mercredi 30 novembre 2011

Premier compte rendu de "Comment occuper un enfant pendant la sainte cène"




C'est très en retard que je vous fait le compte rendu de ma première mission « dimanche bébé cool »
J'avais même eu le temps de photographier le contenu de mon sac avant de partir à l'église. Peut être le fiasco total de ce premier dimanche en mode commando m'a fait oublié que c'était devenu mon nouveau projet sur mon blog.

Premier constat :

Les jouets : Les jouets choisis sont peut-être petits et trop mignons pour sa maman, mais le fiston n'en avait rien à faire.

La nourriture : Le pain d'épice a fait plein de miettes. Donc out le pain d'épice. Par conter c'est ce qui l'a le plus occupé puisque les jouets ne l’intéressaient pas.

La boisson : Il a pleuré quand il n'y en avait plus. Donc je vais arrêter les boissons sucrées.

Le doudou : RAS

La tétine : RAS

Je voudrais finir par un élément qu'on ne peut pas ranger dans un sac : La Fabienne. La Fabienne est une amie, amoureuse folle de votre rejeton et dont votre rejeton est également follement épris. Je sais que c'est très lâche, mais perso, je n'hésite jamais à laisser Tribouillours à une Fabienne quand elle se propose généreusement :-)

Bref, la prochaine personne interviewée est éducatrice de jeunes enfants. Si un professionnel sait comment occuper un bébé, c'est bien celui-ci. Nous aurons donc un aperçu de quel jouet pour quel âge (et donc, qu'est ce qui va pouvoir occuper Tribouillours pendant 45 minutes, niark niark).

mardi 22 novembre 2011

Les médecins et moi (bis répétita)

[Mode racontage de vie ON]


Je vous ai pas raconté le jour où je me suis prise pour un porte monnaie.

Tout à commencé je ne sais toujours pas quand, ni comment, mais ça a fini au service des urgences gynéco du CHU de Nantes. Ceux qui commencent à me connaitre savent que j'attends de vraiment plus pouvoir faire autrement avant d'aller consulter un médecin. J'ai tendance à croire que je chipote. Et cette fois-ci j'avais cru que je chipotais jusqu'à ne plus pouvoir marcher ou même prendre mon nouveau né dans mes bras. Je revois encore le médecin palper mon ventre.

-ça vous fait mal là ?
-Ouiiiii
-Pourtant il n'y a aucun réflexe de défense, à peine des ganglions. Bon, on va faire une prise de sang histoire de voir si il y a une infection, et puis on se revoit dans une semaine si vous allez pas mieux.

Six heures plus tard, appel paniqué du médecin : Il venait de recevoir les résultats du labo, on avait très peu de temps pour trouver de quoi il s'agissait. Genre très peu de temps avant ce soir. Il a essayé de comprendre ce brave médecin, mais comme aucun des examen qu'il m'a envoyé faire en urgence ne montrait rien, et que j'étais venue pour des douleurs au ventre et des pertes importantes (comprendre truc dégeu de fille pour les mecs qui passent par là), il m'a envoyé aux urgences gynéco. C'est là que j'ai assisté à Docteur House en vrai. C'était moi la patiente.

Bonne nouvelle : ils savaient où c'était, mais pas ce que c'était. Mon utérus était en train de foutre le camp. Alors Docteur House a décidé que ne sachant pas ce que c'était, on allait frapper partout et très fort. Ils m'ont collé sous antibiotique : les quatre les plus utilisés, et les plus dosés, directement sous perfusion. Et comme il fallait faire tomber la fièvre, paracétamol. Bref, on savait pas quelle sale bête il y avait, mais on allait la butter. Et puis on arrêterait un par un, on verrait bien c'est lequel qui marchait. Ensuite ils ont passé trois jours à venir me voir toutes les trois heures pour constater que la température était remontée, et me redonner du paracétamol. J'ai sué, grelotté, chauffé, entendu le "ahhh mais elle est revenue cette saleté de fièvre" navré de l’infirmière, resué, etc. toute les trois heures jusqu'à ce qu'ils découvrent qu'il fallait m'ouvrir le bide pour finir le nettoyage que les anti-bio avaient commencé.

Mais c'est pas ça le plus marrant. Vous savez ce que c'est un effet indésirable ? C'est ce qu'on voudrait ne jamais avoir lu avant de prendre un médicament. Alors imaginez ce que donnent quatre trucs super costauds... J'ai commencé à avoir des hallucinations. Des trucs super glauques, horribles qui ne disparaissaient pas même quand je fermais les yeux. Jusqu'à cette nuit, où je suis devenu un porte-monnaie. Parfaitement. J'étais un porte-monnaie, malade. On venait me dire qu'il y avait un traitement qui consistait à enlever mes bas de contention. Oui, bon, j'étais un porte-monnaie avec des bas de contentions. Bref, à trois heure du matin j'ai enlevé ces foutus bas (anecdote à part : ils s'étaient trompé de taille, ils étaient trop petit... Ils s'en sont aperçu le jour de mon départ. Bas de contention + trop petit = tu m'étonnes que mon inconscient me demande de les enlever). C'est en enlevant le deuxième que j'ai commencé à prendre conscience que je n'étais pas un porte-monnaie et que j'allais devoir rappeler cette infirmière qui n'était jamais venue m'annoncer la bonne nouvelle, pour qu'elle m'aide à les remettre. Et puis qu'elle m'amène aussi mon fils qui pleurait dans son berceau et qui était trop loin pour que je l'attrape sans mon fauteuil roulant.

L’infirmière est venu, m'a expliqué que mon fils n'était pas là, et s'est demandé comment j'avais réussi à enlever ce que toutes les deux on arrivait pas à remettre. Je crois que c'est le lendemain que j'ai limite agressé l’infirmière qui passait pour la surveillance de l'évolution. Elle a été d'une patience exemplaire.

Ils ont jamais su comment j'avais choppé ça. Et hier j'avais pris rendez-vous parce que ça fait un mois que je vois les mêmes symptômes revenir, dans le même ordre. Mais je me dis que je chipote. La consultation s'est passée comme ça :

-ça vous fait mal là ?
-Ouiiiii
-Pourtant il n'y a aucun réflexe de défense, à peine des ganglions. Bon, on va faire une prise de sang histoire de voir si il y a une infection, et puis on se revoit dans une semaine si vous allez pas mieux.

Là ça fait 24h, personne ne m'a appelé en panique et ça me rassure à moitié. De l'autre côté j'ai quand même mal à ce que je sais maintenant être l'utérus (il y a des petites cicatrices pour me rappeler l'emplacement exact) et tout ce qui va avec. ça me saoule.


[Mode racontage de vie OFF]

Mais en même temps, sérieusement, ils peuvent faire quoi d'autre les médecins, hein ? Va falloir que j'arrête de leur en vouloir de faire simplement leur job.

Les médecins et moi (bis)

J'avais seize ans et un petit copain. Comme il était de bon aloi à l'époque (lycée), nous nous bavions dessus à longueur de journée, comme la moitié des élèves en couple, malgré les interdictions de la CPE anti-bizoux. Ce petit copain a un jour chopé la mononucléose, maladie portant le doux surnom de la maladie du baiser, qui est assez épuisante. Un beau matin il a disparu du lycée et j'ai appris rapidement de quel mal il souffrait. J'étais déjà pas bien, et rapidement j'ai moi aussi commencé à présenter quelques symptômes. Ma mère -étant rappelons-le mère de pas moins de sept enfants- nous amenait chez le médecin qu'après avoir testé les bienfaits du "ça va passer" et "tiens voilà du smecta". C'est donc à l'état de loque qu'elle m'emmena finalement chez notre médecin traitant.

J'essayais subtilement d'introduire le sujet de la mononucléose, évoquant des cas dans la classe et un pot d'anniversaire (j'avais entendu dire qu'on pouvait chopper cette cochonnerie en buvant dans le même verre qu'une personne malade). Mais notre bonne médecin me rassurait en me disant que c'était une bête angine, qu'elle en voyait beaucoup en ce moment. Et moi je fulminais, mais non, c'est la mononucléose vous-dis-je !
Que dalle. Ma mère dans le cabinet je ne pouvais pas taper du poing en m'exclamant "mais je vous dis que j'ai passé la dernière semaine scotchée comme une ventouse à Jeff-mon-nouveau-petit-copain qui gît à cette heure terrassé par une mononucléose !" Je suis donc repartie avec une ordonnance pour une angine. Ma mère, adepte des huiles essentielles a complété mon traitement avec enthousiasme "Allez ma fille, demain tu retournes à l'école !"

Mes amis, trop trouillarde pour avouer que j'avais un petit ami, j'ai supportée piteuse ma descente aux enfers seule. Je n'ai perdu connaissance d'épuisement que deux fois, et je n'ai souhaité mourir qu'une fois. Et puis j'ai guéri. Je suis retournée à l'école la semaine d'après et j'ai trainé un air maladif pendant un bon mois. Je vous jure que dans ma tête d'ado je pensais avoir frôlé la mort. Et je vous jure que dans ma tête d'adulte qui a eu un rôle dans un épisode de Docteur House au CHU de Nantes, je dirais que cet épisode qui a fait flipper tout le monde était cool à côté de ma honteuse mononucléose baveuse...

PS: Maman, si tu passes par là, sache donc que les ados sont d'affreux menteurs, que tes fils passent certainement leur journées eux aussi à baver dans un coin obscure avec une copine (deuxième étage, recoin juste après les escaliers A, poste stratégique) et que la CPE anti-bizoux n'est autre que la très blonde CPE qui a son bureau à côté du self !
(pour ceux qui ne comprennent rien, ma mère est désormais prof dans ce même lycée où j'ai passé ma très légère adolescence, et où mes frères passent maintenant leur très légère adolescence)

mercredi 16 novembre 2011

La chute du titan

Je monte dans le bus pour rentrer chez moi et je la vois. Radis. C'est comme ça que je l'appelle parce que son prénom sénégalais est imprononçable et ressemble furieusement à ce légume rose et blanc. Radis c'est l'énergie incarnée, le pilier de la communauté sénégalaise de mon école d'ingénieur. Elle est sur tous les fronts, toujours souriante, toujours enthousiaste, toujours serviable. Mais aujourd'hui elle ne sourit pas. Je lui dis bonjour et lui demande comment s'est passé sa journée, presque prête à déballer la mienne sûre que je suis de trouver en sa personne une oreille attentive.
Sa journée a été épouvantable. Je ne saurai jamais ce qui s'est passé ce jour là, parce qu'elle m'a raconté toute sa vie pendant les quelques vingt minutes du trajet, en omettant de me dire cependant ce qui la mettait en colère aujourd'hui.

Radis est étudiante dans la section informatique, pour vivre elle travaille très tôt le matin avant de venir en cours, elle n'a aucun autre revenu. Elle me raconte comme c'est dur pour elle, de devoir faire tout ça, loin de son pays. Elle me raconte comment le jour où elle a voulu être chef de projet pour un sujet de groupe un élève lui a dit que dans le monde du travail elle ne le serait jamais, alors qu'elle laisse sa place à ceux qui ont besoin de s'entrainer. "Ben oui Radis, tu es non seulement une femme, mais noire en plus !" lui avait-il dit. Elle n'avait pas trouvé ça drôle du tout.

Elle me raconte à quelle point elle en a par dessus la tête d'être prise de haut dès qu'elle n'a pas une référence culturelle française. "Mais demande moi quel genre de dessin animé je regardais petite au lieu de juste dire "quoi ? Tu ne connais pas Goldorak "? Mais non, ça t’intéresse pas !" me disait-elle en mimant la scène. Elle me décrit sa colère quand on lui dit que les étrangers se mettent toujours entre eux et qu'ils ne peuvent pas s'intégrer à l'école. Parce qu'en réalité le seul lien qu'elle a avec le marocain ou le vénézuélien de son groupe de TP, c'est que personne ne s'est mis avec lui quand le professeur a demandé que les élèves se répartissent.

Elle est furieuse quand elle me décrit le rejet du BDE pour le club qu'elle voulait créer pour aider les étrangers qui viennent étudier ici, sous prétexte que ça ne concerne pas tout le monde, seulement les étrangers. Et enfin elle s'effondre.

"On me dit qu'en étant la meilleure, j'arriverai à grimper au dessus de leur préjugés puants sur les noirs et les femmes, mais Floriane, je suis fatiguée de devoir être la meilleure, et si je voulais être médiocre, hein ! Juste médiocre !"

Radis pleure. Et moi je me sens juste super bête.

jeudi 3 novembre 2011

Occuper un enfant pendant 45 minutes de discours de sainte cène

Aujourd'hui je vous présente le résultat de mon interview de frère F. père de quatre enfants.

Un enfant ne peut pas écouter un discours sans rien faire pendant tout ce temps (et parfois on se demande si ce n'est pas aussi le cas des adultes). Il lui faut donc des occupations, pas de raison majeure de pleurer et pas raison majeure de sortir de la salle.


Une occupation


Un album à regarder, des coloriages, un jeu... Bref cela dépend de son âge, nous verrons ça plus en profondeur dans un prochain article. (Note de frère F. : éviter les jeux qui font du bruit, haha !)


Pas de raison majeure de pleurer


La faim rentre dans le top 3 des raisons de chouiner. On y rajoute la douleur (plus rare) et la soif. Il est évident qu'on évitera d'infliger une réunion à un enfant malade. Mais plus prosaïquement, le kit de survie de la maman (et du papa) qui veut écouter tranquille les discours contient de la nourriture et de l'eau (un enfant qui a la bouche pleine, a plus de mal à brailler, sioux comme technique !). Si il a une tétine et un doudou, amenez-le !


Pas de raison majeure de sortir


Ah ah ! C'est là que le grand pédagogue a sorti son atout majeur. Ne marche que chez les enfants qui comprennent un minimum ce qu'on leur raconte. Voici la technique que m'a livré mon cher interviewé : Quand un enfant est vraiment intenable, agité, et qu'on est réduit à sortir avec lui, amenons-le dans une salle où les hauts parleurs fonctionnent (on peut donc quelque part continuer à écouter nous même) et... l'installer sur une pile de chaise : il n'a strictement RIEN à faire. Il va rapidement comprendre qu'il s'ennuie peut être comme un rat mort dans la salle de culte, mais que dehors c'est pas mieux. Bref, le truc à éviter c'est de le laisser gambader. Sinon le dimanche prochain il aura compris que dès qu'il veut aller jouer dehors il doit se mettre à pleurer, et vous mettre suffisamment la honte pour que vous le sortiez.

Voilà, je vais me faire mon premier kit de survie (et je ferai une belle photo et tout et tout pour vous montrer comme je suis les conseils que je prodigue). Parce que ce qu'il faut que vous sachiez, c'est que si je me lance dans ce sujet, c'est pas parce que je suis une mère super calée, mais plutôt que je suis désespérée.

Enfin, en conclusion, je dirais à Nicoz, que le premier principe à intégrer c'est qu'il faut surtout ne pas avoir honte, j'ai déjà vu une maman courir après son gamin jusque sur l'estrade (et un papa aussi une fois, à la réflexion).
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