mardi 28 juin 2011

Le syndrome de la petite fille sage, tiré de "Et ils n'avaient point honte, renforcer le mariage par l'épanouissement sexuel"

Résumé de l'introduction et du premier chapitre : Le syndrome de la petite fille sage.



Deux missionnaires sont en train de parler avec un pasteur protestant. Ce dernier leur demande quelle est la position de l'église sur la sexualité dans le mariage. Silence embarrassé. Il reformule la question, un des deux missionnaires fini par dire l'unique réponse qui lui vient à l'esprit - Nous y croyons monsieur.
   
Une première remarque sur l'expression "ne faire qu'une seule chaire" qui est reprise 7 fois dans la bible. L'unicité n'est pas seulement de cœur ou d'esprit, mais concerne bien le corps. Je n'irais pas plus loin, l'auteure reprend de nombreux discours, écritures, qui confirment que la sexualité au sein du mariage est une chose approuvée et voulue de Dieu lui même. Il a crée nos corps, et le plaisir. La sexualité n'est pas seulement la reproduction. C'est un discours communément admis dans l'Église. Seulement, dans les faits, une partie non négligeable des femmes mariées ne voient pas la sainteté des rapports sexuels.

(témoignage extrait du livre)
Le sexe pour Janet était sale, immoral et mauvais, quelque chose qu'on lui avait enseigné de NE PAS faire. Elle se demandait en quoi les relations sexuelles étaient appropriées même au sein du mariage. Le sexe n'était pas mal si elle et son mari essayaient d'avoir un enfant, mais chaque partie de sexe "extra-curriculum" et "recréative" lui donnait un sentiment de souillure et d'absence de droiture. 

Il y a trois grands fléau qui empêchent les femmes de voir la sainteté du sexe et qui entrave leur épanouissement, et par ce biais l'épanouissement de son conjoint qui se voit rejeté régulièrement, et n'a ni l'aspect qualitatif, ni l'aspect quantitatif d'une vie sexuelle équilibrée.

Quand on enseigne l'aspect profane et sale du sexe dans la famille

Le premier fléau se situe dans la famille elle même : quand les parents sont eux même peu convaincus et que l'éducation sexuelle est peu ou pas enseignée. De même, pendant la prime enfance, le comportement des parents est primordiale. Un enfant partira forcément à la découverte de son corps, de toute les parties de son corps, et bien sur de ses parties génitales, et s'y attardera peut être même un peu plus que le reste de ses membres. Quand un adulte réagit systématiquement négativement à cela, quand il emploi des mots comme "sale" ou "dégoutant" pour qualifier ses gestes, l'enfant assimilera peu à peu que son corps est bon, SAUF cette partie la, voir la fera totalement disparaitre de sa cartographie mentale. De même insister sur le fait que cette partie du corps ne sert qu'à uriner, n'aidera pas à construire une image positive de son sexe.
Quand il grandira, l'enfant entendra-t-il les adultes parler de sexe ? Si ses parents sont eux même "coincés" avec ce sujet, il y a fort à parier que l'enfant, puis l'adolescent pensera que c'est un sujet qu'il n'est pas sain d'évoquer.
Enfin, en utilisant des mots vulgaires ou ridicules pour désigner les parties intimes du corps (c'est parti pour les zizi, kiki, foufoune, néné, nichons et autres joyeusetés), on ne participe pas à élaborer une image de la sexualité comme quelque chose de sérieux et de saint. L'église elle même, dans un manuel destiné à aider les parents à aborder l'éducation sexuelle, dit que nous devons appeler ces partis de notre corps par les mots appropriés. Bonjour pénis, vagin, vulve, clitoris, gland. Si vous avez tiqué en lisant ces mots c'est que vous non plus vous n'êtes pas à l'aise avec cette partie de votre corps. 
Bref, l'enfant arrivera à l'age adulte avec une vision erronée du sexe, une vision tronquée et souillée de la sexualité et de leur propre sexe.

La mauvaise influence d'un enseignement religieux biaisé et incomplet

En voulant enseigner la loi de chasteté à nos jeunes, en voulant les préserver de la fornication, nous finissons par ne parler du sexe que pour parler de l'interdiction qui le concerne. Comment après avoir entendu pendant toute son adolescence qu'il ne fallait PAS avoir de rapport sexuel, peut on lui dire un jour avant son mariage "au fait, on t'a dit jusqu'à présent que c'était pas bien, demain ce sera plus le cas". Petite parenthèse sur moi même : j'ai dépensé tant d'énergie à ne pas penser au sexe le mois précédent mon mariage, que le jour du mariage je me suis surprise à dire à mon mari que je n'en avais bizarrement pas du tout envie.
Un autre aspect dramatique de la mauvaise utilisation des enseignements de l'église est la façon dont on enseigne la pudeur aux jeunes filles. Bien souvent on enseigne aux jeunes filles que des vêtements impudiques incitent les jeunes gens à pécher et leur fait avoir de mauvaises pensées. Pourtant le message de l'église est que notre corps est saint, que nous devons pas l'exposer à tous, nous en servir pour attirer l'attention sur nous, et que l'impudicité doit être combattue en augmentant la confiance en soit et en donnant aux jeunes filles la conscience d'une valeur personnelle. Mais au lieu de ça, on leur dit "vous n'avez aucune idée de se qui se passe dans la tête des garçons quand vous faites ça". En faisant cela, on leur enseigne que l'homme est un être aux pulsions incontrôlables, et on déresponsabilise les jeunes gens. On fini par donner aux hommes une image de prédateur sexuel.
Nous devons enseigner la loi de chasteté, mais nous devons également enseigner à nos adolescents le but de la loi de chasteté: préserver la sainteté des relations sexuelles pour le but sacré qu'il doit remplir.


Quand le monde participe à salir l'image du sexe

Quand nos jeunes ont pour seule image de la sexualité ce qu'offre le monde (pornographie, publicité, film mettant en scène l'érotisme, l'adultère et la fornication, faits divers glauques, etc.), ils continuent de ne voir dans le sexe qu'un péché. Parce que c'est la seule forme que le monde propose. Le sexe est une chose sainte, à chaque fois qu'il est traité avec vulgarité, à chaque fois qu'on excuse son utilisation en dehors du mariage, on contribue à l'associer au péché. Si les parents ne parlent jamais de l'aspect saint des relations conjugales avec conviction, la seule vision du sexe que les enfants auront sera celle du monde, qui n'est pas sainte du tout.


En conclusion, après avoir subi ces trois influences, la jeune fille moyenne se heurtera au syndrome de la petite fille sage. Et le sexe ne fera pas parti pour elle de ce que font les petites filles sages.


Home Work

Avez vous les symptômes du syndrome de la petite fille sage ? Noter de 0 à 10 chacun des symptômes en fonction de la façon dont ils affectent votre vie.

-Embarras, inconfort ou incapacité de discuter de façon appropriée des sujets liés au sexe
-Croyance que le sexe est mauvais, sale et est un péché
-Manque de connaissance à propos du but divin de la sexualité, en particulier ignorance du fait que Dieu l'a crée autant pour le plaisir que pour la procréation
-Incapacité à se relaxer et se laisser aller pendant les rapports sexuels
-Ne profite pas des rapports sexuels, le fait par devoir
-Impression que si on fait "ce qu'il faut" (ndlr : payer sa dîme, lire les écriture, faire une mission, être chaste avant et après le mariage, etc.) tout sera heureux dans le couple
-Inhibition, sentiment de honte innaproprié associé aux rapports sexuels dans le mariage
-Inconfort ou dégoût pour les parties intimes du corps et pour leur fonction.

Surmonter le syndrome de la petite fille sage
-Réfléchissez au conditionnement que vous avez subi, priez pour que l'esprit vous guide vers les personnes et les ressources dont vous avez besoin pour vous aider
-Écrivez vos pensés et vos sentiments à propos du sexe, en utilisant votre main non-dominante (ndlr : technique utilisée en psycho pour obtenir des réponses que vous refoulez inconsciemment).  Répondez honnêtement aux questions suivantes : (1) Qu'est ce que je pense du sexe ? Comment je me sens par rapport à ce sujet ? (2) Qu'est ce que je pense de mon corps... De toutes les parts de mon corps? (3) Que m'a-t-on enseigné à propos du sexe ? (4) à mon avis, que pense Dieu à propos du sexe ? (5) Quelle importance ont les relations sexuelles dans mon mariage ?
-Planifiez un moment pour parler de cela avec votre époux. Parlez de ce que vous avez appris
-Envisagez de cherche un professionnel pour vous aider dans ce travail.


Prochain chapitre : La sainteté des relations sexuelles dans le mariage- construire une fondation de foi

vendredi 24 juin 2011

Quand les mormons parlent de sexe



I can't I'm mormon

On parle souvent des mormons pour leur morale rigoriste, pourtant leur opinion sur les relations sexuelles est loin d'être aussi austère qu'on le croit. Alors oui, pour les mormons, les relations sexuelles en dehors du mariage sont un péché. Mais dans l'institution du mariage, ces rapports sont considérés comme une chose sacrée qui n'a pas été crée pour la reproduction seulement mais bien pour renforcer le couple. Donc un mormon qui aurait assimilé cette part de la doctrine devrait pratiquer régulièrement et intensément avec son épouse, et ils devraient tous les deux se réjouir et profiter du cadeau que Dieu a fait aux couples.
Partant du constat qu'elle estimait que plus de la moitié des mormons ne sont pas satisfaits par leur vie sexuelle, Laura Brotherson construit un livre autour des obstacles que les mormons rencontrent et qui font que pour certain, le sexe n'a rien de sacré et d'agréable. Son livre "And they were not ashamed", est ponctué de "home work" qui permettent de faire le point sur sa propre pratique. Le titre fait référence à l'écriture qui, décrivant Adam et Eve, nus dans le jardin, rajoute :"qu'ils n'avaient pas honte".

Laura Brotherson n'est pas sexologue, mais thérapeute de couple. Elle a eu une formation académique dont une maitrise sur le sujet. Il y a pour moi deux avantages majeurs à cet ouvrage : il est écrit par une femme, et il est écrit par une mormone.
Donc oui je le clame haut et fort : j'en ai ma claque de devoir entendre des hommes me dire ce qui est bon pour moi sexuellement. Je me rappelle encore ce sexologue qui expliquait qu'un mouvement de recul chez la femme pendant la pénétration était une invitation à la forcer, une manifestation de désir et de plaisir exacerbé. Alors personnellement je sais mieux que ce monsieur aux 9 années d'études : quand j'ai un mouvement de recul pendant la pénétration c'est que j'ai mal. Merci de ne pas me mettre un grand coup pour "combler mon désir exacerbé". Autant dire que j'ai rayé ce type (pourtant très reconnu par la profession) de ma liste d'auteur à lire. Et puis j'aime m'entendre dire par une femme que non, il n'y a pas de raison qu'une femme n'ai d'orgasme qu'une fois par an alors que les hommes en ont quasiment systématiquement.

Et puis, en tant que mormone, j'aimerais avoir une lecture de la sexualité qui n'aille pas en contradiction avec mes principes religieux. Qu'on ne me dise pas que pour soigner mon couple je dois prendre un amant, fantasmer sur mon collègue et qu'il n'y a point de salut sans canard en plastique qui vibre et qui passe même sous la douche.

Comme le plagiat ne comprend pas les citations de moins de 10% de l'œuvre, je m'en vais de ce pas résumer cet ouvrage pour les non anglophones, avec la citation tel quel des fameux "home work"
(Ne vous attendez pas à un kamasutra mormon, c'est bien moins sulfureux, et pourtant ça a changé radicalement ma manière de considérer et de pratiquer le sexe dans mon mariage.)

Cet article fait partie de la série "and they where not ashamed"

mercredi 22 juin 2011

Security security

Je travaille dans une entreprise qui fabrique des pneu. Étant donné le caractère sensible du secteur d'activité, les accès sont rigoureusement contrôlés (!). Et comme je ne suis qu'une petite stagiaire, je ne suis pas enregistrée aux accès par empreinte digitale. Je dois donc tous les jours présenter mon badge, avec photo aux employés de la sécurité, qui après une vérification minutieuse, enclenche l'ouverture du portillon. Sauf ce jour là. Le type a pris mon badge, a regardé la photo, a regardé ma tête, a re regardé la photo, me l'a rendu. Puis s'est ravisé. Il grommelle un truc en russe, je lui tends à nouveau mon badge. J'ai bêtement cru qu'il voulait vérifier pour la troisième fois si j'étais pas fantomas. Mais non, il fixe mon badge et commence à me faire signe que je peux pas rentrer. Alors là, j'ai même pas essayé de baragouiner "patchimou" ou autre "mais expliquez vous mon brave". J'ai prononcé dans un accent parfait "Sorry, I don't speack russian".
Il me montre la date de mon badge 04.04.11, demande si quelqu'un sait parler anglais dans la file d'attente des invités qui sont en train d'attendre leur autorisation. Là je comprends.
On me traduit dans un anglais hésitant que mon badge est périmé depuis plus de trois mois. Moi je comprends rien, mais Ivan le terrible, un collègue qui passait par là par hasard, vient à ma rescousse. Mais bien sur qu'elle travaille ici, non il n'a pas de problème son badge.


Je suis rentrée, la chef chef des security man a approuvé. Je regarde mon badge et je lis

Date of issue : 04.04.11

Date de délivrance, pas date d'expiration. En même temps, on peut me dire pourquoi on fait des documents en anglais, quand les employés ne savent pas le parler.

vendredi 17 juin 2011

St Petersbourg : au coeur du quotidien

Reportage au pays des chapka. Dans le quotidien, celui que je croise vingt minutes par jour : La rue et les transports.
Le russe moyen prend le bus, des infâmes autocars pourris, conduit par des chauffards. J'ai vu au moins 3 bus encastrés dans des voitures depuis mon arrivée. A moins que ce soit les voitures les fautives. à voir aussi.
Il prend aussi le métro.
Mais il ne prend pas la voiture. Parce que le russe moyen n'a pas assez pour en acheter une.
Il y a les taxi aussi. Qui font plus que les 12h autorisés et qui se droguent au Red Bull. Autant dire qu'entre les bus et les taxi, l'espérance de vie diminue considérablement dès qu'on met les pieds dans un truc à roulette ici. Donc le russe moyen n'a pas de voiture, mais le nouveau russe (comprendre nouveau riche), lui si. Des 4x4 énormes, qui remplissent les artères de Piter dès l'aube. (comme je me la joue avec mes "Piter")

Alors moi je suis une expatriée moyenne, je n'ai pas de 4x4, je ne monte dans un bus pour rien au monde et j'ai accompagné mon maitre de stage une fois dans un taxi. La discussion était entrecoupée de "il me fait vraiment peur ce mec, tu vois Floriane, c'est ça la Russie" et autres "purée, il a fait quoi là, c'est autorisé ?"

Et pour le métro, c'est très profond, très propre, et plutôt joliment décoré, mais aucune comparaison possible avec le chef d'œuvre de Moscou. Comme on a pas de droit de faire des photos je vais googler ça vite fait pour avoir les oeuvres de petit hors-la-loi

Санкт-Петерб́ург (St. Petersburg) - Маяковская (Mayakovskaya)

donc voilà la station que j'utilise tous les matins, avec Mayakov le beau gosse (la station s'appelle mayakovskaya), qui en vrai était beaucoup moins canon que le laisse croire la mosaïque.

Sinon en conclusion le top 4 des métiers les plus mal payés (et les plus pourris) que la rue m'ait montrée
  






désolée, je n'ai pas de scanner sous la main. Donc c'est photo pourri aujourd'hui

mardi 14 juin 2011

nouvelle campagne contre le viol conjugal

Les hommes s'insurgent, et ils ont raison. Comment faire pour que la protection des femmes victimes de viol conjugal ne se fasse pas au détriment de la protection des hommes contre la calomnie. Parce que rappelons-le, le viol conjugal est difficilement démontrable.

 

Cette nouvelle campagne de publicité du collectif féministe contre le viol conjugal va peut être faire le buzz. En tout cas elle est diffusée en france à la télévision, à des heures de grande écoute. J'ai lu beaucoup de réactions extrêmement négatives, d'hommes qui se sentaient menacés, qui se demandaient si on n'allait pas un peu trop loin. Pourtant quand j'ai vu cette vidéo avant de penser aux femmes qui voudraient accuser leur compagnon de viol pour se venger d'une quelconque dispute, j'ai pensé à I. une amie qui a prononcé exactement les même parole : "c'est quand il veut, où il veut".
Pour ceux qui pensent qu'il ne peut pas y avoir de viol entre époux légitimement mariés, voici l'histoire de I.
Elle s'est mariée avec quelqu'un que tout le monde disait gentil, quelqu'un qui partageait sa foi et ses convictions. Mais dès la nuit de noce, il n'y a pas eu un rapport qui ne s'est pas fait sans douleur, sans contrainte. Son époux s'est avéré être un menteur, couvert de dette, voleur, violent, paresseux.
Quand quelques mois après elle a décidé de divorcer, parce qu'il commençait à devenir violent en dehors du lit, il lui a dit qu'elle n'avait pas le droit, qu'elle lui appartenait.

Parce que quitter un homme qui ne vous aime pas n'est pas facile, parce que l'entourage ne comprend pas, parce que vous ne voulez pas faire du mal à ceux qui vous entourent en traçant un portrait qui ne colle pas avec celui qui est votre mari, parce qu'il y a parfois nul part où aller. Pour toute ces raisons je salue cette campagne qui rappelle que le viol conjugal existe, qu'il y a une solution de prise en charge.
L'appel de cette campagne n'est pas pour la punition des maris, mais pour la fuite des épouses.

Le viol conjugal est une réalité, je ne pense pas que le petit ami qui a été un peu trop insistant doit se sentir menacé. Je pense que ceux qui crient haut et fort que c'est n'importe quoi ne savent pas qu'il y a des situations dramatiques, où avoir un numéro à appeler c'est la seule chose qui peut sauver.

Conférence avec Elder Nelson

J'ai décidé de rajouter une catégorie qui concerne une partie de mon lectorat: Les mormons. Le fait est que parler de sa foi et rendre témoignage régulièrement c'est un élément important de ma façon de vivre l'évangile. Paul décrit les fidèles des premières églises comme étant des gens qui se réunissaient souvent pour louer Dieu et s'édifier les uns les autres. Je crois que cette cure de silence dominicale me fait le plus grand mal, j'ai grandement envie d'ouvrir ma bouche sur le sujet. La religion c'est une pratique collective et individuelle. Bref, après ce préambule, passons au contenu même : la venue d'un apôtre à St Petersbourg (Elder Nelson).


L'un des intervenants de la conférence, qui était en fait une intervenant a raconté l'histoire suivante.
Elle était dans la mission de sibérie à l'époque.
Un soir, une personne frappe à sa porte. Elle ouvre et découvre une gitane, un enfant dans les bras. Elle demande ce qu'elle peut faire pour elle, la gitane lui répond alors :
"Je veux de la nourriture"
Elle rentre et prépare un sac avec de la nourriture. Elle lui tend, et la gitane répond
"Je veux de l'eau"
Elle va chercher de l'eau en bouteille et lui donne. La réponse suivante est
"Je veux des vêtements"
De plus en plus surprise, elle rentre chercher ce qu'elle pourrait donner, fini par trouver quelque chose qui convient. N'ayant rien pour l'enfant, elle rajoute cependant un ours en peluche.
"Je veux de l'argent"
Elle n'est plus surprise, elle est en colère.
"Pas une seule fois vous m'avez remercié, je n'ai plus envie de vous donner quoi que ce soit"
La gitane s'énerve et proteste. Mais la porte se referme, et voilà notre donatrice pleine de questions. Elle était convaincue d'être quelqu'un de généreux, mais devant ce manque de reconnaissance elle a cessé d'avoir envie de partager.
Combien de fois demandons nous des bénédictions à notre Père Céleste sans le remercier pour la multitudes de cadeaux dont nous profitons ? Cette expérience a changé sa façon de prier. Elle est devenue quelqu'un de plus reconnaissant. Et finalement elle est devenue quelqu'un de plus heureux.


J'ai beaucoup aimé ce discours donné par une femme inspirée. Tiens, je ne vous ai pas parlé du discours donné par Elder Nelson. Il était inspirant aussi.

lundi 13 juin 2011

Comment étudier et être mère à la fois

J'ai de temps en temps des recherches google qui atterrissent ici avec le mot clé "mère étudiante" ou "droit des mères étudiantes". J'ai donc crée cette section pour ces mères en question, parce que je me suis sentie bien seule quand j'ai moi même googler "mère étudiante" "maternité pendant ses études" ou "comment continuer ses études avec un enfant".
On était parti, la fleur au fusil, en se disant qu'on allait devenir parents sans attendre d'être diplômés. Sauf qu'en fait non, il n'y avait pas la moindre case à cocher, pas le moindre programme, que dalle.

Donc pour commencer on va parler fric :

Les mères étudiantes et les bourses

Être mère ne vous donne pas le droit à plus de bourse. Il faut le combo "mariage" + "bébé" pour être considéré comme un foyer indépendant de celui des parents. Et pour le coup, si le père et la mère sont tous les deux étudiants, avec des revenus classiques d'étudiants, c'est en général l'échelon maximum pour chacun des parents. C'est pas le Pérou, mais franchement on vit bien si on garde des goûts d'étudiants.
Si vous avez le malheur de ne pas être mariée (!) il y a un espoir pour vous : le fond d'urgence, une bourse pour les gens qui ne rentrent pas dans les cases mais qui ont quand même besoin de bourse d'éducation. Pour cela allez directement au guichet du CROUS, faites un sourire de maman courageuse et demandez comment on constitue un dossier.

Un tout petit conseil avec le CROUS : Allez-y en personne ou téléphonez. Argumentez, il y aura toujours un guichetier qui ne verra pas de quoi vous parlez. Dites que vous connaissez quelqu'un qui en bénéficie, demandez à parler à une personne plus ancienne, bref mettez leur la pression si ils ne vous aident pas à l'accueil.
Et une fois votre dossier fait, n'attendez pas plus de un mois sans avoir de nouvelle. Téléphonez ou allez-y. Je connais une maman étudiante qui s'est rendue compte que son dossier avait tout simplement été oublié, quand après six mois d'attente elle s'est décidée à passer un coup de téléphone.

La prime de naissance et les allocations

Si on prend le profil classique de l'étudiant (pauvre), la mère étudiante aura droit comme tout pauvre qui se doit à une prime de naissance par la CAF, versée peu de temps avant la naissance (environs 800 euros au moment où j'écris). Bref faites votre dossier à la CAF. Si vous avez fait votre déclaration de grossesse (chez une sage femme ou un gynécologue), vous recevrez toute la paperasse. Si vous vous apercevez tard de votre grossesse, allez rapidement prendre contact avec votre CAF.
Il y aura aussi l'allocation très classique, d'un montant d'environs 150 euros par mois après la naissance.

et maintenant, parlons de la scolarité elle-même.

Concilier étude et grossesse, puis étude et nourrisson

Je ne vous conseille qu'une chose : faites vous votre propre plan de ce dont vous avez besoin, et allez voir le responsable des études. Parce qu'il n'y a rien pour vous. Une amie a eu la désagréable expérience de se voir dire que débuter son accouchement pendant un rattrapage n'était pas une bonne excuse. Redoublement, circulez.

Les contraintes à prendre en compte
Voilà quelques éléments pour vous aider à élaborer votre programme aménagé :
1) Prenez en compte que vous pouvez accoucher à tout moment le mois précédent le terme de la grossesse

2) Prenez en compte que vous allez être épuisée pendant le mois, voir les deux mois qui suivent l'accouchement

3) Prenez en compte que vous devrez faire garder votre enfant, et qu'avant 2 mois la majorité des crèches ne prennent pas un nourrisson (un peu de pitié pour lui aussi).


Inspirez vous du droit du travail
Vous pouvez vous baser également sur les textes de loi protégeant les mères qui travaillent. La durée légale minimum d'un congé maternité est de 16 semaines (quand vous êtes en bonne santé, que c'est pas des jumeaux, etc.)
La durée incompressible de trois semaines est à observer avant la date du terme.
Même si ce texte ne vaut que pour les mères qui travaillent, servez-vous en quand vous défendrez votre projet.
Enfin, à tout moment vous pouvez être mise en congé pathologique, ce qui équivaut pour les femmes qui travaillent à un arrêt total. C'est le cas si la grossesse risque de ne pas arriver à son terme. J'y ai eu personnellement droit à trois mois du terme, parce qu'à force de courir à droite et à gauche, le col de l'utérus commençait à se raccourcir.

La fameuse dispense d'assiduité
Vous pouvez donc vous faire faire une dispense d'assiduité au près du médecin de l'université par exemple. Cela vous permettra de ne pas perdre vos droits aux bourse, même si vous n'êtes pas en cours. Faites-le, ne décidez pas juste de ne plus aller en cours, ça peut avoir des conséquences sur vos bourses ultérieur pour les boursières.

Présenter son projet

Allez-y, respirez un bon coup, il va falloir y aller. Maintenant que vous avez une vague idée de ce que vous voulez pour votre grossesse et après l'accouchement, allez voir le responsable qui vous semble le plus à même de faire remonter votre demande. Expliquez lui que vous êtes enceinte, donnez lui la date du terme, et expliquez pourquoi vous voulez continuer vos études. Vous avez peut être une idée bien précise de ce que vous voulez, et votre interlocuteur en a une autre. Argumentez mais gardez en tête que l'idée n'est pas de vous donner un diplôme que vous ne méritez pas, mais bien d'aménager le programme pour que vous ayez les fondamentaux.

Et surtout, gardez en tête, que c'est l'administration qui aura le dernier mot. Donc mettez la dans votre poche, soyez polie, laissez leur le droit de savoir ce que vous ne pouvez pas manquer. Vous pouvez argumenter bien sûr, mais là on rentre dans le domaine de la négociation. Montrez vous responsable et faites tout ce qu'il faut pour qu'on vous prenne au sérieux.



Et par pitié, ne vous prenez pas pour superman. Je vous assure qu'on ne peut pas faire une scolarité normal avec une grossesse. La fille que je connais qui l'a fait a pris dix ans en 9 mois.

Piste pour un programme aménagé



Pensez à l'option de récupérer les cours magistraux grâce aux notes prises par les collègues
Pensez jour d'épreuve décalé (j'ai passé un de mes examen quelques semaines avant les autres élèves parce que la date prévue tombait trop près du terme)
Pensez travail alternatif (J'ai dû rédiger un dossier sur un livre traitant du management, au lieu d'assister à la série de conférences et d'atelier de la matière)
Pensez allègement de programme (On m'a supprimé une partie des TP pour ne garder que ceux jugés indispensables par les professeurs de la matière)

Voilà la contenu de l'accord dont j'ai bénéficié à titre d'exemple :


Texte intégrale :

Année 2009-2010
4ème année
Département Thermique-Energétique Promo 2011

Modalités particulières pour le S8

Maternité de ************** épouse *********

L’étudiante s’organise pour récupérer les cours, et connaître les dates, heures et lieux des contrôles.
Elle est majoritairement dispensée de présence, sauf pour ce qui est mentionné ci-dessous :

UE Energétique II

• Echangeurs Thermiques
• Contacter l'enseignant semaine 14 pour avoir un sujet de projet. Le projet sera
préparé en monôme pour la séance de la semaine 17 pour laquelle la présence
est requise. Le rapport définitif sera envoyé par mail à l'enseignant semaine
18.
• Energies renouvelables
• Travail demandé et soutenance orale comme les autres TE4
UE Sciences pour l’Ingénieur IV

• Corrosion
 Examen comme les autres TE4
 TP 6 jeudi matin semaine 18, avec le groupe I
• Electronique
 Examen comme les autres TE4
 TP4 mercredi matin semaine 18, TP5 lundi matin semaine 20
• Propriétés des Métaux et Alliages
 Examen comme les autres TE4
 TP3 lundi matin semaine 18
• Régulation PID
 Examen avancé le 2 mars 2010
• Volumes finis
 Présence requise, module comme les autres TE4, groupe 1

UE Transferts Thermiques II

• Convection thermique et turbulence
Examen comme les autres TE4
Présence requise aux 4 derniers TD, groupe 1, semaines 18 et 19
• Métrologie thermique
Projet avec les TP de rayonnement
• Rayonnement Thermique
Examen comme les autres TE4
TP1 mercredi 21 avril matin et jeudi 22 avril après-midi (semaine 16), note
couplée avec métrologie
• Synthèse Thermique
Rapport et soutenance comme les autres TE4

UE Formation Générale S8

•Anglais Professionnel 3
Examen comme les autres TE4
• Langue électif : LV2 ou AR2 ou TOEIC

Année 2009-2010
4ème année
Département Thermique-Energétique Promo 2011

• Report de la note d'examen d'Anglais Professionnel 3
• Education Physique et Sportive
Dispensée
• Culture Internationale
Rapport sur un ouvrage proposé par Jacques Moreau
•Communication et Entreprise
Dossier sur proposition de Jacques Moreau
•Projet Professionnel
Dispensée de présence pour la première séance semaine 11
Présence requise pour les deux séances suivantes semaines 16 et 19, groupe
1, en ayant pris connaissance au préalable des consignes données semaine 11
Travail demandé comme les autres TE4
•HES électif
Dispensée

Stage TE4

Stage à réaliser entre la 4ème et la 5ème année.
Fait à Nantes, le 16 mars 2010
E. G******





Pour finir, je vous souhaite bonne chance. Il y aura certainement des coups durs, armez vous de toute l'aide possible, amis, famille. Je vous copie un mail écrit au professeur responsable de ma section.



dimanche 12 juin 2011

projet 52 - Thème : Soleil

ça devient poussif, mais je m'accroche.




iso 80
F/2,7
s/500

Je désespérais de n'avoir rien fait. J'avais bien des photos collant au thème soleil, fait la bonne semaine, mais pas du tout dans l'optique du projet. Donc ça comptait pas. Et puis j'ai vu cette fenêtre. Tout était parfait, personne dans la salle, une table à la bonne hauteur pour servir de trépied, et mon appareil dans ma poche pour une autre raison. Le soleil c'est la lumière qui irradie à travers les rideaux, la forme de la fenêtre elle même et les stries du tissu qui sont comme une multitude de petits rayons.

samedi 11 juin 2011

deux fois par semaine tu ecriras

Voilà, c'est dit. Je vous en fait la promesse solennelle, à partir de maintenant il y aura deux articles par semaine. La publication aura lieu le mardi à minuit et le vendredi à minuit aussi. J'ai pris connaissance du sondage, il s'avère que vous aimez bien m'entendre parler de tout et de rien sauf de Zermati. Bizarrement c'est la requête google qui ramène le plus de monde...

Au moment où j'écris ces lignes il y a eu 782 visites le mois derniers. ça me sidère.

mardi 7 juin 2011

Les russes et le 8e art

Le huitième art les amis c'est les arts médiatiques, et parmi eux on compte la photographie. Les russes en sont fous. Mon collègue Anton (vous allez finir par le connaitre très bien ce Anton) me disait avec dédain : "c'est la dernière tendance de faire des photos avec un de ces énormes appareils photos numériques". Moi qui ai toujours frimé avec mon gentil bridge, ici je suis une petite joueuse. J'avais bien repéré ces jeunes friqués qui passaient leurs après midi, un énorme appareil photo à la main, à prendre tout et n'importe quoi. Les objectifs je ne vous en parle même pas, la longueur d'un bras au moins (et à peu près le même prix). Et l'âge des photographes ? ça commence dès 12 ans mon capitaines. Je croyais que la folie s'arrêtait là. Mais pas du tout. Le week end dernier j'ai eu l'illustration finale : rendez vous au château peterhof. Ce château et son jardin, c'est un peu le Versailles russe. Enfin, c'est ce que Pierre le balèze, pardons Pierre le Grand, et ses successeurs ont eu en tête avant de se dire qu'on pouvait faire encore plus tape à l'œil que Versailles, et ils l'ont fait. Le jardin immense alterne parterres travaillés de fleurs, allées d'arbre et vrais forêt faussement naturelle, et surtout, des fontaines. Ces fontaines sont alimentées par la pression naturelle d'une eau captée à quelques kilomètres de là, dans les montagnes. Première chose qu'on remarque : quand on rentre on achète une place pour soi, et une pour l'appareil photo. Et c'est le même prix. "Une place pour moi, et pour mon pote Canon Powershot S3IS, non, il a pas la carte étudiant".
Puis nous sommes rentrés, moi, mon mari, mon bébé et mon appareil photo, et nous avons compris pourquoi on taxait tout ce qui pouvait shooter. Je vous ai pris une photo juste pour le plaisir

Devant chaque fontaine, je dis bien devant chaque fontaine, des dizaines de filles prennent la pauses. Sur ce cliché vous voyez trois filles mitrailler et ce n'est qu'un coté de la dite fontaine. Mais c'est pas tout, dans la foret, sur la petite plage, partout ! Et la pause, mais quelle pause ! Tête inclinée, regard de braise, bouche pulpeuse. On en oublierait presque qu'on est dans un jardin où des milliers de touristes passent et repassent. Et comme il est interdit de marcher sur les pelouses, les flics passaient leur temps à siffler pour faire sortir des couples qui se disaient que ce serait vachement bucolique de prendre une photo de madame dans la verte foret. Et oui, même la pelouse de la simili forêt sauvage est interdite de foulage. Le temps était superbe et on m'avait tellement vanté la beauté de ce patrimoine inestimable, que je me suis mise moi aussi en devoir d'immortaliser la sortie. On va le rentabiliser l'appareil photo chéri, hein ! Finalement quand il m'a dit qu'il avait plus de pile, j'en étais presque soulagée, et j'ai enfin commencé à profiter de mon après midi. Parce qu'à vouloir trop créer des souvenirs, on finit par ne plus faire que ça. Comme ces mariés qui passent l'après midi de leur mariage à poser pour le photographe. Moi je dis, une vraie photo souvenir, c'est pas celle qu'on va pouvoir exhiber fièrement pour dire que 1) on est vraiment canon, et 2) regarde le coin branché où j'ai été. Mais c'est le petit cliché un peu flou, où un des enfants fait la tronche parce qu'il vient de se faire piquer par une abeille, et où on dira vingt ans après "oui, je me souvient, il faisait super chaud et maman avait oublié les boissons".

Bon comme j'ai été moi aussi prise par la folie du photographe russe, je vous montre quelques clichés, histoire que vous soyez pas obligés de chercher sur google à quoi il ressemble ce château (et puis y a aussi une photo du triboullé, moi j'ai pas de petite copine sexy à mettre en valeur dans un décors de rêve, mais j'ai un petit bébé potelé)

 oui, ça pique les yeux hein les toits en plaqué or ! photo prise par cher et tendre.
 La fontaine d'Adam, celle devant laquelle les filles de la première photo prennent la pause.
 Heu... des fleurs, voilà, il y en a plein partout. Fallait bien que je vous en mette.
 La fontaine soleil. Ils avaient de l'imagination à l'époque
Et le triboullours dans l'effet brumeux du contre jour.

samedi 4 juin 2011

projet 52 - Thème : Correspondance

C'est bon, lightroom a expiré. Je pleure ce merveilleux petit logiciel qui me permettait de frimer à mort (mais qui est bien trop chère pour que j'achète la version complète). Et cette semaine j'en aurais bien eu besoin. Donc mon cliché c'est le cliché du désespoir, tiré par les cheveux pour le thème et complètement dans l'optique "l'important c'est de participer"


Au fait, je vous ai dit qu'aujourd'hui je suis allée à Peterhofe ? Ce château c'est trop de la balle (mais quelle langage !)

vendredi 3 juin 2011

Les mormons parlent aux mormons

Pardons pour aujourd'hui, je ne fait pas de post production, mes photos seront donc très pourries.

L'église est présente à Piter. Cinq branches dans un unique bâtiment, immense, plus grand que n'importe quelle église en France. Pourquoi cinq branches ? Parce qu'on manque de frère tout simplement. L'effectif féminin représente les trois quart de l'assemblée. Et comme les rôles sont partagées dans l'administration de l'église, on ne peut pas passer à un mode paroisse tant qu'il n'y aura pas assez d'hommes pour remplir les rôles nécessitant la prêtrise.
La première fois que nous sommes venus, nous avons repéré l'entrée en pistant les filles en robe. Merci à l'habitude de s'endimancher chers frères et soeurs. On repère un mormon à 10km à la ronde le dimanche matin : c'est les hommes en costume cravate du papa au bébé, et les filles en jupes longues. C'est vrai en France, en Russie, en Amérique Latine, au fin fond de l'Afrique... (Et si c'est pas des mormons, c'est soit des témoins de Jéhovah, soti des catho trado)
Illustration donc :

 Donc on suit les filles en jupe, on rentre par ce passage...

On voit cette belle arche... L'église c'est le bâtiment le plus à gauche
 Et voilà, vous êtes arrivés. On aurait pas trouvé tout seul.

Bon après ce petit compte rendu sur "manuel de comment trouver l'église quand on a une vague adresse avec google street", voyons l'épreuve de interculturalité. Il n'y a rien à dire, le culte est strictement identique, je trouve les cantiques horriblement difficiles à lire, donc je les chante en français à tue-tête, enfin de moins en moins parce que je fais des progrès en lecture quand même. Mais voilà, j'étais toujours allée à l'église en me disant que ça faisait parti de la sanctification du jour de sabbat, et voilà que je me retrouve trois heures à rester assise à écouter du russe. Et tout d'un coup, les "je ne comprends pas votre langue, mais je sens très fort l'esprit" ça m'a semblé être le pire mensonge que j'ai jamais entendu. Au moins sur ce plan, la messe en latin des catholiques ça a du sens. Personne comprend, mais quand il change de pays ça reste la même chose (enfin rectification, ceux qui vont à la messe en latin comprennent, c'est l'intérêt du missel et d'entendre toujours la même chose, au bout d'un moment ça rentre).
Au début j'ai eu l'espoir que mon niveau de Russe s'améliore rapidement, j'ai refusé les traductions des anglophones en me disant que je souffrirai un peu, mais que c'était l'épreuve de l'immersion. Mais voilà, ça fait deux mois que je passe trois heures à écouter du chinois et à aider Seth à passer le temps. Du coup dimanche dernier je me suis retrouvée à pleurer comme une vieille chaussette (ça pleure les chaussettes ?) avec Seth qui gambadait gaiement dans le couloir, pendant la sainte cène. Raymond distribuant la Sainte Cène, il n'y avait que moi pour m'occuper de ce tribouillours. L'ultime raison de ma venue, les cinq minutes que comportent l'ordonnance de la Sainte Cène, j'étais dans le couloir. Je me suis sentie comme les vierges folles, flanquées dehors pendant que l'époux fait la fête à l'intérieur. Et j'ai pleuré. Alors Max, qui lui était dans le couloir parce qu'il était à la bourre m'a demandé
"Tout bien ?"
Non, tout pas bien Max, j'aimerais bien parler le russe aussi mal que tu parles le français, pour saisir une bribe d'enseignement, pour être un tout petit peu édifiée le dimanche matin.
Amis mormons, quand vous voyez débarquer le dimanche matin ces couples d'expat, ces étudiants venus pour un semestre, invitez les à manger. Allez leur parler, asseyez vous à cotés d'eux, proposez leur de traduire si ils ne comprennent pas, et demandez leur si "Tout bien ?"
Parce que tant que vous n'avez pas vécu d'être un déraciné, vous n'aurez aucune idée de ce que représente la barrière de la langue.
Le jour où il dira sa première prière en français, ne pensez pas que ça a été facile, ne le blâmez pas de ne toujours pas savoir dire un mot après des mois, ne le jugez pas si petit à petit il ne vient plus, ou n'apparait que pour prendre la Sainte Cène, puis s'éclipse.

Ici les membres sont gentils, les missionnaires anglophones, et y a un samovar dans la cuisine. Tout est pareil qu'à Nantes, sauf le français (et le samovar). Je me sens terriblement française, terriblement loin, terriblement seule. Et comme j'essayais de mettre des mots sur ma douleur : "Ben quand on est à l'étranger, on est... ben étranger, te moques pas de moi, je sais que c'est logique, mal dit et tout."
Oui, quand on est étranger, on est étranger. Merci Floriane.

L'original et le liahona qui tire sa couverture de la dite oeuvre
Bonus : ça vous dit quelque chose cette image ? L'original est donc à St petersbourg, c'est l'oeuvre d'un membre d'une des branches. Classe !
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