ont pas travaillé dur pour y arriver, ne sont pas rémunérés et ne tirent pas de gloire personnelle à être à ces postes.

Alors qu'est ce que m'enseigne cette réunion d'une heure et demie sur ma position de femme ?

Tout d'abord j'ai été enseignée par des femmes, qui ont parlé de l’Évangile. J'ai été nourrie spirituellement par des femmes. 

Ces dernières ont parfois été de simple mères au foyer, mais elles sont toutes allée à l'université dans un pays où on ne fait pas ça juste pour passer le temps puisque ça coûte un bras. Ces dirigeantes renvoient l'image qu'une femme doit se donner la peine de faire des études, même si elles décident de ne pas faire de carrière. D'autre part, dans un monde où les femmes au foyer ne sont rien socialement, je suis reconnaissante d'avoir des modèles de femmes fortes et influentes qui ont occupé cette tâche sans honte (parce que oui, pour l'intégralité des femmes dans l'église, leur influence est indéniable et elles participent à beaucoup d'instances qui ne concerne pas que les femmes, mais les membres en général) .


Ensuite, comme vous devez le savoir, la musique a une place importante dans notre culte (le chœur du tabernacle mormon est un des chœurs les plus connus du monde)... Ce fût l'occasion pour moi de voir UNE chef de choeur. Je ne connais pas les chiffres aux états unis, mais en France, 95% des concerts sont dirigés par des hommes. Donc dans la vie civile et culturelle, les femmes ne sont pas que celles qui dansent en tutu et jouent de la clarinette. Elles sont aussi parfois directement aux commandes.


Choeur féminin, dirigé par une femme lors de la conférence de la société de secours 2012

Enfin, si cette conférence était celle du changement puisque nous avons changé de présidence, cela a été pour moi l'occasion de me rappeler une autre leçon que la présidence précédente m'avait donnée. Il faut savoir que les trois dernières personnes à former la présidence comptaient une femme célibataire et en surpoids qui avait une maîtrise et une carrière derrière elle et une femme d'Amérique latine qui avait étudié les mathématiques.

Pour moi cette présidence incarnait le fait qu'une femme pouvait : ne pas correspondre aux canons de beauté, n'être liée à aucun homme, étudier des sujets qu'on qualifierait de masculins, faire partie d'une minorité ethnique dévalorisées (les sud américains sont un peu aux états unis ce que sont les maghrébins chez nous du point de vu de la ségrégation et des clichés) et être choisie pour représenter la féminité et exercer son influence dans le monde.

Présidence de la société de secours de 2007 à 2012, dans l'ordre : Sylvia Henriquez Allred, Julie Beck et Barbara Thomson

J'aime quand ces femmes s'adressent spécialement aux femmes du monde entier, j'aime quand elle parlent pendant les conférences qui s'adressent à tous les membres. Et j'aime le message qu'elles transportent : Chacune de nous sommes des filles aimées de notre Père Céleste, nous avons notre place dans ce monde, nous avons une influence positive à exercer.

Et comme la conférence générale ça dure tout le week-end, je vous invite à venir écouter un prophète et des apôtres moderne dans une des paroisses près de chez-vous.

mercredi 3 octobre 2012

Je n'irais pas me faire dépister...

"Y a-t-il eu dans votre famille des cancers ? Avez-vous des antécédents"

Cette question, on me la pose à chaque fois que je rencontre un nouveau médecin. Au début j'ai essayé de donner la liste exacte. Mais je m'y perdais, parce que voyez-vous, chez nous, quasiment tout le monde a fait un cancer du sein. Et si c'est un rebelle, il a fait un cancer d'autre chose. Mais pour résumer, je ne connais pas un seul de mes ascendantes qui n'ait pas fait de cancer du sein après les 50 ans (sauf la rebelle, je vous disais, qui s'est contentée d'un truc aux viscères puis d'un autre aux poumons) et ce jusqu'à mes arrières grand-mères.

Et le plus rigolo ? J'ai même mon arrière grand père qui nous parlait de son "cancerrrr dou néné" (roulez les R s'il vous plait, c'était ce genre de personne âgée).

Oui, j'ai des antécédents. D'ailleurs quand je donne tous les mois à l'asso pour la recherche et l'accompagnement du cancer du sein, j'ai pas l'impression d'être philanthrope, juste d'investir pour mon futur.


Et pourtant... Je n'irais pas me faire mammographier tous les deux ans. Ni maintenant, ni quand j'aurais cinquante ans.


Je vais vous éviter ma version de l'histoire. Je suis pas douée pour argumenter. Je vous cite juste ce que UFC-que choisir a publié sur le dépistage systématique du cancer du sein :


● Non détectée, toute anomalie se développe et aboutit inexorablement à la mort.
Faux. Certains cancers n’évoluent pas, voire régressent. D’autres évoluent si lentement qu’ils n’auront pas de conséquence sur la vie de la femme qui en est porteuse.

● Le taux de mortalité par cancer du sein est réduit de 30 % chez les femmes qui participent au dépistage organisé.
Faux. Le chiffre annoncé de 30 % de réduction de la mortalité par cancer du sein (0,1 % en chiffre absolu) a été fortement revu à la baisse par un groupe de chercheurs indépendants en 1999. Cette réduction serait de 0,05 % en chiffre absolu.

● Le dépistage organisé entraîne moins de traitements lourds chez les femmes dépistées.
Faux. Plusieurs études ont montré, au contraire, un taux de 20 % de mastectomies (ablations du sein) chez les femmes dépistées.

● Parmi les premiers à avoir œuvré pour le dépistage organisé, les Anglais envisagent de revoir toute l’information donnée aux femmes. En France, silence radio.
Vrai. Les autorités sanitaires anglaises ont décidé de remettre à plat toutes les données sur le dépistage du cancer du sein. À l’inverse, l’évolution des connaissances et la remise en cause du dépistage qui en découle ont très peu d’échos en France.

Et si vous voulez approfondir, si vous n'êtes pas convaincu, filez chez expertise citoyenne.

Edit :

La prévention ne passe pas que par le dépistage. Saviez-vous que les actions suivantes réduisent votre risque de d'avoir un cancer du sein ?

-Allaiter (Check)
-Avoir son premier enfant avant 30 ans (Check)
-Éviter la pilule et les traitements hormonaux de la ménaupose (Check)
-Ne pas boire d'alcool (Check)
-Ne pas fumer (wé, je continue, Check)

 L'obésité est aussi un facteur. Mais, vous savez que c'est presque contre ma religion de dire qu'il faut faire un régime. Alors bon...

On va faire comme la campagne pour le dépistage : Parlez-en aux femmes que vous aimez :)

jeudi 27 septembre 2012

Cuisinez pas cher

Je me souviens de l'engouement qu'avait provoqué mon article sur le fait de vivre avec peu. Je me souviens de questions telles que "mais comment tu fais avec 30€ par semaine ?"

A l'époque j'avais décidé de faire un effort de présentation pour produire un beau compte rendu d'une semaine ordinaire. J'ai fait les photos, j'ai tenu trois jours :)
Alors aujourd'hui je les ai repris, j'ai fait un blog avec ce qui avait pu se passer. Pour dire la vérité, la semaine en question a certainement été un peu différente, j'ai été obligée de combler les trous de mémoire (les menus d'une semaine complète il y a plusieurs mois... Vous voyez un peu).

Vous allez constater que je suis une cuisinière très, heu, simple (d'ailleurs, c'est un peu grâce à ça que j'arrive à tenir avec ce budget)...

Voilà donc un Nième blog... avec une semaine ordinaire de trois personnes à 30 €



Depuis j'ai exigé qu'on passe à 40 € comme je suis enceinte ! Une personne de plus, 10 € de plus.

vendredi 21 septembre 2012

L'avortement. Si on pouvait concillier les pro-choice et les pro-life*

*Aux USA on désigne les pour ou contre l'avortement par les pro choix et les pro vie. J'aime bien cette désignation parce qu'elle exprime précisément mon sentiment vis-à-vis de ce débat.

Pourquoi parler de l'avortement maintenant ? Pourquoi soudainement j'ai commencé à réfléchir sur ce sujet alors que c'était vraiment pas une question que je me posais avant ?

Peut-être parce que je suis enceinte et que je pense souvent à ce truc qui vit en moi. Peut être parce que je viens de m'enfiler deux fausses-couches et qu'à l'occasion les médecins me parlaient de mon "avortement spontané" (c'est le terme). Peut être parce qu'un petit génie républicain a sorti une énormité grosse comme lui il y a pas longtemps (vous savez, le fameux moyen qu'aurait le corps féminin d'empêcher une grossesse en cas de vrai viol >_<)

Bref, j'y pense et j'ai eu envie d'en parler. La position naturelle d'une mormone serait plutôt pro-vie. Et pourtant, j'ai envie de défendre l'avortement. Alors pourquoi une pro-vie de base voudrait se positionner en faveur d'un droit à l'avortement remboursé ?

Parce que parmi les options pour lesquelles je pense que l'avortement est totalement justifié, il y a le danger pour la santé ou la vie de la mère et le viol. Et que j'imagine deux secondes une société où il faudrait justifier de ces deux cas pour pouvoir se faire avorter.

En Pologne, une femme a perdu la vue parce que malgré le certificat expliquant que sa grossesse allait la rendre aveugle (cas rare, mais ça existe), elle n'a trouvé aucun médecin qui a voulu l'avorter.
Et si on parle du viol, là je rigole. On n'arrête pas de dire qu'il y a des cas où il est impossible de prouver le viol et donc de condamner le violeur. Je ne parle même pas de celles qui ne veulent pas porter plainte. Toutes celles-là, se verraient empêchées d'avorter simplement parce qu'il manquerait cette preuve, cette décision de justice, qui prouverait que oui, elles ont bien été violées. Sans compter les délais pour juger ces affaires :

Félicitation madame truc, votre violeur a été condamné pour son crime. Vous avez maintenant le droit d'avorter du petit Norbert, deux ans et demi.

Hum hum...

Alors oui, je suis pour le droit à l'avortement, pour que dans ces cas extrêmes, la mère puisse avorter, simplement.

Et les autres avortements alors ? Même si je suis contre, l'interdiction de l'avortement mène à l'avortement clandestin. Il y a un cas dans ma famille, d'une femme qui a été rendue stérile suite à l'avortement qu'à exigé d'elle son mari (ce n'était pas le moment... Pour eux, ça n'a jamais plus été le moment). C'était l'époque des faiseuses d'anges, des aiguilles à tricoter et des cintres. On peut être contre, et ne pas souhaiter que ceux qui agissent selon d'autres convictions meurent ou soient blessés, ou encore que celles qui subissent la pression de l'entourage aient droit à la double peine (perdre un enfant qu'on voulait garder ET être punie ou charcutée par celui qui opère). On peut être contre la drogue (oui, bon, y a beaucoup de gens qui sont contre la drogue, je sais, mon exemple est bancal) et souhaiter malgré tout que des seringues soient facilement accessibles en pharmacie. Ce n'est pas incompatible.

Pourtant, ça ne m'empêche pas d'être triste. Triste de voir des jeunes filles croire qu'un foetus de moins de trois mois, c'est pas un être humain. Parce que c'est ce qu'on leur a dit quand on leur a parlé de l'avortement. Je sais qu'on n'y est pas attaché. Je sais qu'à quinze ans, avoir un enfant c'est enterrer son avenir professionnel. Mais il y a d'autres moyens.

Parce que moi, quand je vois à l'échographie le foetus se déplacer quand on essaye d'écouter son coeur, parce que dixit le médecin "le Doppler, ça chauffe, normal qu'il n'aime pas", je ne peux pas m'empêcher de me demander quel niveau de conscience a ce minuscule haricot qui ressemble déjà tellement à un humain. Je n'en sais rien, mais je m'interroge.

Il y a un autre moyen. Il y a l'accouchement sous X. Ça demande du courage, beaucoup de courage de décider de mener cette grossesse dont on ne veut pas à terme, mais c'est offrir la moitié. Je ne t'offrirai pas un foyer et une mère, mais je t'offre la vie.

Un enfant qui né sous X a toutes les chances d'être adopté par des parents qui désirent ardemment offrir un foyer. Seulement en France, au lieu de parler d'abord de l'accouchement sous X, on propose l'avortement, en précisant bien qu'à ce stade là, c'est presque comme s'il n'existait pas ce foetus. Pourtant pendant la visite médicale qui précède un avortement, c'est une obligation légale que d'exposer cette possibilité. Est ce que c'est fait ? Ou juste expédié parce que dans notre société, ça ne se fait pas ?

220 000 avortements chaque années pour 500 accouchement sous X...

Donc je dis oui au droit à l'avortement, mais dans mon monde utopique, on présenterait d'avantage la possibilité de l'accouchement sous X.

Alors à quand les pro-choix qui mettraient en avant une meilleure information sur l'alternative à l'IVG, au lieu de vouloir priver les femmes d'un droit qui malgré tout leur revient ?

Parce que quand je vois des mecs anti-avortement dire "oui, la mère elle pense à son choix, mais le choix du bébé ? Il a décidé de mourir lui ?", j'ai envie de lui répondre : "Bon, coco, t'es à mille lieux de savoir ce que représente la maternité et la grossesse. Laisse les femmes en parler entre elles, tu veux ? On a un cerveau et on est d'ailleurs mieux placées que toi pour être émues par une échographie de foetus" (désolée, mais c'est ma deuxième grossesse, je vis en direct live la façon dont le père est complètement à côté de la plaque et n'a pas conscience de ce que vit la mère. Pourtant il est chouette mon mari)

Parce que quand je vois de quoi est composé l'argumentaire des anti-avortements, j'ai pas envie de combattre à leur côté. Parce que malgré tout, une loi pour la vie mettrait en péril ce que je pense être un avortement respectable et légitime. Et pourtant je suis pour le respect de la vie... Et ce respect, ne passera pas par des lois.

samedi 15 septembre 2012

J'arrête pas de le dire...

... les médecins sont des... Non. Allons, soyons bons, ils sont pas bêtes. Par contre qu'on ne me dise pas que la médecine est une science (et une science exacte, là je rigolerais bien fort). Aujourd'hui, surprise de taille donc (pour illustrer mon propos) que je ne peux pas m'empêcher de partager avec vous.

Je suis enceinte. Echographie de datation avec prise de sang complémentaire pour estimer la date de conception. Pour une fois que je sais exactement à quand remonte la date de mes dernières règles, pour le premier enfant j'avais bredouillé une fourchette de deux semaines. Je ne marque pas ces dates puisque je rêve que mes règles arrivent la veille qu'elles viennent me pourrir la vie, je vois pas pourquoi je m'embêterais à calculer religieusement sur un petit carnet, toussa toussa. Elles arrivent. Je le sais. Point.

Sauf que là, ça faisait plus d'un an qu'on trouvait que notre fils avait besoin d'un deuxième gnome à la maison. Donc, j'étais sérieuse, appliquée, je dessinais en code secret (une grosse goutte de sang, personne ne devinera) tout ça sur mon agenda, comptais les jours et tout.

Bon, elle accouche ? vous-dites vous.

Ah, ben c'est bien simple. Les médecins sont formels. La date est fixée et si dans neuf mois plus trois jours il est pas né, on fera venir un huissier (pardon, on me balancera une hormone de synthèse qui nuit à la mère et à l'enfant, provoquant un accouchement violent et augmentant les chances d'avoir recours à l'extraction mécanique ou césarienne d'urgenc ) pour le déloger de mon utérus. C'est la procédure. Mon fils ou ma fille a été conçu... cinq jours avant que je me vide de mon sang pendant une fausse couche précose.

C'est balèze. Nous l'appellerons Jésus. Ou Jésunette. Le bébé qui a été conçu avant de mourir puis de ressusciter.

Aujourd'hui, je me poile donc, l'ordonnance datée du médecin (un autre) vu pour la fausse couche, dans les mains, la pompeuse datation dans l'autre.

Note : Jeanne, je t'aime, hein. Tu vas faire un très beau métier. Moi je le trouve rigolo ce métier et souvent il est très utile.

vendredi 31 août 2012

Suite de ce sujet rigolo...

Je teste un nouveau format. Le format webcam moisie et clignement d'yeux et "heeuuuuuu" intégré.

Bref, j'avais dit que je vous dirais comment concrètement se défendre, particulièrement quand c'est que dans la tête. Voici ma vidéo. (Et oui, je sais, je ne parle pas assez fort, mettez le son à fond)




Pour le livre dont il est question, il s'agit de Non, c'est Non ! de Irène Zeillinger. Malheureusement il n'est plus disponible, le tirage est épuisé. Mais vous pouvez le lire en ligne ici

mercredi 29 août 2012

Parlons d'un sujet rigolo pour changer : Le viol

Je fais partie d'une famille composée de six femmes/filles : Ma mère et mes quatre sœurs. Sur ces six femmes, à ma connaissance, trois ont subi un ou plusieurs viols, une autre plusieurs agressions sexuelles. Il reste deux survivantes. L'une d'elle a 12 ans. J'aimerais qu'elle ne passe jamais de l'autre côté.

Sur ces quatre femmes, aucune n'a porté plainte.

Et comme vous le savez, je suis issue d'une famille mormone, chez nous on ne porte pas de mini-jupe, on ne sort pas en boîte de nuit, on est à la maison après neuf heure. Nous ne faisons pas vraiment partie de ce que les mythes sur le viol considèrent comme la victime type. Je ne pense pas que les statistiques sur le viol soient vraie. Je pense que l'immense majorité de la population féminine devra faire face un jour à un viol ou une agression sexuelle.

Je ne vais pas vous parler de la façon dont on guéri d'un tel évènement. Je ne vais pas vous parler de la façon dont la justice traite le viol. Je vais vous raconter deux histoires, deux histoires de proches qui m'ont fait radicalement changer d'avis sur le viol.

F. a été violée toute son enfance par son père et son grand-père. Quand on en a parlé elle m'a dit en substance "Je n'aimais pas ça, mais je pensais que c'était normal. Je pensais que tous les papas faisaient ça avec leur fille."

M. a été violée par son meilleur ami. Quand elle en a parlé elle m'a dit en substance "Je ne comprends pas ce qui lui a fait penser qu'il pouvait faire ça. Ce n'est pas un prédateur sexuel, c'est le garçon le plus gentil et le plus serviable que je connaisse. Il a dû penser sur le moment que ce n'était pas grave".

Alors voilà, dans la première histoire on a une petite fille qui ne sait même pas qu'elle est victime. Dans l'autre on a un garçon qui ne sait même pas qu'il est bourreau. En fait quand on regarde les études sur le sujet, on découvre que le violeur type n'est pas un pervers cinglé, mais un mec normal. Vous êtes un homme et vous êtes en train de lire ces lignes ? Vous avez peut-être un jour été à l'origine d'un grave traumatisme et vous ne le savez même pas. Vous trouvez ça injuste ? Je suis d'accord.

Une des choses les plus dévastatrices pour une femme victime de viol est de s'entendre dire que c'est de sa faute. Et pourtant... Si je vous disais que pour mettre fin à l'immense majorité des violences sexuelles on devait s'appuyer sur les femmes. Pas sur la justice, pas sur les hommes, mais sur les femmes.

Mettre fin aux violences sexuelles passe par des femmes fortes.

Si on commençait par enseigner aux enfants que les sensations de leur corps ont toujours raison. Si on enseignait aux enfants que quand quelque chose leur déplait ils ont le droit de se défendre et de dire non. Et si ça doit passer par la honte de voir son gamin refuser de faire la bise à cet dame qu'on a invité à diner, on s'en fiche. Combien de violences sexuelles subies muettement on éviterait.

"Toute transgression de limite n’est certes pas intentionnelle ou malveillante. Nous-mêmes, parfois, dérangeons autrui sans forcément nous en rendre compte ou le faire exprès. Si nous voulons faire respecter nos limites, nous devons accepter l’idée que nous sommes la seule personne capable de savoir où passent nos limites, et de les identifier par nos émotions. Les intentions de l’autre, des éventuelles coïncidences ou autres « excuses » pour le fait qu’une transgression de limites a eu lieu ne changent pas le fait que nos limites ont été transgressées. Ce qui compte, c’est que quelque chose nous dérange, ce n’est pas de savoir si l’autre voulait que cela nous dérange. Et si ça nous dérange, ça doit s’arrêter, basta."

Non, c'est non ! de Irene Zeilinger

Et ce n'est pas tout. Il n'est pas juste question de le dire, montrez-lui comment faire. Il n'y a même pas besoin de parler de sexe et de pédophilie pour ça. Rien que pour vous, une vidéo méga kitch dont j'adore le message (allez, marrez-vous, en plus c'est en Québécois)





Vous avez transformé vos enfants en individus forts ? Maintenant passons aux adultes. Pourquoi un homme peut même ignorer que ce qu'il fait est grave alors qu'il est train de commettre ce que la loi considère comme un crime ? Je ne parlerai pas de l'éducation que le monde leur a donné en la matière, c'est un autre sujet, passionnant d'ailleurs. Alors pourquoi sinon ? Parce que la réaction en face n'est pas logique. Encore une histoire, mais celle-la c'est pas la mienne.

"Je voudrais vous raconter une histoire qui me hante. C’est une histoire vraie. En 1966, à Chicago, un certain Richard Speck entra par effraction dans une maison où habitaient des élèves infirmières. Neuf étaient présentes, huit d’entre elles sont mortes entre ses mains au cours de la soirée. Il était seul. Il n’avait pas d’arme. Il les a enfermées dans une pièce où il est venu chercher ses victimes l’une après l’autre, pour les emmener dans une autre pièce où chacune a été ligotée, puis étranglée. Elles savaient qu’il voulait toutes les tuer. Elles avaient la possibilité de parler entre elles pour développer une stratégie commune. Mais pas une seule fois, semble-t-il, ces jeunes femmes n’ont pensé : « Nous sommes plus nombreuses que lui, on ne se laissera pas faire, nous ne voulons pas mourir. » Une seule a eu la présence d’esprit de se cacher sous un lit – ce fut le seul acte de résistance – et elle a survécu. Il n’avait pas compté ses victimes…"

Pourquoi les femmes ne réagissent-elles pas. Même quand leur vie est en danger ? J'ai parlé un peu avec un de mes frères qui a passé une grande partie de son adolescence à se bastonner avec d'autres débiles. Pour lui, il suffisait que tu l'insultes, il te mettait son poing dans la tronche. Combien de fois m'a-t-on insultée sans même que je lève le petit doigt ? Alors je ne parle même pas d'une agression qui ferait s'allumer toutes les sirènes de mon cerveau en mode "danger, et en plus c'est sexuel !" Pour lui la réaction était un réflexe, pour moi l'inaction était l'habitude. Une fille se bat pas dans la cours. Elle n'est tout simplement pas prête à être malpolie et violente. On ne sait pas faire dans le frontal. Ça peut prendre des proportions dramatiques. Plus l'agression est violente, moins la réaction est possible.

Alors voilà comment on pourrait mettre fin à l'immense majorité des viols, ceux qui sont perpétrés par les amis, les collègues, par les types normaux ? En apprenant à se défendre. En acceptant l'idée que oui, un jour on devra affronter cette situation. Et si en plus on apprenait vraiment à taper, on pourrait même diminuer le nombre de viols commis par les vrais prédateurs sexuels.

C'est bon, la vie est belle, les oiseaux chantent. Y a plus qu'à.

Donc si vous trouvez que ma proposition vaut la peine d'être suivie vous pouvez :

En apprendre plus sur ce qu'est réellement le phénomène du viol (non, c'est pas des récits glauques, c'est des études scientifiques tout ce qu'il y a de plus froid et détaché et je les ai trouvées très intéressantes et utiles)


Apprendre toute seule dans votre coin à vous défendre et devenir une femme forte.


Ou encore mieux, trouver un cours Seito Boe (technique d'auto-défense centrée sur la légitime défense des femmes) ou de Fem Do Chi (même idée) près de chez vous.

Et puis si tout ça c'est trop long, trop compliqué, attendez mon prochain chapitre sur comment apprendre à dire non concrètement (ça vous aidera peut-être pas dans tous les cas, mais c'est déjà un début).


Petite précision : Comme je viens de découvrir avec stupeur qu'une personne a liée sur sa page web un de mes articles sur la sexualité et les mormons et des affaires de pédophilie impliquant des mormons, je tiens à préciser, au cas où quelqu'un poserait la question (enfin, en réalité, on m'a déjà posée la question) : Dans le cas de ma famille, aucun des agresseur n'était un mormon. Voilààààà.

lundi 27 août 2012

6) J'essaye de me coucher tôt

Ceci est un article de la série Zermati l'anti-régime.

On repart pour Zermati, ça faisait longtemps. Alors en quoi le fait de se coucher tôt peut aider à ne pas prendre du poids ? En fait ce n'est pas du tout un postulat de Zermati, d'ailleurs je n'ai lu nul part dans sa théorie qu'il parlait du sommeil. Pourtant aujourd'hui je me dis que c'est dans la même logique anti-régime qu'il promeut.

Reprenons l'idée principale de Dr Zermati : Pour lui le corps grossit ou maigrit pour gérer les fluctuations. Comme ça en cas de famine on ne meurt pas, en cas de trop plein, on stock au cas où on en ait besoin à court terme. Rien de nouveau. Mais pour Zermati, le corps devrait naturellement nous permettre de revenir à notre poids d'équilibre. Il régule. Après les fêtes de Noël on n'a plus très faim. Pourquoi ? Parce que le corps à stocké et qu'il vous dit "c'est bon là, tu as ce qu'il faut, si ça t'embête pas on va revenir à ton poids d'avant, celui avec lequel ton corps fonctionne le mieux".

Et de la même façon, quand on fait un régime draconien, notre cerveau nous envoie de délicieuses images de trucs trop gras, trop sucré, trop salé. C'est pas parce qu'il est masochiste, c'est parce qu'il sait que vous êtes descendu en dessous de votre poids normal, il n'aime pas ça et vous dit "hey, rempli moi tes réserves standard, tu as plus assez pour fonctionner comme d'habitude".

Bref, vous l'avez compris, le corps régule. Normalement il régule super bien et sans qu'on le lui demande. Seulement on lui prend tellement la tête avec nos régimes, et on a tellement besoin de nourriture dans nos coups durs pour trouver un peu de plaisir dans ce monde terne et désolé qu'on en vient à ne plus écouter tous les messages qu'il nous envoie et on grossit...

Mais où vient le plumard ? On ne l'a pas encore vu ? Et bien je vais vous retourner la question : A quoi sert le sommeil? Pourquoi, oui pourquoi sommes nous obligés de dépenser plus d'un quart de notre vie à roupiller ?

Parce que le sommeil, c'est le moment où TOUT est régulé dans notre corps et dans notre tête. Le moment où notre cerveau fabrique des rêves tous plus bizarres les uns que les autres pour évacuer les traumatismes et les frustrations de la journée, pour enregistrer les choses apprises. C'est le moment pendant l'enfance où le corps sécrète les hormones qui nous ont permis de grandir, le moment où les muscles prennent leur repos. Et c'est aussi le moment où le cerveau va sécréter la leptine, l'hormone qui régule le poids.

La léptine a deux moyens de réguler le poids. Le premier et le plus direct, c'est l'effet coupe-faim.


La léptine a deux moyens de réguler le poids. Le premier et le plus direct, c'est l'effet coupe-faim. Ce fameux après réveillon où on ne jure plus que par la soupe de légume.
Wikipédia nous dit en parlant de cette hormone : "Son action essentielle est de diminuer la prise alimentaire grâce à sa fixation sur l’hypothalamus ventro-médian"

Ça se passe donc dans le cerveau. On n'arrête pas de le dire : Maigrir ça se passe dans le cerveau :)

L'autre moyen, c'est de bruler des calories

Mais ce n'est pas tout. Il a un autre moyen d'action, quand on ne l'écoute pas, le cerveau passe à l'étape supérieur : Il vous force à bruler des calories. Comment ? Réponse toujours de wikipédia, toujours sur la leptine :

"Sa présence en quantité plus importante augmente aussi la dépense énergétique en majorant la production de chaleur par l'organisme"

Traduction : Vous devenez des radiateurs sur patte. Et si vous ne le saviez pas, la majorité de vos calories sont brulées pour vous réchauffer. Plus encore que le footing, c'est le fait que votre corps vous garde en vie à une température plus ou moins constante qui dépense l'immense majorité des calories que vous ingurgitez. (Voilà d'ailleurs pourquoi un type qui pédale sur un vélo est le moteur le moins rentable de la galaxie : On lui a donné une tonne de carburant-bouffe, et la majorité sert à chauffer la salle de sport... Un copain ingénieur avait proposé le cycliste dans notre cours d’énergie renouvelable. Il avait fait une étude très sérieuse, calculé touts les indices et tout et tout. Mes panneaux solaires à Lille avaient un meilleur rendement. Quoi vous vous en fichez ? Je vous dis juste que si vous hésitez entre faire pédaler votre belle-mère et installer un panneau solaire, le panneau solaire est plus rentable. C'est un bon tuyau, non ? ) 

Revenons à Zermati. Quand on dort, le corps gère aussi votre maintien du poids d'équilibre. J'en ai fait l'expérience lors de mon séjour en Russie.

Mon séjour en Russie n'a rien été d'autre qu'une longue dépression de six mois. Comprenez, j'ai vécu le fait de ne pas parler pendant 12h éveillées d'affilé. J'étais indignée par ce que je voyais à peut près quatre fois par jour, je voyais mon fils une heure, j'étais isolée professionnellement, j'avais l'impression qu'avec tous mes efforts, la mission n'était qu'un gros échec et dès que j'essayais d'ouvrir la bouche, j'avais l'impression qu'on me prenait pour une débile mentale (du coup, je l'ouvrais plus beaucoup).

Et vous combinez ça à : Les meilleurs pâtissiers de la planète. Oui, les Russes font les meilleurs gâteaux du monde (et le pire des chocolats, mais ils ont le bon goût du coup d'importer le chocolat de Suisse), le tout pour pas cher, gentiment emballé en format familial. Comme disait Liudmila, une connaissance moldave (un peu le même schéma donc : un pays bien froid en hiver et surtout très très pauvre) :  On ne mange pas souvent des gâteaux, donc si on en fait, on le fait bien.

Vous avez donc l'idée générale : Floriane en grave dépression, entourée de trucs où vous prenez dix kilos en une cuillère. J'ai arrêté de mangé des légumes et je n'ai mangé plus que des gâteaux, des pâtes et de la viande (Mhhh, schnitzel... Une escalope de poulet panée qui baigne dans l'huile). Outre l'aspect désastreux que ça a eu sur ma peau, mes cheveux et le fait qu'en un mois j'ai frôlé le scorbut, ça a eu un effet désastreux sur mon estime personnelle. Je mangeais jusqu'à l’écœurement encore et encore en me maudissant d'être aussi faible. Chaque passage à la cantine était le lieu d'un intense débat interne qui se finissait toujours par "Raaaahhhh, demain je prendrai des légumes, demain."

Et mon poids ? J'ai pas pris un gramme. Ça a été fulgurant, j'ai rien compris à ce qu'il m'arrivait. Pourtant j'exagère rien, j'ai bien eu une alimentation de fou pendant plusieurs mois sans aucune interruption. J'ai souffert de ça, mais pas par le biais du poids.

Et puis j'ai fait le lien. Enfin. Je travaillais à une heure en car de StPetersbourg. Tous les matins, à 8h00 j'étais dans mon car, tous les soirs à 18h00 j'étais dans mon car. Et je m'arrêtais au terminus. Et tous les jours je pionçais entre deux heures et deux heures et demie de plus parce que j'étais un peu nauséeuse et que lire aurait été fatal (et qu'au bout d'un moment, le paysage n'a vraiment plus rien de palpitant). Maintenant que ça me revient, j'entends distinctement mon collègue me dire que je devrais mettre une veste, et moi de lui répondre que j'avais pas froid. Ça c'est clair, j'avais pas froid, le carburais aux Schnitzels et à la crème fouettée.

Alors conclusion : Si madame ne perd pas facilement ses kilos de grossesse, c'est peut être monsieur, parce qu'elle dort pas la nuit et qu'elle bosse comme une dingue le jour. Si vous avez grossi pendant votre dépression c'est peut être à cause des insomnies qui allaient avec.

Stop aux régimes, laissons le corps faire ce qu'il fait déjà si bien quand on lui donne tous les outils. Et surtout, qu'on arrête de me dire que les gros ont juste un manque de volonté. Ça tient à tellement d'autres facteurs que la volonté. (Et je sais, je suis une injustice flagrante. Mais c'est bien mon propos : Il n'y a pas de justice dans un 36 fillette. D'ailleurs, je fais du 38, mais on s'en fiche)

mercredi 22 août 2012

Parlons de sexe

Encore ? Oui, en fait pour tout vous dire, je n'avais aucune inspiration, rien à raconter sur ma misérable vie, pas de photo, bien une idée de truc féministe qui me trotte dans la tête depuis hier, mais qui nécessiterait du temps. Et puis je parle des mormons sur un autre blog qui n'est d'ailleurs pas non plus très alimenté en ce moment. Vous voyez, ce n'est pas de ma faute. J'étais obligées de prendre la solution de facilité, mon dernier thème. Parlons sexe.

Aujourd'hui je vais vous parler du rêve. Le lien entre rêve et sexualité.

D'abord je vais vous raconter ma vie, puis ensuite je vous dirai tous les trucs un peu plus scientifiques que j'ai sous la main (et comme d'hab, sans les sources. J'ai vraiment trop la flemme. Donc aujourd'hui article en mode "je me souviens avoir lu je sais plus où").

Parmi les trucs que j'ai raconté sur la sexualité féminine et masculine, j'ai parlé un moment du besoin presque physiologique que représente la sexualité pour un homme. J'invitais le lecteur féminin à prendre pitié faire preuve d'empathie pour son conjoint gravement en manque quand ça fait des semaines que c'est ceinture pour cause de libido dans les chaussettes.

Alors voilà, après avoir donné de bons conseils, il a fallu, ce n'est que justice, que je m'y colle aussi. Pour des raisons purement physiologiques*, ça fait bien trois mois que ma libido a à peu près atteint la chine -en creusant un tunnel passant par le centre de la terre- et que là malgré quelques sursauts, ça faisait un bail que je n'avais même pas envie de commencer à me poser la question s'il y avait moyen d'envisager quoi que ce soit. J'étais très compatissante avec mon mari, je lui disais à quel point j'étais peinée pour lui et tout et tout et il a gentiment respecté la trêve sans rechigner. Puis en discutant, on a finit par convenir qu'il me fallait réfléchir à ce problème.

J'ai dit oui oui, et j'ai élaboré mon plan. Je vous le donne en deux secondes : Le rêve mon capitaine. En ce moment je dors par petit morceaux, conséquence directe, je me souviens de beaucoup de mes rêves.

Petit aparté sur les rêves pour ceux qui ne se sont jamais intéressé à la question.
La nuit on dort plusieurs fois. Plein de cycles qui se succèdent. Le rêve a lieu à un stade particulier du cycle. Si on se réveille et qu'on reste réveillé interrompant notre rêve, on s'en souviendra. Si on se rendort et qu'on passe au cycle suivant, on ne s'en souvient pas. Donc en fait, on fait plusieurs rêves par nuit. Mais on se souvient que du dernier, encore faut-il être configuré pour se réveiller pile poil à la fin et pas un peu après.

Bref, je rêve pas plus que d'habitude, mais je me souviens de tout (d'ailleurs ils sont d'un ennui mortel en ce moment). Or, quand on rêve... On est en phase hyper éveillée sexuellement. Pour l'homme cela se traduit par une érection et pour la femme par d'autres réponses physiologiques dont je ne me souviens plus parce que c'est un poil plus compliqué que les hommes, mais pas de doute sur la réponse physique aux rêves. Je ne parle pas des rêves érotiques, mais bien de celui où vous êtes en train de courir, poursuivi par votre belle-mère brandissant un arrosoir, tient, mais où est passé mon pantalon ?

Alors passionnant vous me direz. Quel était mon plan génial et machiavélique ? J'ai décidé que lors de mes trois réveils (puisque je suis présentement insomniaque), au lieu de pester et essayer de me rendormir pendant une heure, j'allais réveiller mon mari. Parfaitement. Un, mon cerveau est en mode créatif puisqu'il vient de créer de toute pièce un rêve chelou -le mode créatif étant un facilitant pour la mise en mode sexe pour la femme. Deux, mon corps sort d'une phase d'excitation. Trois, mon mari s'en fiche d'être réveillé à trois heure du matin si c'est pour une si bonne cause, d'ailleurs il se rendormira aussi sec grâce aux endorphines sécrétés après l'orgasme. Et quatre, peut être que ça va même m'aider à me rendormir et mettre fin à ce purée d'effet jambes impatientes (essayez de dormir quand vos jambes,elles, veulent faire de course à pied...)

Je vous dit pas pour la suite, seulement ça a marché.

Alors voilà la partie scientifique pas glop mais toutefois très intéressante. Dans certaines prison, à une certaine époque, on a trépané des gars un peu trop turbulents. Pour ce faire on leur a retiré une partie du cerveau associé au sexe. Un peu comme quand on castre un taureau, ça donne un gentil boeuf tout docile. Là on les a castré dans le cerveau. Ces types on arrêté de rêvé. Et sur sur cette conclusion fort palpitante, je vous laisse.



*Premier trimestre de grossesse méga nauséeux, méga fatiguant couplé avec insomnies violentes, canicule pourrie et mauvaise position des astres pour les ascendant poisson rouge.
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